Qu'est-ce que l’allopathie ?

Qu'est-ce que l'allopathie ?

L’allopathie désigne la médecine conventionnelle : elle utilise des substances actives qui luttent contre les effets ou les causes des maladies. Elle s’oppose à l’homéopathie, qui repose quant à elle sur les principes de similitude, de globalité et de dilution infinitésimale.
Alors qu’est-ce que l’allopathie exactement ? Comment sont prescrits les traitements médicamenteux ? Et quelle est la différence entre allopathie, phytothérapie et homéopathie ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Définition de l’allopathie

L’allopathie et l’homéopathie sont les deux grandes approches qui existent pour soigner une maladie aujourd’hui. L’allopathie utilise des médicaments composés de substances actives, qui aident l’organisme à lutter contre les maladies. Ces substances ont des effets opposés à ceux des pathologies rencontrées.


L’allopathie désigne ainsi la médecine conventionnelle moderne, mais également toutes les médecines non conventionnelles qui fonctionnent sur le même principe (administration de substances qui combattent les effets ou les causes de la maladie).


L’allopathie regroupe ainsi :

  • les traitements médicamenteux classiques (les médicaments) ;

  • la phytothérapie (les traitements par les plantes, à partir d’extraits de plantes et de principes actifs naturels) : l’usage des plantes médicinales exige de demander l’avis de son pharmacien ou de son médecin (surtout en cas de maladie chronique). Ce type de thérapeutique ne doit jamais se substituer au traitement prescrit par son médecin, et l’absence d’une éventuelle interaction doit être vérifiée en amont (interaction de certaines plantes avec les médicaments anticoagulants ou immunosuppresseurs, par exemple) ;

  • l’aromathérapie (les traitements par les huiles essentielles, des composés aromatiques extraits des plantes) ;

  • l’oligothérapie (les traitements par les oligo-éléments, des petits nutriments minéraux nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme, en quantités infimes).

 

Zoom sur les médicaments

Les médicaments sont définis de manière précise par l’article L.51111-1 du Code de la Santé publique. Contenant plusieurs substances, ils sont classés en différentes catégories.

 

Qu’est-ce qu’un médicament ?

Un médicament est une substance qui possède des propriétés préventives ou curatives, contre les maladies humaines ou animales. Il peut également s’agir d’une substance administrée à l’homme ou à l’animal, pour établir un diagnostic, rétablir ou corriger une fonction de son organisme. Le médicament a une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.


Il contient :

  • un principe actif (ou substance active) : d’origine naturelle ou chimique, il agit de manière curative ou préventive dans l’organisme ;

  • des excipients : d’origine naturelle ou chimique, ces substances ne présentent aucun effet curatif ou préventif. Elles permettent uniquement de faciliter la fabrication et l’utilisation du médicament (pour obtenir une certaine texture, un goût ou une couleur agréable).


Les médicaments génériques (fabriqués lorsque le brevet du princeps tombe dans le domaine public) contiennent les mêmes principes actifs que les médicaments de référence, ou princeps (commercialisés sous la marque originale du laboratoire qui les a développés). Seuls les excipients peuvent être modifiés.

 

Les différentes catégories de médicaments


Les médicaments sont classés en plusieurs catégories :

  • les spécialités pharmaceutiques : il s’agit des médicaments fabriqués et commercialisés par l’industrie pharmaceutique. Avant de pouvoir être utilisés, ils doivent recevoir une autorisation de mise sur le marché (AMM). La DCI (dénomination commune internationale) permet de désigner leur principe actif de manière unique dans tous les pays ;

  • les préparations magistrales, hospitalières ou officinales : ce sont les médicaments préparés par les pharmaciens pour un ou plusieurs de leurs patients (pharmacie de ville ou d’un établissement de santé). Délivrés avec une notice d’utilisation, ils peuvent prendre la forme d’une solution buvable, de comprimés ou encore d’une solution injectable.


Qu’ils soient en libre accès dans les rayons d’une pharmacie, en vente libre (délivrés sur simple demande par le pharmacien), prescrits par un médecin ou réservés à un usage hospitalier, tous les médicaments obéissent à une réglementation stricte en France et en Europe. Leur circuit de fabrication et de mise à disposition est encadré et surveillé.


Certains médicaments ne sont disponibles que sur ordonnance. Il s'agit notamment des antibiotiques (qui ne doivent être utilisés que pour la bonne pathologie), des médicaments stupéfiants ou d’exception, de ceux pour lesquels la différence entre dose efficace et dose toxique est faible (certains épileptiques, le lithium…) ou encore de ceux qui peuvent présenter un risque lorsque les doses disponibles sont trop fortes.

 

Comment sont prescrits les médicaments ?

Après avoir examiné son patient et l’avoir interrogé sur ses symptômes, le médecin confirme son diagnostic (parfois après avoir obtenu le résultat de certains examens ou analyses complémentaires).


Il peut ensuite prescrire un traitement adapté, qui correspond aux symptômes de son patient, mais aussi à :

  • son âge : le dosage du traitement n’est pas le même chez un prématuré, un nouveau-né, un nourrisson, un bébé, un enfant, un adolescent, un adulte ou une personne âgée. Chez l’enfant, le médecin prend également en compte la taille et le poids ;

  • son état de santé général : le médicament prescrit ne doit pas interagir avec les éventuels autres traitements. La grossesse et l’allaitement sont également pris en compte dans la prescription du traitement (comparaison des bénéfices et des risques pour la mère et l’enfant) ;

  • son mode de vie : si son patient travaille en horaires décalés ou s’il exerce une profession exigeant une grande vigilance, le médecin doit en tenir compte (pour l'heure de prise des médicaments par exemple) ;

  • sa sensibilité (en cas d’allergies ou d’intolérances éventuelles).


