Flore intestinale : cette multitude microscopique qui nous habite

L'utilité pour la santé du microbiote

Et si nous vous disions que dans nos intestins vivent plus ou moins cent mille milliards de bactéries et autre micro-organismes ! De petits locataires surprenants qui ont plus d’un impact sur notre santé.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

N’avez-vous jamais remis en cause votre « unicité » en tant qu’être vivant ? Vous êtes « vous » et personne d’autre, bien entendu. Quelle idée ! C’est sans prendre en compte l’incroyable diversité qui nous habite. Saviez-vous par exemple que dans nos intestins vivent plus de micro-organismes que nous n’avons de cellules dans notre corps ! Étonnant, mais vrai : notre microbiote – ou flore intestinale est composé de plusieurs milliards de bactéries, virus, parasites et champignons…

 

À table !

Pourquoi cette multitude de micro-organismes vit-elle en nous ? Parce qu’ils trouvent dans nos intestins un milieu bien accueillant à coloniser : température et humidité idéales, nourriture à profusion… En échange du gîte et du couvert que nous leur offrons, une partie de ces bactéries nous rendent quelques services bien utiles. Elles fournissent par exemple une quantité considérable d’énergie à notre organisme en dégradant les fibres et en les transformant en sucres.

 

Des bactéries très serviables

Autre exemple : ces « bonnes » bactéries présentent les antigènes des microbes, leur « carte d’identité »,  à notre système immunitaire pour lui permettre de mieux se défendre. Mais aussi :

  • elles empêchent les bactéries pathogènes de se multiplier et d’entrer en contact avec les parois des intestins ;

  • elles sont essentielles à la synthèse de certaines vitamines (K et B12) ;

  • elles aident à mieux capturer certains nutriments, etc.

 

Micro-organismes : symbiose, symbiose

Mais il s’agit de bien plus que d’un simple échange de bons procédés. Nous vivons en effet en symbiose avec ces micro-organismes. « Ils sont par exemple capables de communiquer avec nous pour modifier notre sensation de satiété après un repas. Ils ont d’ailleurs influencé notre évolution au fil des siècles », explique Muriel Thomas, Directrice de recherche à l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra). « Nous ne pourrions aujourd’hui tout simplement pas survivre sans zoo bactérien. »
Nos destins semblent donc bien intriqués, à tel point que nous pouvons les considérer comme une partie de nous-même !

 

Microbiote : dans les poumons aussi !

D’autres parties de notre corps sont également colonisées par des micro-organismes avec lesquels nous vivons en harmonie : notre bouche, notre peau… ou encore nos poumons. Des chercheurs soupçonnent par ailleurs un lien entre ce microbiote pulmonaire et l’asthme.

 

Une carte d’identité bactérienne

À chacun son microbiote ? La composition de chaque flore intestinale est en effet unique, tout comme les empreintes digitales. Ce qui n’a rien d’étonnant : plus de 1.000 espèces différentes, essentiellement bactériennes, peuvent entrer dans sa composition.

 

Composition du microbiote : tout se jouerait avant 2 ans

À notre naissance, nos intestins ne sont pas « habités ». Ils sont en effet progressivement colonisés durant les premières années de vie. Génétique, alimentation, conditions d’hygiène, éventuels traitements médicamenteux… Différents paramètres peuvent influencer son évolution. Par contre, après l’âge de 2 ans, la composition du microbiote reste relativement stable, même si certains facteurs peuvent encore l’influencer, la prise d’antibiotiques par exemple.

 

Probiotique, prébiotique, quelle différence ?

Les probiotiques sont des microorganismes vivants (bactéries ou levures) qui, lorsqu’ils sont consommés en quantité suffisante, assurent un rôle protecteur pour la santé en limitant le développement des bactéries pathogènes dans la flore intestinale, le fameux microbiote. Les prébiotiques sont les molécules dont se nourrissent ces probiotiques. Ils proviennent des parties indigestes de nos aliments : les fibres alimentaires.
 

Quels bienfaits ?

Probiotiques et prébiotiques permettent d’assurer ou de restaurer l’équilibre du microbiote, de soulager les symptômes digestifs et de prévenir les mycoses vaginales et leurs récidives. Ils favorisent la synthèse des vitamines, notamment des vitamines B – impliquée dans la production d’énergie et de globules rouges – et K – essentielle à la coagulation du sang et à la bonne santé osseuse. Ils améliorent également l’assimilation des minéraux.
 

Où les trouver ?

Les probiotiques sont présents dans les aliments fermentés (yaourt, choucroute, kéfir…). On retrouve les prébiotiques dans les fruits et légumes, les légumineuses et les céréales complètes. Il existe des compléments alimentaires dits symbiotiques, associant prébiotiques et probiotiques. À prendre en cure d’un mois en cas de troubles digestifs ou lorsque l’équilibre de la flore intestinale est menacé (stress, prise d’antibiotiques...).

 

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Source

Merci à Rémy Burcelin, Chercheur Inserm à l’Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires de Toulouse, à Nicolas Barnich, Chercheur Inserm et Directeur de laboratoire à l’unité Microbes, Intestin, Inflammation et Susceptibilité de l'Hôte de l’Université d’Auvergne, et à Muriel Thomas, Chercheuse Inserm et Directrice de recherche Inra - Institut Microbiologie de l’alimentation au service de la santé.


 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/09/2022

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