Peur de la séparation, les vacances : un moment privilégié pour expérimenter l’autonomie

Peur de la séparation, les vacances : un moment privilégié pour expérimenter l’autonomie

Face à la peur de la séparation, les vacances sont l’occasion idéale pour aider les enfants à gagner en indépendance et en expériences. Tous nos conseils pour réussir cette étape parfois délicate.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Les vacances : idéales pour gagner en indépendance

Encouragée par les parents dès la petite enfance, la marche vers l’émancipation devient parfois génératrice d’inquiétude lorsqu’il s’agit de laisser partir l’enfant qui grandit. Il y a l’indépendance que nous autorisons, et celle « que nos enfants nous arrachent », selon les mots de la psychologue Anne Bacus.

Les vacances d’été sont une excellente occasion de tester –et de réussir !– les expériences de séparation. Car elle peut être source d’anxiété tant du côté des enfants que de celui des parents. À nous, donc, d’éduquer et de nous éduquer à mieux les laisser partir.

 

La séparation : pas à pas avec les petits

Selon son âge, l’enfant vit la séparation de manière différente. Chez les plus jeunes, la peur de la séparation peut parfois être associée à un sentiment d’insécurité, d’où l’importance de préparer le changement. Avant le moment du départ (vacances chez les grands-parents, départ en colo…), répondez clairement à toutes ses questions.
Impliquez-le dans la préparation des bagages, valorisez les aspects positifs de l’aventure et n’anticipez pas trop : les petits se situent mal dans le temps.
Le jour J, si vous avez peur de montrer trop d’émotion, faites-vous accompagner par une personne susceptible d’apporter de la sérénité à la situation. Et ne prolongez pas le moment des au revoir.

 

À la bonne distance avec les ados

L’adolescent peut comprendre nos craintes vis-à-vis d’une séparation temporaire. Face à la peur de la séparation, il est donc important de lui exprimer que vous respectez et encouragez son désir de nouvelles expériences. Passez avec lui un pacte de confiance. Par exemple, engagez-vous à ne pas l’appeler, tout en lui demandant de vous donner régulièrement des nouvelles. Car, à tout âge, rappelle le docteur Bailly, « un parent doit être un filet de sécurité […]. L’enfant doit avoir confiance dans la disponibilité des parents ». Conseil d’autant plus valable à l’adolescence, quand cohabitent l’envie d’indépendance et le besoin d’être rassuré.

 

On se détend !

Exit la dramatisation, ou la culpabilité ! Rien n’est irrémédiable, et la résilience, chère au neuropsychiatre Boris Cyrulnik, n’est pas un vain mot. Nous pouvons apprendre à maîtriser notre inquiétude en combattant le stress par la méditation, l’hypnose, le sport… Et, bien sûr, par un dialogue riche et ouvert avec nos enfants. Allez chercher les pensées positives du côté d’autres parents plus zen. Étudiez vos peurs, en distinguant les vrais dangers des faux. Faites votre possible pour tordre le cou à l’anticipation négative et à la surprotection, qui « donnent à l’enfant la conviction du danger », selon la formule de la psychanalyste Françoise Dolto. Pensez au moment des retrouvailles : votre enfant aura grandi et aura tant de choses à vous raconter !

 

3 questions à
Daniel Bailly, pédopsychiatre, professeur de psychiatrie à l’hôpital Sainte-Marguerite, à Marseille.

L’anxiété de séparation est-elle un passage obligé vers l’autonomie ?
Il faut distinguer l’angoisse de séparation, commune aux enfants entre 1 et 2 ans, et l’anxiété de séparation, qui désigne un trouble de l’enfant et de l’adolescent. La première, indispensable à leur développement, s’estompe avec l’âge. La seconde peut devenir pathologique.


Existe-t-il des signes identifiables par les adultes ?
L’anxiété illustre bien le type de domaine pathologique sans symptômes définis. Chez le petit enfant, il peut y avoir des plaintes somatiques avant le départ à l’école, une attitude absente en classe… À l’adolescence, phobie scolaire, anorexie, plainte qu’on ne l’aime pas, voire chantage au suicide…


Des conseils à donner aux parents ?
Il faut être vigilant lors des premières expériences de séparation, attentif aux petits signes, et se faire aider, si besoin, sans attendre. Avant tout départ, il faut en parler, mais, j’insiste, si on est capable d’en parler sereinement, en montrant les aspects positifs. Mieux vaut être soi-même convaincu pour être crédible. Il est normal pour tous les enfants de s’inquiéter la première fois ; à nous de leur montrer qu’on est là, quoi qu’il arrive.

 

Chiffre

30 à 50 %
DES CAUSES DE PEUR DE SÉPARATION SONT GÉNÉTIQUES, LE RESTE REPOSE SUR DES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX. (Daniel Bailly, La Peur de la séparation, éd. Odile Jacob)

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 05/08/2019

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