La turista, ou diarrhée du voyageur

Eviter la turista

Aussi connue sous les termes de tourista ou diarrhée du voyageur, la turista incommode 1 personne sur 2 en voyage (1), parfois plus selon le pays de destination, les conditions de séjour et les antécédents médicaux. Si les symptômes de cette maladie bénigne ne durent en général que quelques jours, ils sont particulièrement inconfortables et handicapants (notamment en cas de déplacement à l’étranger). Il faut donc tout faire pour éviter la turista, et savoir la soigner rapidement pour profiter de ses vacances.


Alors quels sont les principaux symptômes de cette maladie ? Comment attrape-t-on la tourista ? Et comment la soigner ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce que la turista ?

À l’origine de diarrhées, de nausées et de vomissements, la turista (ou tourista) est en général due à la contamination de l’organisme par une bactérie, via l’alimentation. Elle touche principalement les personnes qui voyagent dans des pays tropicaux, aux faibles niveaux d’hygiène.

 

Des diarrhées, des nausées et des vomissements

La diarrhée du voyageur se manifeste par l’apparition de plusieurs symptômes plus ou moins intenses, qui surviennent seuls ou en association :

  • des diarrhées aiguës d’apparition soudaine, avec des selles liquides répétées (3 à 6 selles liquides par jour) : il s’agit parfois du seul symptôme ;

  • des nausées et des vomissements, une perte d'appétit ;

  • des douleurs abdominales, des crampes abdominales, des borborygmes intestinaux (bruits lorsque des gaz se déplacent dans l’estomac ou l’intestin) ;

  • de la fièvre (modérée) ;

  • des maux de tête et des douleurs musculaires (lorsqu’il s’agit d’une infection due au norovirus) ;

  • des glaires ou du sang dans les selles : lorsque les glaires et le sang sont dissociés des selles, et associés à des douleurs du bas-ventre et de l’anus, il peut s’agir d’un syndrome dysentérique. Il est alors indispensable de consulter rapidement un médecin.

 

Les premiers symptômes apparaissent dans les 12 à 72 heures qui suivent la consommation de la boisson ou de l’aliment contaminé. Ils restent en général bénins, ayant pour seule complication une éventuelle déshydratation. Les symptômes disparaissent dans les 3 à 5 jours qui suivent, sans aucun traitement (ils ne durent parfois que quelques heures).

 

Une infection d’origine bactérienne

La turista est le plus souvent d’origine bactérienne : s’il s’agit le plus souvent d’une infection à Escherichia coli, d’autres bactéries peuvent être en cause (shigelles, yersinias, salmonelles, campylobacters…). Les organismes responsables des symptômes se retrouvent dans l’organisme suite à la consommation d’eau, de glaçons ou d’aliments contaminés (notamment les aliments crus ou peu cuits, les viandes et les poissons tièdes, les légumes et les fruits qui n’ont pas été pelés, les aliments lavés avec de l’eau contaminée…). Ils peuvent aussi être transmis par des mains sales ou par les mouches.

 

Mais en voyage, les diarrhées peuvent aussi être d’origine virale. Adénovirus, rotavirus, virus du groupe Norwalk, coxsackies… Plusieurs types de virus peuvent être en cause, également transmis par l’eau, les aliments contaminés ou les mains sales. L’infection peut aussi être due à la consommation de lait contaminé. La tourista est rarement d’origine parasitaire (elle peut être provoquée par un parasite de type amibes, ou par le parasite intestinal Giardia).

 

Les symptômes résultent de l’ingestion de germes toxiques ou invasifs. En réaction aux toxines libérées par la bactérie ingérée, les muqueuses qui tapissent la paroi de l’intestin sécrètent une quantité excessive d’eau : c’est l’apparition des diarrhées et des autres symptômes de la maladie. La diarrhée du voyageur peut aussi être due à la destruction des replis de la muqueuse des intestins, normalement chargée d’optimiser l’assimilation des nutriments par l’organisme.

 

Des pays et des populations à risque

Pouvant s’attraper en toutes saisons, la turista est particulièrement fréquente en Amérique latine, en Afrique et en Asie du sud-est. On la retrouve principalement dans les pays tropicaux et les pays en voie de développement, dans lesquels les conditions d’hygiène sont précaires, et les réserves en eau insuffisamment traitées. Mais la maladie peut aussi s’attraper dans d’autres pays tempérés chauds, en Amérique du nord, en Europe du sud et en Australie.

 

Le principal facteur déclencheur de la maladie est la mauvaise observation des conseils d’hygiène et d’alimentation par les voyageurs qui se rendent dans ces zones. Il est donc important de bien connaître et de respecter un certain nombre de règles hygiéno-diététiques lorsque l’on voyage.

 

Comment soigner la diarrhée du voyageur ?

Les symptômes de la diarrhée du voyageur disparaissent en général d’eux-mêmes en quelques heures ou quelques jours. Après avoir évalué leur intensité et confirmé son diagnostic, le médecin prescrit l’adoption de mesures hygiéno-diététiques simples, et parfois certains médicaments.

 

Quels traitements en voyage ?

