Tout savoir sur la goutte

Qu'est-ce que la goutte ?

Maladie chronique fréquente, la goutte est due à l’accumulation de cristaux d’acide urique dans les articulations et les tissus environnants. Responsable de symptômes douloureux, elle se manifeste sous forme de crises. Si elle ne peut pas être guérie, plusieurs traitements permettent néanmoins de soulager ses symptômes et d’espacer les crises.

 

Comment reconnaître une crise de goutte ? Pourquoi certaines personnes sont-elles plus susceptibles de développer cette maladie inflammatoire ? Et comment traiter les crises et soulager leurs symptômes ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

La goutte, une maladie chronique articulaire aux symptômes douloureux

Due à un excès d’acide urique dans le sang (hyperuricémie), la goutte est une maladie chronique qui touche les articulations. Il s’agit de la maladie articulaire inflammatoire la plus fréquente dans les pays occidentaux. Elle fait partie des arthropathies inflammatoires microcristallines (ou rhumatismes microcristallins).

 

Un excès d’acide urique dans le sang

L’acide urique est une substance issue de la dégradation des purines, que l'on retrouve dans plusieurs aliments (particulièrement dans les aliments d’origine animale riches en protides : viandes rouges, charcuterie, abats, certains poissons, bière, alcool, boissons sucrées…).

 

L’acide urique est naturellement évacué par les reins, dans les urines. Mais lorsque l’alimentation est trop riche en purines, ou que l’acide urique n’est pas correctement éliminé de l’organisme, son taux dans le sang devient trop élevé. Des microcristaux se forment, se déposent et s’accumulent au niveau des articulations et dans les tissus qui les entourent. Ce sont ces dépôts d’acide urique qui créent une réaction inflammatoire au niveau des articulations. Ces poussées inflammatoires sont responsables de « crises » de goutte, particulièrement douloureuses.

 

La crise se déclenche généralement pendant la nuit, après la consommation d’alcool ou une consommation excessive de viandes rouges et de graisses. Elle peut aussi survenir suite à une crise d’acidocétose (en cas de diabète), ou lorsque l’organisme a perdu beaucoup d’eau (à cause d’un effort particulièrement intense, d’une déshydratation ou d’un jeûne). Le stress et la prise de certains médicaments peuvent aussi déclencher une crise de goutte. Certains signes annonciateurs peuvent aider la personne à se préparer à l’accès goutteux : des picotements ou un inconfort au niveau de l’articulation, des difficultés à bouger…

 

Des douleurs intenses, qui apparaissent la nuit

La crise de goutte provoque l’apparition d’une douleur intense et soudaine qui réveille la personne (avec une sensation de brûlure ou de broiement). Souvent localisée au niveau de la base du gros orteil, elle peut parfois toucher d’autres articulations comme la cheville ou le genou, la hanche, le doigt ou le coude. L’articulation est chaude, gonflée et extrêmement douloureuse. La peau est rouge, tendue et brillante. Il arrive parfois que d’autres symptômes se manifestent : de la fièvre, une accélération du rythme cardiaque (tachycardie), une sensation de malaise général et, plus rarement, des frissons.

 

La crise dure généralement quelques heures ou quelques jours, avant de disparaître spontanément. L’articulation démange et pèle. D’autres crises peuvent se manifester plusieurs mois ou plusieurs années plus tard. Si la maladie n’est pas prise en charge et progresse, les crises suivantes deviennent plus intenses (plus longues et plus fréquentes). La goutte peut devenir chronique, et les articulations peuvent se déformer.

 

À quoi est dû cet excès d’acide urique dans le sang ?

La goutte est due à l’accumulation de dépôts d’acide urique autour des articulations et des tissus situés à proximité. Or, certains facteurs peuvent favoriser un excès d’acide urique dans le sang, et l’apparition de crises :

  • la génétique : certaines personnes ont une prédisposition génétique aux crises de goutte. Dus à une mauvaise élimination de l’acide urique par l’organisme, les épisodes inflammatoires peuvent aussi être aggravés par un apport excessif en purines ;

  • l’âge et le sexe : la maladie touche plus fréquemment les hommes (même si cette différence tend à s’amoindrir aujourd’hui). Chez les hommes, les crises surviennent en général entre 50 et 60 ans. Chez les femmes, elles se manifestent plutôt après la ménopause ;

  • des comportements alimentaires : comme évoqué plus haut, l’excès d’acide urique dans le sang est souvent dû à la consommation d’aliments riches en purines. C’est la raison pour laquelle on a longtemps considéré la goutte comme une maladie de « riches » : responsables des crises, la viande et le poisson étaient en effet des produits rares, associés à des repas arrosés de vin et de bière ;

  • des maladies chroniques : certaines maladies peuvent favoriser la survenue de crises de goutte (l’hypertension artérielle, l’insuffisance rénale, le diabète, l’hyperlipidémie, les troubles de la thyroïde, un syndrome métabolique et l’obésité…). Les crises peuvent aussi être dues à une multiplication anormale et accélérée des cellules (en cas de cancer ou de psoriasis, par exemple) ;

  • certains médicaments : les premières crises peuvent survenir après la prise de certains médicaments, qui entravent l’élimination de l’acide urique par les reins (des diurétiques, des antihypertenseurs, de l’acide acétylsalicylique…) ;

  • le manque d’activité physique et le surpoids : liés au syndrome métabolique et à ses symptômes, la sédentarité et le surpoids font aussi partie des facteurs favorisant les accès goutteux.
     

