Reconnaître les symptômes de la toxoplasmose

Reconnaître la toxoplasmose

Infection parasitaire transmise par les animaux ou des aliments contaminés, la toxoplasmose est le plus souvent asymptomatique (elle ne provoque aucun symptôme). Si elle est en général sans danger, cette maladie peut néanmoins être à l’origine de graves complications chez les femmes enceintes non immunisées : elle peut en effet affecter le développement du fœtus et du jeune enfant. Les personnes immunodéprimées sont également sensibles à cette infection. Une surveillance spécifique doit donc être mise en place pendant la grossesse et chez la personne dont les défenses immunitaires sont affaiblies.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Comment savoir si on souffre de cette maladie ? Quels sont les symptômes de la toxoplasmose ? Et comment la traiter ?

 

La toxoplasmose : définition et symptômes

La toxoplasmose est une infection fréquente et bénigne, non-contagieuse entre les êtres humains. En France, on estime que près de la moitié des adultes ont déjà été contaminés pendant leur enfance ou leur adolescence, et sont donc immunisés pour toute leur vie. La toxoplasmose ne provoque en général aucun symptôme, ce qui rend la maladie difficile à diagnostiquer.

 

Une infection parasitaire

La toxoplasmose est une infection due à un parasite : Toxoplama gondii. On parle également de zoonose (infection transmise par les animaux).


Présent dans l’environnement, le parasite est ingéré par certains animaux herbivores et omnivores (mouton, porc, bovin…), et par les oiseaux. Ces « hôtes » le portent ensuite de façon inactive, sous forme de kystes (au niveau de leurs muscles) : le toxoplasme ne provoque aucun symptôme chez eux. Lorsqu’il consomme une viande infestée et pas suffisamment cuite pour le tuer, l’être humain ingère les kystes contenant le parasite. Ce dernier passe ensuite dans son organisme. L’homme peut également être contaminé en consommant des fruits ou des légumes mal lavés, des produits non-pasteurisés ou de l’eau contaminée.


Il peut enfin attraper la toxoplasmose par l’intermédiaire de son animal domestique, et en particulier par son chat. Le chat qui se nourrit dehors est parasité (le parasite peut être présent dans les souris ou les oiseaux par exemple). Le parasite se développe dans ses intestins, et prend une forme active (oocystes). Il est ensuite transmis à l’homme via ses excréments (par contact direct avec l’animal, avec la terre souillée ou avec sa litière). Même si cela reste rare, le chat peut aussi tomber malade (on parle alors de maladie toxoplasmique ou de coccidiose toxoplasmique).


Seuls les chats qui se nourrissent à l’extérieur peuvent être contaminés par le toxoplasme. Élevé en intérieur toute sa vie et alimenté avec des produits industriels, un chat d’appartement ne peut donc pas être porteur du parasite.

 

Quels symptômes ?

La toxoplasmose ne provoque en général aucun symptôme chez l’homme, et passe inaperçue. Néanmoins, elle peut parfois être à l’origine de :

  • ganglions enflés au niveau du cou et à la base du crâne ;

  • fatigue importante pendant plusieurs semaines (voire plusieurs mois), maux de tête, douleurs articulaires et musculaires ;

  • éruptions cutanées sur l’ensemble du corps (petits boutons rosés) ;

  • fièvre légère (moins de 38 °C).

La période d’incubation dure entre 5 et 10 jours après la consommation d’aliments contaminés, ou après le contact avec des excréments porteurs du toxoplasme. La durée des symptômes de la toxoplasmose peut être de quelques jours (ils disparaissent spontanément). Le parasite reste ensuite dans l’organisme pendant plusieurs années, sous forme inactive.


Semblables à ceux de la grippe, l’apparition des symptômes de la toxoplasmose doivent amener à consulter. En effet, la maladie peut être dangereuse pour les personnes au système immunitaire affaibli et pour les femmes enceintes et leur fœtus (toxoplasmose congénitale).

 

Quelles complications ?

Même si la toxoplasmose ne provoque en général aucun symptôme, elle peut néanmoins être à l’origine de certaines complications graves chez :

  • les personnes immunodéprimées (personnes souffrant du SIDA/VIH, en chimiothérapie, sous médicaments immunosuppresseurs, transplantés…) : la toxoplasmose peut provoquer des problèmes pulmonaires (tuberculose, pneumonie), une vision trouble et une baisse de l’acuité visuelle (choriorétinite, ou inflammation de la choroïde et de la rétine de l’œil), des crises convulsives, des difficultés à effectuer certains mouvements (voire une paralysie), des encéphalites pouvant être fatales (infections du système nerveux) ;

  • les fœtus des femmes enceintes (toxoplasmose congénitale) : les femmes qui contractent la toxoplasmose juste avant ou pendant leur grossesse peuvent infecter leur fœtus (même en l’absence totale de symptômes). Le parasite est en effet capable de traverser la barrière du placenta, et de contaminer le fœtus. Plus la contamination intervient tôt dans la grossesse (il s’agit des cas les plus rares), plus la toxoplasmose congénitale est grave.

