Drogues : comment "décrocher" ?

Comme se sevrer des drogues ?

Quel que soit son objet, une dépendance a toujours des origines, des mécanismes de fonctionnement et des conséquences multiples. D’où la nécessité d’un traitement multidisciplinaire.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

« La toxicomanie n’est pas un vice, mais une maladie complexe, aux multiples implications », explique le Dr Amine Benyamina, psychiatre. « Pour en guérir, une prise en charge psycho-médico-sociale est la meilleure option de traitement. La France a été l’un des premiers pays à l’institutionnaliser : ce sont les CSAPA (ndlr: les Centres de Soins d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie), des structures de soins gratuites et anonymes.»
 

Drogues : gérer le manque

Premier volet du traitement, la prise en charge médicale. Médecin et infirmières dressent un bilan de santé complet du patient et gèrent d’éventuelles crises de manque. Toutes les drogues n’induisent pas de dépendance physique : seuls le tabac, l’alcool, les opiacés(1) et certains médicaments psychotropes(2) provoquent des symptômes physiques de manque.

Le sevrage de l’héroïne, par exemple, est loin d’être une sinécure ! Douleurs musculaires et crampes abdominales violentes, angoisse intense…
Heureusement, il est possible de diminuer, voire de supprimer ces symptômes, soit en administrant des médicaments qui les soulagent directement (des antidouleurs, par exemple), soit via un traitement de substitution. Celui-ci a une action similaire à la drogue et la « remplace » quelque temps. Exemples : la méthadone, prescrite aux héroïnomanes, et les substituts nicotiniques pour les fumeurs.

Cette prise en charge médicale ne nécessite pas forcément une hospitalisation : sevrage et suivi peuvent tout à fait se faire en ambulatoire. Tout dépend de la substance et de l’importance de la dépendance.
 

Sevrage : une nouvelle vie

La période de sevrage physique ne dure que quelques jours. Se libérer de la dépendance psychique et/ou comportementale, commune à toutes les addictions, prend par contre beaucoup plus de temps. L’arrêt d’une drogue ou d’un comportement addictif bouleverse les habitudes d’une personne, laisse un vide et peut permettre la réapparition d’un mal-être que la consommation visait à supprimer.
Il faut donc s’attaquer à la source, à l’origine du problème. Pour cela, une psychothérapie individuelle de type cognitivo-comportementale, qui vise à changer le comportement problématique, est souvent nécessaire. Quant aux groupes de parole, les fameux Alcooliques Anonymes par exemple, ils sont une aide précieuse, tant dans la phase d’arrêt que pour consolider l’abstinence.    
Dernier volet, et non des moindres, la prise en charge sociale. « La toxicomanie entraînant bien souvent des problèmes socioprofessionnels, financiers et/ou juridiques, le patient doit pouvoir recourir à une assistante sociale ou à une aide juridique », explique le Dr Benyamina. « Pour les plus marginalisés, il ne faut rien de moins que les réinsérer dans la société.»
 

S’en sortir… définitivement ?

Se libérer d’une dépendance est un chemin difficile ; rechutes et récidives sont plus la norme que l’exception. Cependant, rien ne sert de les dramatiser ni de les stigmatiser. Chaque tentative d’arrêt rapproche un peu plus de l’arrêt définitif et un faux-pas ne signifie pas forcément l’échec de tout le processus. La preuve : chaque année, des dizaines milliers de personnes parviennent à décrocher… Pourquoi pas vous ?

 

Que font les drogues au cerveau ?

Nous avons dans le cerveau une sorte de baromètre qui nous indique à tout moment comment nous nous sentons.

  • Quand nos neurones libèrent de la dopamine, une substance chimique particulière, nous ressentons du plaisir. C’est le circuit dit de la récompense.

  • Or, les drogues augmentent notamment les quantités de dopamine libérées dans le cerveau. Nous considérons que nous nous sentons bien… même si nous allons mal ! C’est ainsi que les drogues modifient la conscience que nous avons de nous-mêmes et de notre environnement… et biaisent notre baromètre intérieur.

 

Besoin d’aide ?

Il existe près de 850 Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) sur le territoire français.

Pour trouver le plus proche de chez vous, surfez sur www.drogues-info-service.fr (rubrique « S’orienter ».)

 

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Source

(1) Les opiacés désignent les substances dérivées de l’opium ou agissant comme tel : l’héroïne, la morphine, la méthadone, etc.
(2) Les médicaments psychotropes agissent sur le système nerveux central. Exemples : antidépresseurs, anxiolytiques, etc.

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Candice Leblanc
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/01/2014

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