Tout savoir sur l’hypertension orthostatique

Hypertension orthostatique

On parle d’hypertension orthostatique lorsque la tension artérielle augmente en passant de la position assise (ou couchée) à la position debout. Difficile à diagnostiquer, l’hypertension ne provoque pas toujours de symptômes. Survenant surtout chez les personnes âgées, l’hypertension orthostatique reste plus rare que l’hypotension orthostatique.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Quelle est la différence entre hypertension et hypotension orthostatique ? Quels sont les symptômes de cette maladie ? Et quels sont les traitements à envisager ?

 

Qu’est-ce que l’hypertension orthostatique ?

L’hypertension orthostatique correspond à une augmentation de la pression sanguine dans les artères, lorsque le patient se met en position debout. La pression artérielle systolique augmente d’au moins 20 mmHg, dans les 3 minutes qui suivent le passage en position verticale.

 

La tension artérielle : définition

Pour propulser le sang dans les artères, le cœur se contracte. Le sang est envoyé sous pression à travers les artères, pour qu’elles puissent l’acheminer jusqu’aux organes (pour leur apporter les nutriments et l’oxygène dont ils ont besoin). Lorsqu’il circule dans les artères, le sang exerce ainsi une pression sur la paroi artérielle : c’est la pression (ou tension) artérielle.


Si la pression peut varier en fonction des efforts et des heures de la journée (elle a tendance à baisser pendant la nuit, au repos), elle est normalement comprise entre 10 et 14 (pression maximale) et 6 et 8 (pression minimale). Elle est exprimée en cmHg (ou centimètres de mercure). Une tension de 12 - 8 cmHg est considérée comme normale.


La première mesure correspond à la pression artérielle systolique (lorsque le cœur se contracte pour éjecter le sang dans les artères), et la deuxième à la pression artérielle diastolique (lorsque le cœur se relâche, pour à nouveau se remplir de sang).

 

Causes et symptômes de l’hypertension en position debout

L’hypertension artérielle est diagnostiquée lorsque plusieurs mesures successives, effectuées en cabinet médical sur une période de 3 à 6 mois, révèlent une tension supérieure à 14 - 9 cmHg. Lorsqu’elle est mesurée à domicile (automesure tensionnelle), elle doit être inférieure à 13,5 - 8,5 cmHg (pour prendre en compte l’absence du phénomène « blouse blanche »).


Cette maladie n’est en général provoquée par aucune cause particulière (on parle alors d’hypertension artérielle de l’adulte « essentielle »). Dans certains cas - qui restent rares -, l’hypertension peut être provoquée par la prise de certains médicaments ou de toxiques, par une maladie (maladie des reins, apnées du sommeil…) ou par la grossesse. Les causes de l’élévation de la pression artérielle en position debout (hypertension orthostatique) restent aujourd’hui inconnues.


Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de voir sa tension artérielle augmenter : l’âge (facteur de risque prédominant dans les cas d’hypertension orthostatique), l’origine ethnique et les antécédents familiaux, une mauvaise hygiène de vie (mauvaise alimentation, alcool, tabac, vie trop sédentaire, absence d’activité physique régulière, niveau de stress trop élevé…), le surpoids ou l’obésité, de mauvais taux de cholestérol sanguin


Si l’hypertension orthostatique reste le plus souvent asymptomatique, elle peut être à l’origine de certains symptômes, peu caractéristiques : des maux de tête (céphalées), des vertiges et des palpitations, des acouphènes et des taches devant les yeux (phosphènes). Ces symptômes se manifestent dans les minutes qui suivent le passage en position debout.

 

Différence avec l’hypotension orthostatique

C’est quoi l’hypotension orthostatique ? Si l’hypertension orthostatique correspond à une augmentation de la pression artérielle au passage en position debout, l’hypotension orthostatique est quant à elle définie par une chute brutale de la tension en position verticale (également dans les 3 minutes qui suivent le changement de position). Plus fréquent, ce phénomène augmente en général avec l’âge.


Les symptômes de l’hypotension orthostatique peuvent être les suivants : une sensation de faiblesse ou de confusion au passage en position debout (provoquant parfois la chute du patient), des étourdissements et des vertiges, des bourdonnements d’oreille, une vision trouble


Les symptômes peuvent s’accentuer en cas d’effort ou après un repas copieux. En général, ils disparaissent rapidement en position couchée. Pour éviter l’hypotension orthostatique, il est recommandé de ne pas se lever de manière trop brusque et d’éviter de rester statique en position debout. Effectuer quelques pas permet d’améliorer le retour veineux (retour du sang vers le cœur), et d’éviter que la tension artérielle ne chute.

 

Pourquoi l’hypertension artérielle doit-elle être prise en charge ?

Lorsque le sang exerce une trop forte pression sur les parois des artères, ces dernières peuvent s’endommager et le cœur se fatiguer (il doit en effet fournir plus d’efforts pour propulser le sang vers les organes).


