Tout savoir sur l’allergie au gluten

L'allergie au gluten

Réaction de défense de l’organisme, l’allergie au gluten survient juste après l’ingestion d’un aliment contenant du gluten. Elle doit être différenciée de l’intolérance au gluten, aussi connue sous le nom de maladie cœliaque.
Alors quels sont les symptômes d’une allergie au gluten ? Quelle est la différence entre allergie et intolérance au gluten ? Et comment adapter son régime alimentaire en cas d’allergie ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

L’allergie au gluten : causes et symptômes

Une allergie au gluten est une réaction immunitaire de l’organisme, qui survient en cas d’ingestion d’aliments contenant du gluten (blé, orge, seigle, avoine, épeautre…). Elle provoque l’apparition de symptômes spécifiques, plus ou moins graves. L’allergie alimentaire doit être distinguée de la simple intolérance ou sensibilité à un aliment.

 

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire ?

Après l’ingestion d’un aliment particulier ou d’une substance normalement inoffensive, le système immunitaire de l’organisme réagit parfois de manière anormale. Il identifie certaines substances de l’aliment comme dangereuses et agressives, et déclenche une réaction inflammatoire brutale.


En cas d’allergie alimentaire, la réaction allergique a lieu au niveau de la paroi du tube digestif :

  • le premier contact avec l’aliment en cause (allergène) ne provoque aucun symptôme, mais crée une première sensibilisation. L’organisme produit des anticorps (principalement des immunoglobulines E), dirigés contre l’aliment. Ces anticorps se fixent sur les cellules qui participent à la défense du corps (les mastocytes) ;

  • le deuxième contact avec l’allergène a pour effet de stimuler les mastocytes. Les cellules libèrent alors certaines substances (l’histamine, par exemple), qui provoquent les signes inflammatoires caractéristiques de l’allergie.


Les allergies alimentaires sont principalement dues à sept familles d’aliments, dont les céréales contenant du gluten. Le gluten est une protéine qui se trouve dans de nombreuses céréales : le blé (épeautre, blé dur, kamut), l’orge, le seigle, l’avoine… Mais il n’existe pas à l’état naturel. Il se forme après l’hydratation et le pétrissage d’une pâte, à partir de deux protéines présentes dans le grain des céréales, et insolubles dans l’eau.

 

Quels sont les symptômes de ce type d’allergie ?

Une allergie alimentaire peut être à l’origine de plusieurs symptômes (digestifs, respiratoires ou cutanés). Elle peut également provoquer un choc anaphylactique. Les symptômes de l’allergie peuvent apparaître immédiatement après l’ingestion de l’aliment en cause, ou plusieurs heures après (après la digestion).


Plus ou moins intenses, les principaux symptômes d’une allergie alimentaire (au gluten ou autre) sont en général les suivants :

  • des douleurs abdominales, des crampes, des diarrhées, des vomissements ;

  • des démangeaisons au niveau du nez et de la gorge, des rougeurs et des éruptions cutanées ;

  • des difficultés à respirer, une respiration sifflante, une sensation d’étouffement, un œdème de Quincke (un gonflement brutal de la peau et des muqueuses de la tête et du cou) ;

  • dans les cas les plus graves, un choc anaphylactique (il se manifeste en général après un effort physique). Cette réaction allergique comporte un risque vital et nécessite une prise en charge en urgence (injection d’adrénaline en intramusculaire, puis hospitalisation).

 

Quelle différence entre allergie et intolérance ?

Il ne faut pas confondre allergie au gluten et intolérance au gluten.


L’allergie apparaît de manière brutale, immédiatement après l’ingestion de gluten. Les symptômes se manifestent dès que l’organisme est en contact avec un aliment qui contient du gluten.


L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque est quant à elle une maladie chronique et auto-immune, qui s’installe de manière progressive. À chaque exposition au gluten, l’organisme produit des anticorps. Au fur et à mesure du temps, ces réactions immunitaires abiment les parois intérieures de l’intestin. Les villosités de la muqueuse intestinale s’atrophient et la digestion devient plus difficile. Les nutriments, minéraux et vitamines sont alors moins bien assimilés.


Les symptômes de la maladie cœliaque ne sont pas aussi marqués qu’en cas d’allergie au gluten. C’est pourquoi l’intolérance au gluten est en général plus complexe et plus longue à diagnostiquer.

 

Consultation et diagnostic

Lorsque certains symptômes caractéristiques apparaissent après l’ingestion d’un aliment contenant du gluten, il est indispensable de consulter son médecin traitant. Après avoir écarté d’autres pathologies éventuelles, ce dernier oriente son patient vers un médecin allergologue, spécialiste des allergies.


Pour poser le diagnostic d’allergie au gluten, le médecin réalise un bilan allergologique complet. Il procède d’abord à un interrogatoire précis (antécédents personnels et familiaux d’allergies, circonstances d’apparition des symptômes, facteurs favorisants ou aggravants, éventuels traitements en cours…). Il peut ensuite avoir recours à différents tests allergologiques. Il commence par réaliser des tests cutanés (prick-tests ou patch-tests).

 

Ces tests consistent à déposer une goutte de solution contenant du gluten (ou un patch imprégné de la solution) directement sur la peau, pour évaluer la réaction de l’organisme. Le médecin prescrit également un bilan sanguin avec dosage des IgE (des immunoglubulines E spécifiques de l’allergie), et parfois des tests de provocation orale (ingestion de petites quantités d'un aliment contenant du gluten, pour observer la réaction de l’organisme).