Comment réagir ?

Il est indispensable de consulter son médecin en cas de crise. En plus de se faire prescrire un traitement pour soulager les symptômes de la maladie, cela permet d’éviter certaines complications.

 

Consulter dès les premières crises

La goutte « primitive » a une évolution lente, avec des crises qui se multiplient surtout après des repas copieux, des épisodes de fatigue ou de stress. Mais si la maladie n’est pas prise en charge et progresse, les crises deviennent plus intenses (plus longues, plus fréquentes, touchant des articulations supplémentaires). La goutte peut devenir chronique, et les articulations peuvent se déformer. Des nodules blanchâtres peuvent aussi se développer au niveau des articulations ou sous la peau, sur le pavillon de l’oreille, les coudes, les tendons d’Achille ou la pulpe des doigts (ces « tophi » sont en fait des dépôts de cristaux d’acide urique).

 

D’autres complications peuvent apparaître : les personnes qui souffrent de cette maladie inflammatoire chronique peuvent en effet développer des calculs rénaux, qui peuvent ensuite bloquer les voies urinaires et être responsables de crises douloureuses (coliques néphrétiques). Si les calculs ne sont pas évacués, ils peuvent entraîner une infection au niveau des reins, et les abimer.

 

La maladie augmente également le risque de développer une arthrose. Fréquente avec le vieillissement, cette maladie chronique affecte le cartilage des articulations et les tissus adjacents.

 

Examens et diagnostic

Le médecin commence par interroger son patient sur ses antécédents familiaux et médicaux, pour rechercher d’éventuels facteurs de risque. Il étudie ensuite les symptômes (circonstances d’apparition, intensité, durée…). Si le patient consulte pendant une crise, le médecin peut généralement poser son diagnostic en étudiant l’atteinte des orteils (mono-arthrite à la base du gros orteil, et présence éventuelle de « tophi »).

 

Pour confirmer son diagnostic, le médecin réalise un bilan sanguin, avec dosage de l’acide urique. Il a parfois recours à d’autres examens (une échographie articulaire, une radiographie des os et des articulations, une ponction du liquide articulaire ou d’un tophus). Il peut ensuite prescrire le traitement adapté.

 

Quels sont les traitements mis en place ?

Le traitement des accès goutteux consiste à soulager les symptômes de la crise, et à prévenir les récidives et les éventuelles complications (formation des tophi, arthrite, calculs rénaux). Le traitement de fond est pris à vie, et nécessite une surveillance médicale régulière.

 

Le traitement de la crise

Pour réduire l’inflammation et diminuer les douleurs et le gonflement, le médecin prescrit un traitement à base de colchicine, d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou de corticoïdes (plus rare). Même si cela reste long, certains médicaments permettent de dissoudre les cristaux responsables de l’inflammation articulaire.

 

Le traitement permet de faire disparaître la crise de goutte plus rapidement : elle se résout en quelques heures, alors qu’elle peut durer plusieurs jours en l’absence de traitement. Pour soulager l’épisode goutteux, le médecin prescrit aussi du repos, et le glaçage et l’immobilisation de l’articulation atteinte (avec la mise en place d’une attelle).

 

Un traitement de fond

D’autres médicaments sont pris à vie, afin de réduire le taux d’acide urique dans le sang et prévenir ou espacer les crises. Grâce à ce traitement de fond (traitement hypo-uricémiant), l’uricémie baisse et les crises sont plus rares. Les autres maladies associées sont également prises en charge (cholestérol, maladie rénale chronique, maladie coronarienne, diabète, artérite des membres inférieurs…).

 

Le médecin peut aussi conseiller à son patient de perdre du poids (de manière progressive), de pratiquer une activité physique régulière et d’arrêter de fumer. Il lui recommande également d’adopter un régime alimentaire moins riche en purines, pour aider à faire baisser son taux d’acide urique dans le sang. Pour cela, il faut éviter l’alcool (arrêter la bière et les alcools forts), les sodas et les jus de fruits sucrés, et les produits riches en purines (abats, gibier, charcuterie, canard, oie, saumon, hareng, sardine, anchois, truite, coquillages et crustacés, épinards, champignons, lentilles, asperges, chou-fleur…). Il faut aussi augmenter ses apports en laitages pauvres en gras, et consommer du café et de la vitamine C. Toutes ces mesures hygiéno-diététiques peuvent aider à prévenir ou à diminuer les futures crises de goutte.

 

Sources :

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/goutte

https://www.vidal.fr/maladies/metabolisme-diabete/goutte.html

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-osseux,-articulaires-et-musculaires/goutte-et-arthrite-à-pyrophosphate-de-calcium/goutte

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 26/01/2015

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