À long terme, l’hypertension artérielle peut donc être à l’origine de certaines complications cardio-vasculaires si elle n’est pas traitée : insuffisance cardiaque, hypertrophie du cœur, angine de poitrine, infarctus du myocarde (« crise cardiaque ») ou autre maladie du cœur, accident vasculaire cérébral (AVC), artérite des membres inférieurs… La maladie peut également provoquer des lésions au niveau des reins, voire une insuffisance rénale (surtout en cas d’hypertension artérielle associée à un diabète), et des lésions de la rétine, voire une cécité. L’hypertension artérielle peut enfin favoriser l’apparition d’une maladie dégénérative, comme la maladie d’Alzheimer par exemple.


En cas d’hypertension orthostatique, les risques de développer des troubles cardiovasculaires et un déclin cognitif sont également plus élevés. Pour éviter ces complications graves, la maladie doit donc être diagnostiquée le plus tôt possible, et un traitement adapté rapidement prescrit.

 

Comment le diagnostic est-il posé ?

L’hypertension artérielle est diagnostiquée à l’aide d’un examen simple et indolore. Réalisée par un médecin en cabinet médical, ou dans une pharmacie, la mesure de la tension artérielle est en effet rapide et facile à effectuer. La tension peut même être mesurée par le patient lui-même, à domicile.

 

Mesure de la tension artérielle par le médecin

L’appareil qui permet au médecin (ou au pharmacien) de mesurer la tension artérielle est un tensiomètre électrique. Placé autour du bras du patient, il se gonfle pendant plusieurs secondes jusqu’à serrer le bras, pour ensuite se dégonfler progressivement : la mesure s’affiche sur l’écran du tensiomètre.


Pour des résultats plus précis, la tension doit être mesurée plusieurs fois, au niveau des deux bras. Pour détecter une hypertension ou une hypotension orthostatique, le médecin effectue des mesures lorsque le patient est assis et au repos, puis dans les minutes qui suivent son passage en position debout. Il retient ensuite la moyenne de tous les chiffres relevés par l’appareil.


Pour que le diagnostic d’hypertension artérielle soit confirmé, plusieurs mesures de la pression artérielle doivent être effectuées à l’occasion de consultations successives, sur une période de 3 à 6 mois. Les mesures doivent à chaque fois révéler une tension trop élevée.


Dans certains cas, le médecin prescrit des examens complémentaires : dosage de la glycémie et bilan lipidique, électrocardiogramme de repos et / ou d’effort, écho-doppler du cœur et / ou des vaisseaux artériels, évaluation de la fonction rénale, fond d’œil… Ils lui permettent de vérifier l’absence d’éventuelles complications et, parfois, d’identifier la cause de l’hypertension.

 

Automesure tensionnelle à domicile

Lorsque les mesures effectuées par le médecin laissent suspecter la présence d’une éventuelle hypertension artérielle, ce dernier peut demander à son patient de mesurer lui-même sa tension, à domicile.


Les mesures sont réalisées à l’aide d’un autotensiomètre, à différentes heures de la journée (le matin et le soir), et pendant plusieurs jours. Pour en savoir plus sur l’utilisation de cet appareil, rapprochez-vous de votre médecin ou de votre pharmacien.

 

Quels sont les traitements prescrits ?

Plusieurs traitements permettent de faire baisser la pression sanguine dans les artères. Après avoir étudié le profil et le mode de vie de son patient, ses habitudes et ses éventuels facteurs de risque, le médecin peut l’orienter sur différents types de traitements.

 

Des nouvelles mesures hygiéno-diététiques

Pour limiter le risque de développer une hypertension artérielle, ou pour la traiter, il est recommandé de :

  • adopter une alimentation saine et équilibrée : boire suffisamment d’eau, éviter les aliments trop salés et les graisses animales, privilégier les aliments riches en fibres, les fruits, les légumes et les céréales… ;

  • contrôler sa prise de poids et retrouver un poids adapté en cas d’obésité (ou de surpoids) ;

  • arrêter de fumer et limiter sa consommation d’alcool ;

  • pratiquer une activité physique modérée de manière régulière (un sport d’endurance comme la course à pied, la natation ou le vélo, par exemple), marcher au moins 30 minutes par jour.


Pour éviter l’hypertension orthostatique, il est également conseillé de se relever doucement, sans faire de mouvements brusques pour passer en position debout.

 

La prise de médicaments antihypertenseurs

Plusieurs traitements médicamenteux peuvent également être prescrits pour soigner l’hypertension artérielle (seuls ou en association). Le médecin commence en général par prescrire un seul médicament. Si le traitement n’est pas efficace, il ajoute un médicament d’une autre classe.


Il peut ainsi avoir recours à :

  • des inhibiteurs calciques : ils aident à rendre les artères plus souples ;

  • des diurétiques thiazidiques : ils agissent sur les reins, et permettent d’éliminer le surplus de sel dans le corps ;

  • des bêta-bloquants : ils sont utilisés pour ralentir la fréquence cardiaque, et ainsi diminuer la pression exercée par le sang sur les parois des artères ;

  • des IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion) et des ARA 2 (antagonistes des récepteurs à l’angiotensine 2) : ils agissent sur les hormones qui régulent la tension artérielle (rénine et angiotensine).


Les effets secondaires de ces médicaments sont variables. En cas de doutes, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.


 


Encore embryonnaires, les études sur l’hypertension orthostatique envisagent jusqu’à présent des traitements par alpha-bloquants.

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 28/06/2021

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