La diarrhée du voyageur se résorbe généralement en quelques jours. Alors comment soigner la turista naturellement ? Le premier réflexe (et le plus important) est de bien s’hydrater, en buvant abondamment une quantité importante d’eau, d’eau sucrée et de bouillons de légumes. Des solutés de réhydratation peuvent aussi être utilisés : ils sont particulièrement utiles pour les jeunes enfants ou les personnes âgées, naturellement plus vulnérables.

 

Pour soulager les symptômes et aider l’organisme à récupérer, il est également recommandé d’adopter une alimentation adaptée. Mais que manger en cas de turista ? Tant que les selles restent liquides, il faut commencer par éliminer systématiquement le lait et tous les aliments riches en fibres (les fruits et les légumes notamment). Les repas doivent être moins copieux mais plus fréquents, et composés d’aliments salés, riches en glucose et sans résidus (du riz, des pommes de terre et des bananes).

 

Il est enfin possible de prendre des anti-diarrhéiques, des antispasmodiques ou des antinauséeux peut soulager les symptômes. Un antalgique (paracétamol) ou un pansement gastrique peut aussi aider à soulager les douleurs. Avant un voyage dans une zone à risque, il est donc recommandé de se constituer une trousse de secours « anti-turista », avec un anti-diarrhéique (de type lopéramide ou racécadotril). Attention, le lopéramide est déconseillé en cas de fièvre ou de sang dans les selles et ne peut pas être donné à un enfant de moins de 2 ans. Les ralentisseurs de transit doivent toujours être utilisés avec précaution : demandez conseil à votre pharmacien avant d’y avoir recours. Il est aussi conseillé d’emporter des pastilles de dichloroisocyanurate de sodium, un antispasmodique contre les douleurs intestinales et un antinauséeux.

 

En cas de voyage avec un enfant ou une personne âgée, il faut également prévoir des solutés de réhydratation.

 

Quand consulter ?

S’il n’est en général pas nécessaire de se rendre chez le médecin en cas de diarrhée du voyageur, une consultation médicale est systématiquement recommandée :

  • chez les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les patients qui souffrent d’une maladie chronique ;

  • lorsque l’abondance des selles ou des vomissements empêche une bonne réhydratation ;

  • lorsque les symptômes s'accompagnent d'une fièvre supérieure à 38,5 °C, ou en cas de présence de sang ou de glaires dans les selles ;

  • lorsque les symptômes durent plus de 5 jours.

 

Le médecin étudie les différents symptômes décrits, recherche d’éventuels signes de déshydratation et réalise un examen clinique complet. Il peut avoir recours à une analyse des selles, pour rechercher les organismes en cause (même si cela reste rare). Selon les symptômes, il peut prescrire un anti-diarrhéique, un antalgique, un antiémétique (en cas de vomissements)… Il peut parfois prescrire un antibiotique en cas de fièvre importante, ou des antiparasitaires (si un parasite est identifié dans les selles).

 

Il est également recommandé de consulter rapidement un médecin si la tourista persiste au retour du voyage, notamment après un voyage en Asie du sud-est. Les contaminations par des bactéries multi-résistantes (BMR) y sont en effet fréquentes. Une consultation médicale permet d’écarter les risques de complication, et de restaurer plus facilement le microbiote grâce à un traitement adapté.

 

Comment éviter de contracter cette maladie en voyage ?

La contamination s’effectue généralement par les aliments, et plus rarement par l’eau. Les mains sales et les insectes sont aussi des vecteurs importants des bactéries responsables de la turista. Pour éviter de contracter cette maladie, il est donc recommandé de :

  • respecter les mesures élémentaires d’hygiène : se laver les mains régulièrement (à l'eau et au savon, ou avec du gel hydroalcoolique), particulièrement après chaque passage aux toilettes et avant de manipuler des aliments (avant de les laver ou de les cuisiner), se sécher les mains en utilisant un linge propre ou à l’air libre ;

  • surveiller son alimentation : éviter les coquillages, les viandes ou les poissons crus, les plats réchauffés, les produits laitiers, les glaces et les jus de fruits frais. Il est important de ne consommer que des fruits et légumes crus qui ont été préalablement rincés dans une eau propre (ou pelés par vos soins). Il faut manger des plats très chauds, et des poissons, des viandes et des œufs bien cuits. Il est enfin important de bien se renseigner sur les risques de toxicité des poissons de mer (comme la ciguatera, par exemple) ;

  • boire en abondance : en voyage dans des pays tropicaux, il est conseillé de boire au moins 2 à 3 litres d’eau par jour. Il ne faut boire que des boissons décapsulées devant soi, de l’eau en bouteille, de l’eau désinfectée avec des pastilles de dichloroisocyanurate de sodium (ou de l’eau bouillie), et ne pas consommer de glaçons. Si vous voyagez avec un nourrisson, privilégiez l’allaitement (dans le cas contraire, soyez très vigilant sur l’hygiène des biberons). Pensez également à vous laver les dents avec de l’eau en bouteille.

 

Sources :

https://www.vidal.fr/sante/voyage/maladies-voyage/diarrhee-turista.html

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-digestifs/gastro-entérite/diarrhée-du-voyageur

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/gastro-enterite-adulte/prevention

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/gastro-enterite-adulte/reconnaitre-gastro-enterite

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 10/06/2014

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