Le bilan partagé de médication : qu’est-ce que c’est ?

Bilan partagé de médication - BPM

Expérimenté en 2017, puis mis en place en 2018, le bilan partagé de médication (BPM) est un outil de suivi dédié aux patients âgés de plus de 65 ans et polymédiqués. Il établit une relation suivie entre patient et pharmacien, pour un meilleur accompagnement des seniors dans leur médication. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le bilan partagé de médication.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Bilan partagé de médication : un suivi sur-mesure de la médication

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le bilan partagé de médication (BPM) est « une analyse critique structurée des médicaments du patient dans l’objectif d’établir un consensus avec le patient concernant son traitement, en ayant soin d’optimiser l’impact clinique des médicaments, de réduire le nombre de problèmes liés à la thérapeutique et de diminuer les surcoûts inutiles. ».

Le BPM est donc un processus qui induit un échange entre patient et pharmacien pour clarifier le traitement du patient, trouver les solutions les plus adaptées à ses besoins de santé, et à son mode de vie. Le but ? Réduire les risques d’erreur face à un traitement parfois difficile à comprendre ou simplement à prendre, éviter le gaspillage de médicaments, et améliorer l’adhésion au traitement.

Le processus pour mettre en place le BPM repose donc sur la bonne coordination et le partage d’informations entre médecin, pharmacien et patient. Une fois le bilan effectué, il devient un formidable outil de suivi de la médication. 

 

Qui est concerné par le BPM ?

La mise en place du BPM avec une pharmacie d’officine peut prendre place dans deux cas de figure :

  • Pour les patients de plus de 65 ans, qui présentent une affection de longue durée (ALD)

  • Pour les patients de plus de 75 ans, avec plus de 5 traitements chroniques, avec une prescription sur une durée de plus de 6 mois

 

Pour les patients répondants à ces critères, l’établissement du BPM et le suivi sont des démarches prises en charge par la sécurité sociale. Dans le cadre la prévention secondaire mise en place par la SFPC (Société Française de Pharmacie Clinique), d’autres situations peuvent faire l’objet d’un BPM : dans le cas d’une hospitalisation, de la découverte d’une pathologie, à la survenue d’effets indésirables pour un traitement, en cas de prise de médicaments à risque ou d’adhésion thérapeutique faible.

 

Le BPM, étape par étape

La mise en place du BPM se fait en quatre étapes, durant lesquelles la collaboration entre patient, pharmacien et médecin est indispensable. C’est au pharmacien de superviser et d’assurer les différentes démarches relatives au BPM.

Le recueil des informations auprès du patient
Un premier rendez-vous entre patient et pharmacien est établi, pour récolter toutes les informations nécessaires au BPM. Le pharmacien explique au patient l’intérêt du BPM et fait preuve de pédagogie. Il récupère alors un maximum d’informations :

  • Les informations générales du patient : l’âge, le sexe, la taille, le poids, ses coordonnées et celles du médecin traitant ;

  • Les antécédents médicaux du patient et son profil physiologique, pour identifier d’éventuels problèmes de vue, d’insuffisance rénale, hépatique ou des troubles cardiaques, par exemple ;

  • Les habitudes de vie du patient (sommeil, alimentation, etc.) ;

  • La liste des médicaments pris par le patient, en s’assurant de la bonne connaissance du patient de ses différents traitements ;

  • L’analyse de l’adhésion au traitement : en vérifiant que les prises de médicament respectent la posologie, prendre connaissance des difficultés rencontrées (stock, nécessité d’une assistance pour la prise, etc.)

L’analyse des traitements

Grâce aux informations recueillies durant le premier entretien du bilan partagé de médication, le pharmacien va pouvoir mener une analyse des traitements. A l’aide du bilan médicamenteux, il va vérifier que tous les médicaments prescrits sont cohérents avec les antécédents médicaux du patient.

Ensuite, le pharmacien effectue une analyse pharmaceutique des ordonnances du patient, pour vérifier les posologies, et repérer d’éventuelles interactions entre les médicaments, pour prévenir tout risque. Le pharmacien met ensuite en parallèle les ordonnances et la prise des traitements par le patient pour vérifier son observance, c’est-à-dire, sa capacité à prendre son traitement correctement (régularité, respect de la posologie, difficultés éventuelles à la prise).

A la suite de cette étape, le pharmacien fait une synthèse au médecin, avec des propositions d’intervention pharmaceutique et un plan d’action médicamenteux si nécessaire. 

 

L’entretien « conseils » avec le patient

Le pharmacien va mener un entretien conseil avec le patient, afin de lui livrer les conclusions du bilan médicamenteux et de son échange avec le médecin traitant. Il lui exposera les ajustements proposés en vue d’améliorer l’observance. Le patient devra alors retourner vers son médecin pour les nouvelles ordonnances, comprenant ces ajustements.

Au cours de l’entretien, le pharmacien dispense des conseils vis-à-vis des habitudes de vie du patient pour favoriser l’observance : conseils alimentaires ou autour de l’hygiène de vie. Si les ordonnances comprennent des médicaments à risques, le pharmacien prend le temps de sensibiliser le patient à ces traitements, ou prévoit un entretien pharmaceutique ultérieurement. L’objectif est de renseigner parfaitement le patient sur les risques liés à ces médicaments, les précautions à prendre, les éventuels signes d’effets indésirables à repérer. 

 

Le suivi d’observance

Selon un calendrier fixé par le pharmacien, un entretien régulier sera effectué avec le patient, en s’appuyant sur le questionnaire qui a servi à récolter les informations relatives à la prise des traitements par le patient, lors du premier entretien.

Les nouvelles réponses du patient seront comparées à son premier questionnaire, pour s’assurer que les ajustements réalisés portent leurs fruits. C’est-à-dire que le patient adhère à son traitement, qu’il le prenne de la bonne manière et que les résultats soient là. Si les réponses montrent que le patient n’adhère pas au traitement, un entretien sera réalisé pour comprendre les raisons de la baisse de l’observance et trouver des solutions. 

 

Les avantages du BPM

Le bilan partagé de médication présente de nombreux avantages pour le patient :

  • Il apprend à connaître sa maladie, les différents médicaments, dispose d’informations pour mieux comprendre la manière dont fonctionne et agit le traitement.

  • Les risques d’erreurs dans la posologie ou d’inversion entre les médicaments sont significativement réduits, en s’appuyant notamment sur des outils (pilulier, plan de traitement, carnet de suivi, etc.).

  • Il bénéficie d’un traitement parfaitement adapté à son profil physiologique, son mode de vie et ses habitudes.

  • Le client entretient un lien privilégié avec son pharmacien et son médecin, pour ouvrir l’échange autour de son traitement et lui garantir un soutien autour de sa médication.

  • L’observance du patient est améliorée, grâce à la pédagogie faite autour de son traitement et les ajustements pour l’accommoder au mieux à son profil.

  • Le risque d’effets indésirables liés aux médicaments est réduit.



Sources :

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 29/02/2020

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