Tout savoir sur la dépendance aux écrans

L'addiction au smartphone

L'omniprésence des écrans dans notre quotidien soulève bon nombre de questions et d'inquiétudes.
En 2018, l'Organisation Mondial de la Santé classait les jeux vidéo parmi les biais pouvant provoquer de fortes dépendances avec l'alcool, le tabac ou encore les drogues (1). Une classification qui fait débat, mais qui a le mérite de mettre le doigt sur une dépendance de plus en plus forte aux écrans et qui touche toutes les générations.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qui est concerné par la dépendance aux écrans ?

En surabondance de nos jours, les écrans sont devenus incontournables dans notre quotidien. Selon le rapport annuel de l'agence We Are Social, en partenariat avec le gestionnaire de réseaux sociaux Hootsuite (2), 65,53 millions de smartphones étaient en activité en France en janvier 2020. Un chiffre qui équivaut à 100 % de la population du pays, 93 % d'entre eux possédant un accès internet (3G/4G).
Ajoutons à ceci :

  • Les téléviseurs : 93,1 % des foyers

  • Les ordinateurs : 85,6 % des foyers

  • Les tablettes : 48,2 % des foyers

 

Nous obtenons alors une moyenne de 5,6 écrans par foyer, selon le dernier comptage de l'Observatoire de l'Audiovisuel (3). Doit-ont lier chiffre à lier à la dépendance aux écrans ?

 

D’après ces deux rapports, nous sommes tous sollicités et surexposés par les différents médias et contenus. En effet, ce ne sont pas les écrans en eux-mêmes qui créent une addiction, mais bien les contenus qu’ils renferment. Qu'il s'agisse de programmes télévisuels, de vidéos sur internet, de réseaux sociaux, de jeux vidéo, ou d’applications mobiles, ce sont autant de possibilités de monopolisation d'attention, qui peuvent pousser à l'addiction.

 

Une dépendance aux écrans qui, toujours selon le rapport de l'OMS, peut avoir des incidences graves sur la santé de l'utilisateur, quel que soit son âge.

 

Les risques psychologiques

Des risques qui évoluent selon l’âge

Comment reconnaitre la dépendance aux jeux vidéo et aux écrans ? La dépendance aux écrans peut-être un réel problème dans le développement de l'enfant. Une trop grande utilisation peut aboutir à une baisse des capacités cognitives et modifier son rapport au monde. Les enfants très exposés aux écrans peuvent aussi souffrir d’anxiété, de troubles relationnels, ou de difficultés d’attention. On observe également un impact sur la qualité du sommeil, chez les enfants exposés aux écrans en fin de journée (4).

 

Au-delà des troubles d'attention et de concentration, l’addiction aux écrans aura tendance à isoler un adolescent. L'interaction sociale sur les réseaux sociaux ou une utilisation abusive des jeux vidéo, par exemple, peuvent pousser vers un repli sur soi et une perte de confiance en soi. L’isolement que provoque la dépendance aux écrans, et la confrontation de son image à la critique sur les réseaux sociaux, deviennent des facteurs aggravants, pouvant pousser à la dépression dans les cas les plus graves.

 

Quant à l'adulte, il n'échappe pas à l'emprise. Une dépendance aux écrans peut provoquer les mêmes troubles que chez un adolescent. Tandis que l’adolescent a de fortes chances d’être encadré par ses parents, l’adulte n’a plus ces “garde-fous” pour l’empêcher de s’enfermer dans cette addiction.

 

L’apparition de nouveaux troubles psychologiques

Au-delà de l'isolement, de troubles d'hyperactivité, du stress accru, ou encore de l'attention en diminution, il est intéressant de noter que la dépendance aux écrans est à l’origine de nouvelles maladies psychologiques. Les chercheurs mettent en évidence six maladies (5) liées à cette dépendance :

  • Le Dormeur sentinelle : c'est le fait de dormir avec son téléphone allumé et connecté, et de le consulter plusieurs fois durant la nuit, en état de demi-sommeil.

  • La Nomophobie : il s’agit de la phobie de ne pas avoir son smartphone sur soi.

  • Phnubbing : une contraction de “phone” et “snubbing”, qui se caractérise par le fait d’ignorer les gens avec qui l'on partage un moment, en passant son temps sur son téléphone.

  • L’assombrissement : une maladie qui peut entraîner la personne dépendante à espionner de manière obsessionnelle un ou plusieurs contacts sur les réseaux sociaux et sur les moteurs de recherche.

  • La Schizophrénie des profils : cas fortement lié aux réseaux sociaux, il s’agit du fait de posséder plusieurs profils sur ces réseaux et finir par ne plus trop savoir se situer psychologiquement quant à son identité.

  • L'Athazagoraphobie : est la peur d'être oublié sur les réseaux sociaux.

 

 

Les risques sur notre santé

L’impact des écrans sur la vision

Une trop grande utilisation des écrans peut avoir des effets néfastes sur notre vision :

  • Des troubles de la focalisation : l’œil a du mal à faire la “mise au point” sur certains objets ;

  • Une baisse d’acuité visuelle ;

  • Une fatigue oculaire ;

  • Des maux de tête qui peuvent évoluer en migraine ophtalmique.

 

En effet, l’utilisation des écrans demande des efforts considérables à vos yeux : décrypter les pixels, lire sur des petits supports, s’adapter à des écarts de luminosité importants. Au-delà de la luminosité, c’est la nature de la lumière émise par les écrans qui pose problème.