Lorsqu’elle survient pendant le premier trimestre de la grossesse, l’infection peut être à l’origine d’une fausse couche et d’anomalies de développement (anomalies de développement du cerveau, retard psychomoteur...).

Lorsque l’infection survient plus tard pendant la grossesse, plusieurs complications graves peuvent aussi atteindre le bébé : des crises convulsives, une augmentation du volume du foie et de la rate, une jaunisse, de graves infections oculaires (toxoplasmose oculaire).

Les enfants infectés par la toxoplasmose pendant la grossesse ne présentent en général aucun symptôme. En revanche, ils peuvent souffrir plus tard de graves complications s’ils ne sont pas traités (retards mentaux, perte de la vue ou de l’audition, infections oculaires sévères).

 

Diagnostic et traitement

Ne provoquant en général aucun symptôme, la toxoplasmose peut être difficile à diagnostiquer. Chez les personnes en bonne santé, elle ne provoque aucune complication et n’a pas besoin d’être traitée. En revanche, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes doivent faire l’objet d’un suivi particulier.

 

Comment savoir si on a la toxoplasmose ?

Lorsque l’organisme est infecté par le toxoplasme, il produit des anticorps pour lutter contre le parasite. Une simple prise de sang permet de détecter la présence de ces anticorps (diagnostic sérologique, avec présence d’immunoglobulines Ig M et Ig G). Le résultat des analyses sanguines confirme que la personne a déjà eu, ou non, la toxoplasmose.


Aujourd’hui, le dépistage de la toxoplasmose est obligatoire chez la femme enceinte (elle est prescrite dès la première consultation médicale). Si le bilan sanguin montre que la femme a déjà été infectée par le parasite, aucune mesure particulière n’est à prévoir. En revanche, si la femme enceinte n’a jamais eu la toxoplasmose, un dépistage systématique est prévu pendant toute la durée de sa grossesse (une prise de sang chaque mois). La contamination pouvant avoir lieu jusqu’à l’accouchement, la dernière prise de sang est effectuée sur le nouveau-né (dans le mois qui suit l’accouchement).


Si la prise de sang révèle une contamination pendant la grossesse (toxoplasmose congénitale), une échographie et d’autres examens sont réalisés chaque mois : ils permettent de vérifier l’absence d’anomalies de développement chez le fœtus. Si la contamination a lieu pendant les 6 premiers mois de la grossesse, la recherche de l’infection passe par un prélèvement de liquide amniotique (amniocentèse), de sang du cordon ou du placenta.


Chez les personnes immunodéprimées (notamment celles atteintes de SIDA/VIH), le système immunitaire est trop faible pour produire ces anticorps. La présence du parasite (qui provoque par exemple une encéphalite) peut alors être détectée via une IRM (imagerie par résonance magnétique) ou un CT scan (tomodensitométrie).

 

Comment soigner la toxoplasmose ?

Les personnes en bonne santé guérissent naturellement de la maladie. En général, elles ne s’aperçoivent même pas de la présence des symptômes de la toxoplasmose. Aucun traitement n’est donc nécessaire pour soigner l’infection et l’immunité est ensuite acquise définitivement.
En revanche, en présence de certains symptômes (notamment des troubles oculaires), il est recommandé de consulter son médecin traitant.


Si la femme est contaminée pendant sa grossesse, le médecin prescrit un traitement par spiramycine. Après un bilan en centre spécialisé, plusieurs types de traitements sont envisagés :

  • si l’enfant souffre de toxoplasmose congénitale, le médecin prescrit deux antibiotiques (pyriméthamine et sulfadiazine) jusqu’à l’accouchement. La prise d’acide folique est indiquée en complément de ces médicaments antiparasitaires. Un traitement antibiotique par pyriméthamine-sulfamides est ensuite suivi pendant au moins un an ;

  • si le fœtus n’est pas contaminé, la femme enceinte poursuit le traitement par spiramycine jusqu’à son accouchement.


Si la personne immunodéprimée a déjà été infectée par la toxoplasmose, elle doit parfois suivre un traitement préventif (antibiotique : cotrimoxazole). Le parasite peut en effet se réactiver pendant la période d’immunosuppression. Si elle est infectée par le toxoplasme et présente une atteinte oculaire, un traitement est également mis en place (association pyriméthamine et sulfadiazine, couplée à la prise d'acide folique).

 

Comment éviter d’attraper la toxoplasmose ?

Il n’existe pas de vaccin contre la toxoplasmose. Pour éviter d’être contaminé, plusieurs mesures d’hygiène simples doivent être adoptées par les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées :

  • bien se laver les mains avant et après chaque repas : frotter les ongles et les mains pendant au moins 30 secondes avec du savon ;

  • consommer de la viande bien cuite ;

  • toujours laver les fruits et les légumes avant de les consommer (au vinaigre blanc, pour être certain d’éliminer les éventuels parasites) ;

  • éviter certains aliments à risque (fromage au lait cru, charcuterie, poissons et fruits de mer crus, viande crue…) ;

  • éviter le contact avec la terre (porter des gants au moment de jardiner) ;

  • éviter le contact avec les chats (et les autres animaux domestiques) ;

  • faire nettoyer leur litière tous les jours, et laver le bac à l’eau chaude.

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 11/05/2021

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