Comment choisir ses protections urinaires ?

Choisir ses protections urinaires

L’incontinence urinaire peut être particulièrement handicapante au quotidien. Survenant pendant une activité sportive intense, après un simple fou rire ou au repos, les fuites urinaires sont souvent à l’origine d’un sentiment d’embarras et d’un certain repli sur soi. Si plusieurs traitements permettent de les prendre en charge, les protections urinaires font partie des solutions les plus faciles à mettre en place. Alors vers quel type de protection se tourner en cas de fuite urinaire ? Comment choisir la protection la plus adaptée ? Et comment se faire rembourser les protections urinaires ? Explications.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Les protections urinaires, une solution efficace pour lutter contre les fuites

Dues à un mauvais fonctionnement de la vessie et des muscles du plancher pelvien (périnée notamment), l’incontinence urinaire se manifeste par la perte involontaire d’urine par l’urètre. Si plusieurs traitements permettent aujourd’hui de supprimer ou de diminuer les fuites urinaires, le port d’une protection urinaire adaptée est parfois nécessaire.

 

Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ?

Les fuites urinaires peuvent être provoquées ou favorisées par différents facteurs : le vieillissement et l’âge, la grossesse, l’accouchement et la ménopause chez la femme, le surpoids, une constipation ou une toux chronique, certains traitements médicamenteux ou de mauvaises habitudes (une mauvaise alimentation, une activité sportive trop intense, un manque d’activité physique…).

 

L’incontinence urinaire peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir de :

  • une incontinence urinaire d’effort : les fuites se manifestent pendant certains efforts, plus ou moins intenses. Touchant plus fréquemment les femmes que les hommes, ce type d’incontinence est souvent liée à une grossesse multiple, un accouchement difficile ou encore un prolapsus génital. Chez les hommes, elle peut survenir après une chirurgie de la prostate ;

  • une incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie (ou incontinence par « urgenterie ») : elle se manifeste par une envie irrépressible d’uriner (un besoin impérieux), alors que la vessie n’est pas remplie, et provoque une fuite incontrôlée des urines. Survenant au repos, parfois pendant la nuit, ce type d’incontinence peut être provoquée par différents troubles ou certaines maladies (cystite, cancer de la prostate ou de la vessie, maladie neurologique…) ;

  • une incontinence mixte : pathologie la plus fréquente, elle associe les symptômes des deux types d’incontinence.

 

Comment lutter contre les fuites urinaires ?

Il est recommandé de consulter son médecin traitant dès l’apparition des premiers symptômes. Après un interrogatoire précis et plusieurs examens (établissement d’un calendrier mictionnel, ECBU, échographies, bilan urodynamique…), il prescrit le traitement le plus adapté.

 

Selon le type d’incontinence diagnostiquée, il peut avoir recours à :

  • des séances de rééducation périnéo-sphinctérienne chez un kinésithérapeute ou une sage-femme : plusieurs techniques et exercices sont pratiqués, pour renforcer le tonus des muscles du périnée et de la vessie ;

  • une thérapie comportementale : ce traitement permet d’apprendre à mieux contrôler sa vessie et ses envies ;

  • un traitement médicamenteux : les médicaments antispasmodiques (ou anticholinergiques) agissent sur la sensibilité et le tonus de la vessie. Ils peuvent néanmoins être à l’origine de plusieurs effets secondaires désagréables. Le médecin peut également prescrire des estrogènes (lorsque les fuites urinaires sont liées à la ménopause) ;

  • un traitement chirurgical : plusieurs types de traitements chirurgicaux peuvent être envisagés (implantation de bandelettes sous-urétrales, compression de l’urètre à l’aide d’un ballon ajustable, injection d’agents comblants autour du canal, mise en place d’un sphincter urinaire artificiel). Ces interventions sont en général réalisées en chirurgie ambulatoire (entrée et sortie de l’hôpital le même jour) ;

  • d’autres traitements très spécifiques, comme l’implantation d’un neurostimulateur pour stimuler les nerfs sacrés, ou l’injection de toxines botuliques dans le muscle de la vessie.

 

En attendant les résultats de ces traitements, ou en cas d’échec, une solution particulièrement simple permet d’éviter les inconvénients des fuites urinaires. Protège-slips ou serviettes spéciales fuites urinaires, sous-vêtements étanches, protections urinaires lavables pour hommes et pour femmes… Disponibles en grande surface ou en pharmacie, tous ces dispositifs de protection permettent de lutter efficacement contre les fuites urinaires.

 

Comment choisir ses protections anti-fuites ?

Pour répondre à tous les besoins, plusieurs modèles de protections urinaires sont aujourd’hui proposés. Ces protections permettent d’absorber les fuites et de contenir les odeurs, pour continuer à vivre une vie normale. Fréquence et volume des fuites, incontinence nocturne ou diurne, niveau de mobilité, sexe et taille… Comment choisir la meilleure protection urinaire ?

