Douleurs articulaires aux mains : comment les reconnaître et les soulager ?

Arthrose mains

Mains enflées et douleurs articulaires, gonflements, raidissements… Les articulations des mains peuvent souffrir de plusieurs types de troubles, qui provoquent des symptômes caractéristiques. L’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde sont les maladies articulaires les plus fréquentes au niveau des mains. L’arthrose affecte le plus souvent les articulations des doigts les plus proches des ongles, alors que la polyarthrite rhumatoïde touche en général les poignets et les articulations situées entre les doigts et la main.


Alors quels sont les symptômes et les causes de ces deux maladies ? Pourquoi provoquent-elles des douleurs articulaires au niveau des mains ? Et comment soulager ces douleurs ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

L’arthrose des mains, une forme d’arthrose assez fréquente

Plus communément désignée sous le terme de « rhumatismes », l’arthrose des mains fait partie des formes d’arthrose les plus fréquentes. Plus susceptible d’affecter l’articulation du doigt proche de l’ongle, elle provoque des douleurs, un gonflement et parfois la formation de kystes (au niveau des articulations distales).

 

L’arthrose, la maladie articulaire la plus répandue en France

Les extrémités des os sont recouvertes de cartilage, une matière élastique solide qui les protège. Maladie des articulations la plus répandue en France, l’arthrose correspond au vieillissement, à l’usure et la détérioration de ce cartilage. Les os frottent alors les uns contre les autres et provoquent l’apparition de plusieurs symptômes douloureux et gênants.

 

Si l’arthrose évolue par poussées (marquées par des épisodes douloureux), les symptômes sont en général plus intenses au réveil. Elles s’atténuent en général après la réalisation de quelques mouvements (qui permettent d’échauffer les articulations). Les douleurs peuvent aussi se manifester après un effort physique particulièrement intense.


Hérédité, âge, surcharge pondérale (surpoids ou obésité), sollicitation excessive des articulations lors d’activités sportives ou professionnelles, blessures ou opérations… Plusieurs facteurs peuvent être en cause.


Provoquant des douleurs et un raidissement caractéristique, cette maladie peut se développer au niveau de plusieurs articulations. On peut ainsi souffrir d’arthrose cervicale (au niveau du cou, avec un mal de nuque récurrent), d’arthrose lombaire (responsable de douleurs dans le bas du dos), d’arthrose de la hanche, du genou, de l’épaule, des chevilles, du coude… L’arthrose peut également apparaître au niveau des articulations des mains (poignets et doigts). Lorsqu’elle touche les doigts, elle provoque aussi d’importantes déformations.

 

Quels sont les symptômes de l’arthrose des mains ?

L’arthrose des mains (des doigts) fait partie des formes d’arthrose les plus fréquentes. Les principaux symptômes de l’arthrose des mains sont les suivants :

  • douleurs articulaires et raideurs (au niveau des articulations des mains, notamment à la base du pouce) ;

  • gonflements ;

  • apparition d’excroissances osseuses sur l’articulation distale (articulation située avant la dernière phalange du doigt) ;

  • apparition d’excroissances osseuses sur l’articulation centrale des doigts ;

  • perte de l’alignement des articulations touchées.


L’arthrose des mains épargne en général les poignets et les articulations métacarpo-phalangiennes (situées entre les métacarpes et les premières phalanges).


Examens, diagnostic et traitements

Pour confirmer le diagnostic d’arthrose de la main, le médecin procède à un interrogatoire précis (apparition et intensité des symptômes, antécédents médicaux…) et réalise un examen clinique complet.


Il a également recours à des examens d’imagerie médicale (une radiographie permet de mettre en évidence la déformation des articulations). Le médecin peut aussi prescrire un bilan sanguin, pour rechercher la présence de signes d’inflammation. Cela lui permet de vérifier que les douleurs articulaires au niveau des mains ne sont pas le signe d’une polyarthrite rhumatoïde ou d’un autre type d’arthrite (terme désignant toute inflammation chronique des articulations).


Pour traiter l’arthrose de la main, le médecin renseigne son patient sur les mesures à adopter pour diminuer les symptômes. La prise de certains médicaments permet de soulager les douleurs (antalgiques ou AINS - anti-inflammatoires non stéroïdiens). Réalisés dans de l’eau chaude, plusieurs exercices peuvent également aider à diminuer les douleurs articulaires dans les mains et à redonner mobilité et souplesse aux doigts. Pour limiter les déformations au niveau des articulations, le médecin peut aussi prescrire le port ponctuel d’orthèses (des attelles, par exemple). Dans certains cas, une injection de corticoïdes ou une intervention chirurgicale sont nécessaires (reconstruction ou fusion de l’articulation atteinte, en général celle située à la base du pouce).

 

La polyarthrite rhumatoïde, un rhumatisme inflammatoire chronique et évolutif

Maladie évolutive, la polyarthrite rhumatoïde (PR) provoque également des douleurs articulaires au niveau des mains. Rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent, cette arthrite peut aussi toucher les pieds.
 

Une maladie évolutive, aux complications parfois graves

Si elle peut apparaître à tout âge, elle survient le plus souvent entre 40 et 60 ans (elle touche alors beaucoup plus les femmes que les hommes, alors qu’il n’y plus de différence après 70 ans). La polyarthrite rhumatoïde se manifeste par l’apparition d'une inflammation au niveau de plusieurs articulations (d’où l’emploi du terme de « polyarthrite »). Le sang de la personne atteinte comporte des « facteurs rhumatoïdes » (des anticorps qui combattent d’autres anticorps du même organisme). On parle ainsi de maladie « auto-immune ». Ces auto-anticorps attaquent les tissus mous qui recouvrent les articulations (structures synoviales).