 

Portables, tablettes, ordinateurs et téléviseurs émettent une lumière bleu-violet néfaste pour les yeux, lorsque l’exposition est trop fréquente, ou trop prolongée. La lumière bleu-violet accélère le vieillissement naturel de l’œil, favorisant une perte d’acuité visuelle ou des pathologies oculaires telles que la DMLA (ou la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge, qui se traduit par une perte progressive de la vision centrale).

 

La lumière des écrans impacte également le sommeil : l’exposition aux écrans en fin de journée retarde l’endormissement, et peut altérer la qualité du sommeil.

 

Hausse de la sédentarité et troubles musculosquelettiques

Qui dit dépendance aux écrans dit hausse de la sédentarité. Absorbés par les écrans, nous passons beaucoup plus de temps assis devant notre ordinateur ou devant la télé. Toutes les études menées sur l’impact de la sédentarité sur la santé sont unanimes : la sédentarité augmente significativement les risques de développer une maladie grave :

  • Diabète

  • Maladies cardiovasculaires : hypertension artérielle, AVC, infarctus

  • Obésité

  • Cancers

 

Pour les personnes qui passent de longues heures devant l’ordinateur (par addiction aux écrans, mais aussi dans le cadre du travail), on recense également de nombreuses personnes atteintes de troubles musculosquelettiques (TMS). Des douleurs dans la nuque, aux épaules, dans la région lombaire, ou encore, dans les poignets et les mains peuvent apparaître, après de longues heures dans une position statique. Sur le long terme, ces douleurs peuvent devenir irréversibles et entraîner un handicap.

 

Enfin, chez les personnes qui développent une addiction à leur smartphone ou aux jeux vidéo, les cas de tendinite aux pouces et aux coudes sont également fréquents.

 

Comment prévenir l’addiction aux écrans ?

Si la dépendance aux écrans cause bien des problèmes, il convient de nuancer le propos. En effet, une utilisation raisonnable et bien orientée peut même être positive. Après tout, ils offrent la possibilité de s'instruire, de maintenir le lien social, ou encore de se divertir selon les envies. Les nouvelles technologies offrent aussi une grande facilité d'accès aux connaissances et à l'actualité.
Alors, pour profiter de tous les avantages de nos modes de vie connectés, sans souffrir de dépendance, voici quelques conseils :

  • Essayez de cerner votre consommation : il existe aujourd’hui des applications qui calculent le temps que vous passez sur votre téléphone, qui permettent de se rendre réellement compte de la place qu’il prenne dans votre vie. Prenez également en compte le temps devant l’ordinateur (loisirs) et la télévision, afin d’avoir une idée réelle du temps consacré aux écrans, pour ensuite, pouvoir agir dessus 
     

  • Limitez les notifications : que ce soit pour les mails, les réseaux sociaux, les applications de jeux ou autre, désactivez toutes les notifications qui ne sont pas indispensables, qui peuvent être une réelle source de stress et d’emprise sur nous
     

  • Établissez un couvre-feu : pour vous, comme pour les plus jeunes, évitez les écrans 2 h avant le coucher vous garantit un sommeil de meilleure qualité
     

  • Prenez du temps pour les activités physiques et en plein air : le meilleur moyen de résister aux écrans, et de limiter leur impact sur votre santé, est de passer suffisamment de temps à la lumière naturelle, et d’avoir une activité physique régulière. Une balade à vélo avec les enfants, une séance de yoga en plein air, ou un passage à la piscine sont autant de bonnes alternatives !

 

Bien sûr, supprimer les écrans de nos vies dans la société actuelle serait impossible, mais en adoptant de bons réflexes et en limitant l’exposition, vous pourrez profiter d’une meilleure santé et tirer pleinement parti des nouveaux outils technologiques dont nous disposons !

 

Séjours DEVOTIC ou la digital detox

Une petite minorité d’irréductibles (environ 3 % des Français) se déconnecte volontairement des technologies de l’information et de la communication (DE-VO-TIC). Par peur de tomber dans l’addiction ou de passer à côté de la vie réelle. Une prise de conscience qui donne des idées à certains : les séjours « digital detox » fleurissent aux quatre coins du globe ! Le principe est simple ; vous abandonnez smartphone, PC portable, et autres objets connectés dès votre arrivée et vous profitez d’un séjour de totale déconnexion !

 

Le conseil de votre pharmacien Giphar

Pensez à l’aromathérapie pour déconnecter en douceur
Comme tout sevrage, la déconnexion peut être source d’anxiété et de stress. Les huiles essentielles peuvent vous aider à déconnecter en douceur. Le basilic peut aider pour tout type de dépendance. Diffusées ou inhalées, la lavande, l’orange ou l’ylang-ylang apaisent les angoisses. Demandez conseil à votre pharmacien.

Pour aller plus loin : « Un monde meilleur ? Survivre dans la société numérique », de Thierry Venin, Éditions Desclée De Brouwer

Source
1. ICD-11 for Mortality and Morbidity Statistics
2. Reporting Digital 2020 France par Hootsuite et WeAreSocial
3. CSA - L'équipement audiovisuel des foyers aux 1er et 2e trimestres 2019 (TV)
4. Futura  Santé - Les écrans détruisent-ils le cerveau de nos enfants
5. Bruno Patino, auteur de "La Civilisation du poisson rouge", par Konbini
6. Axa Prévention - La sédentarité, un fléau silencieux lié aux activités sur écran
 

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Rédigé par :
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
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