 

Les différents types de protection

Il existe plusieurs types de protections urinaires :

  • les changes complets : ils s’adressent aux hommes et aux femmes qui souffrent d’incontinence modérée à sévère. Offrant différentes capacités d’absorption, ces protections urinaires sont souvent désignées sous le nom de « couches pour adultes ». Avec ceinture ou fixations adhésives, elles sont équipées de barrières anti-fuites pour une protection optimale. Elles sont adaptées aux personnes mobiles et aux personnes alitées ;

  • les culottes et slips absorbants : adaptées aux hommes et aux femmes, ces protections se portent à la place d’un slip ou d’une culotte. Faciles à enfiler (comme une culotte ou un slip), il suffit de les déchirer sur le côté pour les enlever ;

  • les protections à placer dans les sous-vêtements (jetables ou lavables) :

  • les protections droites : simplement glissées à l’intérieur d’une culotte ou d’un slip, ces protections rectangulaires s’adressent aux personnes qui souffrent d’une incontinence légère. Elles peuvent aussi être utilisées en complément dans un change complet, en cas de fuites importantes ; 

  • les protections anatomiques : permettant de lutter contre les fuites urinaires légères à sévères, elles doivent être placées dans un sous-vêtement adapté. Certaines sont équipées d’une bande adhésive, pour assurer leur maintien dans le sous-vêtement ;

  • les coquilles : ces dispositifs sont spécifiquement destinés aux hommes qui souffrent de fuites urinaires légères. De forme anatomique, ils se collent dans le slip à l’aide d’une bandelette adhésive.

 

Certains modèles assurent la transformation de l’urine en gel : cela permet d’assurer un maintien au sec et d’éviter les éventuelles rougeurs et irritations. D’autres sont également équipés de capteurs ultra absorbants (triple coussin absorbant, par exemple), pour un effet « garde au sec » renforcé. Certaines protections profitent enfin d’un système de contrôle des odeurs, ou encore d’un indicateur d’humidité.

 

En cas d’incontinence urinaire nocturne, il est également possible d’opter pour des alèses de lit lavables ou jetables. Elles permettent de protéger le matelas contre les fuites urinaires.

 

Les critères à prendre en compte pour choisir les protections les plus adaptées

Pour être certain d’opter pour les meilleures protections urinaires, il est recommandé de considérer plusieurs critères :

  • Quel est votre degré de mobilité ? Certaines protections s’adressent spécifiquement aux personnes alitées et dépendantes pour le change (un change complet à adhésif, par exemple). D’autres ne peuvent être utilisées que par des personnes mobiles et autonomes (les protections anatomiques ou les coquilles).

  • Quel est le volume des fuites ? Les protections urinaires sont proposées en plusieurs catégories (de 1 goutte à 10 gouttes), en fonction de leur capacité d’absorption. Le modèle choisi dépend du volume des pertes : quelques gouttes de temps en temps en cas d’incontinence légère, des jets d’urine ou une arrivée tardive aux toilettes en cas d’incontinence modérée, une vessie qui se vide complètement en cas d’incontinence sévère.

 

Pour choisir une protection adaptée et confortable, il faut aussi prendre en compte ses mensurations et son tour de taille (pour un change complet ou une culotte absorbante). En cas d’incontinence fécale, il est enfin recommandé d’utiliser des changes complets et des protections urinaires équipées de barrières anti-fuites.

 

Quel remboursement pour ces protections ?

Le coût des protections urinaires peut être pris en charge dans le cadre de l’APA à domicile (Allocation Personnalisée d’Autonomie). Délivrée sous conditions d'âge et de perte d’autonomie, cette allocation sert à payer (en totalité ou en partie) les dépenses nécessaires pour rester vivre à domicile.

 

Cette aide financière n’est pas soumise à des plafonds de ressources. Elle est attribuée à toutes les personnes vivant en France et âgées de plus de 60 ans, en perte d’autonomie (qui ne peuvent pas accomplir seules les gestes du quotidien, ou dont l'état de santé implique une surveillance constante). La perte d’autonomie est mesurée à partir de la grille Aggir (entre Gir 1 et Gir 4 pour percevoir l’APA). Le montant de l’APA à domicile dépend des ressources et du niveau de dépendance du demandeur.

 

Toutes les dépenses financées par l’APA sont inscrites dans un plan d’aide (élaboré en collaboration avec un professionnel de l’équipe médico-sociale du département). En cas de besoin, ce dernier indique le montant consacré à l'achat de protections urinaires. Il suffit ensuite de bien conserver les justificatifs d’achat correspondant.

 

Comment bien vivre avec une incontinence urinaire ?

Adoptés au quotidien, plusieurs gestes simples aident à mieux vivre avec une incontinence urinaire :

  • maintenir une hydratation équilibrée : continuer à boire suffisamment d’eau, pour éviter les éventuelles infections urinaires ;

  • se rendre aux toilettes de manière régulière, et vider sa vessie entièrement ;

  • conserver une alimentation saine et équilibrée, pour éviter le surpoids et réduire la pression abdominale, éviter l’alcool, le café et toutes les autres boissons diurétiques ;

  • pratiquer des exercices pour muscler son plancher pelvien (exercices de Kegel) ;

  • faire du sport et arrêter de fumer (de manière générale, cela permet également de rester en bonne santé).

 

Sources :

Tousergo.com : Incontinence : Comment choisir sa protection urinaire ?

Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches - Incontinence : Comment choisir sa protection urinaire ?

Ameli.fr - Incontinence urinaire (fuites urinaires)

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 23/07/2021

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