Le médecin doit choisir le médicament le plus adapté, ainsi que son mode d’administration. Les médicaments sont en effet disponibles en gélules ou en comprimés (orodispersibles ou enrobés), sous forme de sirops, de solutions liquides ou de gouttes (pour les enfants ou les personnes ayant des difficultés à avaler), ou encore en solutions injectables (à action rapide ou à libération prolongée). Les médicaments peuvent également se présenter sous forme de suppositoires, de pommades ou de crèmes.


La posologie est également essentielle : en effet, pour être efficaces et ne présenter aucun effet toxique ou indésirable, les médicaments doivent être pris à certaines doses et à certains moments de la journée. Le médecin privilégie toujours les médicaments qui présentent le moins d’effets indésirables. Il peut prescrire le princeps ou un médicament générique.

 

La durée du traitement

Elle dépend du type de pathologie à soigner :

  • un traitement de courte durée : il est mis en place pour soigner une pathologie passagère ou pour soulager rapidement une crise aiguë. Il peut également servir à accompagner la mise en place d’un traitement plus long. Les médicaments pouvant entraîner une dépendance sont en général prescrits sur une courte durée ;

  • un traitement de longue durée (ou traitement de fond) : le médecin a recours à ce type de traitement pour soigner certaines maladies et éviter les récidives. Le patient est surveillé de manière régulière, et son traitement adapté au fur et à mesure du temps. Il ne doit jamais être arrêté de manière brutale, sans autorisation médicale préalable.

 

Quelle différence avec l’homéopathie ?

Développée par le médecin allemand Samuel Hahnemann au début du 19ème siècle, l’homéopathie (du grec « homios », qui signifie « semblable » ou « similaire ») repose sur trois grands principes :

  • la similitude : cette médecine utilise des substances similaires à celles qui causent la maladie ou qui produisent les mêmes effets ;

  • la dilution infinitésimale : les substances sont diluées de nombreuses fois avant d’être utilisées (à faible dose). Elles sont exprimées en DH (dilution hahnemannienne au dixième) ou CH (dilution hahnemannienne au centième) ;

  • la globalité : le traitement cible l’organisme dans son intégralité et prend en compte tous les symptômes du patient.


Toxiques à haute dose, les substances actives sont diluées dans de l’eau sucrée plusieurs fois. Ces dilutions sont ensuite administrées à l'organisme malade, pour l’aider à trouver les moyens de combattre la maladie. Désignées sous le nom latin de la souche utilisée, les substances utilisées (ou remèdes) sont d’origine végétale, minérale ou animale.


Il existe deux types de remèdes homéopathiques :

  • les médicaments à nom commun (qui portent le nom de la souche homéopathique utilisée) : les remèdes homéopathiques à nom commun sont destinés à traiter plusieurs types de maladies, selon les personnes. Ils ne portent donc ni indication thérapeutique, ni posologie. C’est le médecin homéopathe qui prescrit la dose et à la durée du traitement à chacun de ses patients ;

  • les spécialités homéopathiques (qui portent le nom de la marque qui les développe) : contenant en général plusieurs souches homéopathiques, les spécialités homéopathiques comportent une notice, avec une indication thérapeutique et une posologie (comme Oscillococcinum, utilisé dans le traitement des états grippaux).


Les médicaments homéopathiques se présentent sous forme de solutions, de poudres, de granules, de globules ou de crèmes. Ces substances ne sont pas considérées comme des médicaments. Elles profitent d’un enregistrement spécifique, et ne sont pas soumises à la procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM).


Sans danger, l’homéopathie est pratiquée par des médecins diplômés, également formés à l’allopathie. Ces derniers savent détecter les pathologies pour lesquelles l’homéopathie ne serait pas efficace.

 

Les autres médecines non conventionnelles

Naturopathie, médecine traditionnelle chinoise, médecine ayurvédique… Parfois désignées sous le terme de « médecines douces », elles envisagent une prise en charge différente de la maladie.


Le naturopathie se base par exemple sur l’alimentation et les plantes. La nutrition vise à corriger les surcharges, les carences et les troubles métaboliques. La phytothérapie et l’aromathérapie ont quant à elles pour objectif de lutter contre les troubles inflammatoires ou les infections. Les oligo-éléments sont utilisés de manière ponctuelle, pour corriger un éventuel dysfonctionnement métabolique. Les naturopathes utilisent également la réflexologie plantaire (au niveau des pieds) et endosale (au niveau de la muqueuse nasale).


Pour en savoir plus sur ces médecines alternatives, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre pharmacien.

Sources :

Vocabulaire médical - Allopathie / Homéopathie

Hypotheses.org - Médecine allopathique et médecines traditionnelles

Vidal.fr - Bien utiliser les médicaments d'homéopathie

Vidal.fr - Le choix d'un traitement médicamenteux
Vidal.fr - La prescription chez les enfants
Vidal.fr - La durée du traitement fixée par le médecin
Vidal.fr - Phytothérapie et maladies chroniques

Ameli.fr - Le médicament : définition, posologie, effets secondaires

Ministères de solidarités et de la santé - Qu’est-ce qu’un médicament ?
 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/07/2021

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