 

Le diagnostic est confirmé lorsque les symptômes disparaissent après éviction du gluten de l’alimentation, et s’ils réapparaissent lorsque le gluten est réintroduit (réintroduction par voie orale, réalisée en général dans un cadre hospitalier).

 

Quels traitements ?

Préventif, le traitement de l’allergie au gluten repose sur l’éviction totale de l’allergène (le gluten) de l’alimentation. Ce traitement est prescrit par le médecin allergologue : il aide notamment son patient à établir la liste des aliments interdits en cas d’allergie au gluten.

 

Adopter une alimentation sans gluten

Dès que le diagnostic d’allergie au gluten est confirmé, le médecin prescrit un régime sans gluten à son patient. Ce régime doit être scrupuleusement suivi.


Pour éviter les réactions allergiques (parfois graves), tous les aliments contenant du gluten doivent être définitivement exclus de l’alimentation habituelle :

  • le pain, les viennoiseries, les pâtisseries, les céréales pour le petit-déjeuner et les céréales pour nourrissons (en cas d’allergie au gluten chez le bébé, notamment), les biscuits sucrés et les biscuits salés ;

  • les pâtes sèches et les pâtes fraîches (spaghettis, macaronis, lasagnes, coquillettes…), les tartes, les quiches, les pizzas ;

  • les aliments panés ou enrobés de chapelure, les pains de poisson ou de viande qui contiennent de la farine ;

  • les soupes en sachet ou en conserve, les poivres moulus, les mélanges d’épices… ;

  • les desserts liés avec de la farine de blé (crème pâtissière, crème anglaise…), les sauces liées avec de la farine de blé (sauce soja, béchamel, crème de champignons…), le sucre glace… ;

  • toutes les bières ;

  • le seitan (un aliment végétal composé essentiellement de gluten).


On peut également trouver du gluten dans la charcuterie. C’est pourquoi il est indispensable de bien consulter l’étiquette du produit et de toujours se renseigner sur la composition d’un aliment avant de le consommer. Certains médicaments contiennent également du gluten. Demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien en cas de doute.


 

Conserver une alimentation équilibrée et savoir gérer son allergie

Les aliments qui contiennent du gluten, comme le pain et les féculents, peuvent être remplacés par du riz, du maïs, du sarrasin ou des pommes de terre. D'autre part, il existe aujourd'hui un certain nombre de nouvelles alternatives (des pâtes sans gluten, par exemple). Développés par les industriels, ces produits s’adressent aux personnes intolérantes ou allergiques au gluten. Pour éviter de souffrir d’éventuelles carences alimentaires, il est également indispensable de se faire accompagner par un médecin nutritionniste ou un diététicien.


Toute personne allergique au gluten doit enfin connaître et appliquer un certain nombre de mesures préventives :

  • toujours bien étudier l’étiquetage des produits industriels : la simple présence de traces de l’allergène dans un aliment peut parfois déclencher une réaction allergique. C’est pourquoi les emballages des aliments industriels doivent aujourd’hui systématiquement porter les mentions « Traces de gluten », ou « Peut contenir du gluten », ainsi que la liste de tous les ingrédients ou additifs identifiés comme allergènes ;

  • noter tous les aliments ou les substances qui semblent déclencher à nouveau une réaction allergique ;

  • rester vigilant en cas de consommation de produits préparés, non industriels (donc sans étiquetage) : les sandwiches, les plats à emporter ou encore les pâtisseries achetées dans une boulangerie peuvent contenir du gluten ;

  • lire attentivement la composition des plats au restaurant, et signaliser son allergie au personnel.

 

Et chez l’enfant ?

Les enfants qui souffrent d’une allergie alimentaire (au gluten ou autre) doivent également suivre un traitement strict, basé sur l’éviction de l’allergène en cause de leur alimentation. Il est également indispensable de toujours bien lire les étiquettes des produits industriels et de se renseigner sur la composition de chaque aliment.


Lorsque l’enfant est accueilli en collectivité (crèche, garderie, école, centre de loisirs), il est indispensable d’établir un projet d’accueil personnalisé (PAI) avec la structure d’accueil. Ce document écrit est élaboré à la demande de la famille, à partir des informations transmises par le médecin. Il permet de préciser l’allergie dont l’enfant souffre, et les adaptations nécessaires pendant son temps d’accueil. Il indique notamment les aliments à supprimer de son régime alimentaire, et les médicaments et gestes de premiers secours à effectuer en cas de réaction allergique grave.


Les parents peuvent également fournir à l'école ou à la crèche un kit de soins d'urgence (prescrit par le médecin). Il contient une dose auto-injectable d’adrénaline. Cette substance doit être injectée en cas de choc anaphylactique, en attendant l’arrivée des secours et la prise en charge médicale.

 

L’adrénaline permet d'augmenter le rythme cardiaque et la pression artérielle, et de dilater les bronches. Il est conseillé à toutes les personnes souffrant d’une allergie alimentaire de conserver ce type de trousse d’urgence à portée de main.

 

 

Sources :
Ameli.fr - Intolérance au gluten (maladie cœliaque)

Vidal.fr - Allergie alimentaire chez l'enfant
Initiative Gluten - Qu’est-ce que l’allergie au gluten ?
Ameli.fr - Allergie alimentaire : définition, symptômes et évolution

Ameli.fr - Allergie alimentaire : les bons réflexes et la consultation médicale

Ameli.fr - Allergie alimentaire : traitement et prévention

DGCCRF - Allergènes alimentaires

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 21/07/2021

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