La maladie évolue progressivement, par poussées : petit à petit, tous les éléments de l’articulation sont détruits. La surproduction et l’accumulation de liquide synovial entraînent d’abord l’épaississement de la membrane synoviale. L’articulation enfle, les tendons et les ligaments sont fragilisés et deviennent douloureux. Le cartilage des os commence à s’abîmer, les os se déminéralisent et l’articulation est de moins en moins souple.


Infarctus du myocarde, thrombophlébite, accident vasculaire cérébral, angine de poitrine, ostéoporose chez la femme, nodules, inflammation vasculaire, anémie… La polyarthrite rhumatoïde peut entraîner de nombreuses complications, plus ou moins graves. Il est donc indispensable de poser rapidement le diagnostic de la maladie, pour pouvoir envisager une prise en charge adaptée.

 

Des douleurs articulaires au niveau des mains, accompagnées d’autres symptômes

L’inflammation des articulations de la main (le plus souvent du poignet) provoque plusieurs symptômes, qui sont souvent plus intenses la nuit et le matin au réveil. Plus ou moins fréquents et sévères, ils se manifestent en général de manière symétrique (des deux côtés du corps, en même temps) :

  • des douleurs articulaires chroniques, plus ou moins intenses, au niveau de plusieurs articulations (mains et/ou pieds) ;

  • une grande sensibilité, une sensation de chaleur, un gonflement, des rougeurs, une raideur des articulations ;

  • des déformations au niveau des articulations (parfois handicapantes, et pouvant aller jusqu’à leur destruction), un fléchissement anormal au niveau des doigts (déformation en boutonnière ou en col de cygne) ;

  • des symptômes plus généraux : une fatigue importante, une légère fièvre, une perte d’appétit et une perte de poids…

 

Prédisposition génétique, âge, dérèglement du système immunitaire, tabagisme, traumatismes ou chocs émotionnels, modifications hormonales… Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de l’apparition de cette maladie auto-immune.

 

Quels examens pour confirmer le diagnostic ?

Plus le diagnostic est précoce, plus les traitements mis en place contre la polyarthrite rhumatoïde peuvent être efficaces. Pour poser son diagnostic, le médecin réalise un examen clinique complet et procède à un interrogatoire précis (il interroge notamment sur les circonstances d’apparition des douleurs articulaires au niveau des mains).


Après avoir examiné les articulations douloureuses, il prescrit un bilan sanguin. Cela lui permet de rechercher les marqueurs d’un syndrome inflammatoire, d’éventuelles anomalies au niveau des reins, et la présence (ou non) d’anticorps et de facteurs rhumatoïdes.


Le médecin prescrit ensuite un bilan radiologique (des mains, si les douleurs articulaires sont localisées au niveau des poignets, par exemple). La présence de certaines anomalies permet de confirmer le diagnostic et de suivre l’évolution de la maladie. Dans certains cas, des examens complémentaires sont réalisés (IRM, échographie, ponction et analyse du liquide articulaire…).


Le médecin suit l’évolution de la maladie de manière régulière, pour adapter le traitement et surveiller l’absence de complications. Avant que la polyarthrite rhumatoïde ne soit stabilisée à l’aide d’un traitement de fond, une surveillance mensuelle est prévue. Les visites de contrôle peuvent ensuite être espacées (entre 3 et 6 mois).

 

Quels traitements ?

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dépend de la sévérité des symptômes et du degré d’évolution de la maladie. Il est mis en place par le rhumatologue et encadré par d’autres acteurs de la santé (médecin généraliste, chirurgien orthopédiste, psychologie ou psychiatre, kinésithérapeute, podologue…).


Le traitement consiste à soulager les douleurs articulaires (au niveau des mains ou des pieds), à limiter les symptômes et à prévenir leur développement, et à améliorer les conditions de vie au quotidien. Il repose principalement sur :

  • l’adoption de nouvelles mesures hygiéno-diététiques : l’arrêt du tabac, la mise en place d’un nouveau régime alimentaire (riche en poisson et en huiles végétales), des périodes de repos régulières, le port de chaussures orthopédiques spéciales… ;

  • la prise de médicaments (par voie orale ou sous forme d’injections) :

  • pour soulager immédiatement les douleurs articulaires (traitement de la crise) : principalement des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;

  • pour limiter la progression de la maladie (traitement de fond) : des anti-rhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM), des immunosuppresseurs ;

  • la pratique de certains exercices de réadaptation avec un kinésithérapeute et/ou un ergothérapeute (étirements, massages, exercices dans l’eau…), la mise en place d’attelles pour redresser et redonner aux articulations leur forme initiale, la pratique d’une activité physique douce et adaptée (marche ou natation, par exemple) ;

  • parfois, une intervention chirurgicale pour réparer les déformations articulaires.


Sources :
https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-osseux,-articulaires-et-musculaires/symptômes-des-troubles-musculosquelettiques/douleurs-articulaires-plusieurs-articulations
https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-osseux,-articulaires-et-musculaires/maladies-de-la-main/arthrose-de-la-main
https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/polyarthrite-rhumatoide.html
https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/arthrose-rhumatismes.html

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 19/07/2022

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