Les différents stades de la BPCO

Les stades de la BPCO

Les stades de la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) caractérisent l’avancement de la maladie. À chacun d’eux correspond des signes chez le patient


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

On en dénombre cinq, du stade 0 (lorsque la maladie n’a pas encore été détectée) au stade 4, caractérisé par l’apparition d’une insuffisance respiratoire. C’est la spirométrie, un examen permettant de mesurer le souffle du patient, qui détermine le stade de la BPCO. Alors quels sont les symptômes de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, selon l’état d’avancement de la maladie ?

 

La BPCO, une maladie relativement méconnue

Peu connue du grand public, cette maladie touche en France 3,5 millions de personnes (c’est-à-dire 6 à 8 % de la population adulte). Dans notre seul pays, elle est responsable de nombreuses hospitalisations et près de 17.000 décès par an. Les projections de l’Organisation Mondiale de la Santé en font pour 2030 la troisième cause de mortalité dans les pays occidentaux.

 

Qu’est-ce que la BPCO ?

La broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie inflammatoire des poumons, caractérisée par une inflammation de la paroi interne des bronches. Progressivement, le calibre de ces dernières diminue : en conséquence, l’air pénètre dans les alvéoles pulmonaires mais éprouve des difficultés à en ressortir. Le débit d’air du poumon est ainsi limité.

 

La BPCO englobe deux maladies plus connues : la bronchite chronique et l’emphysème. Cette dernière est une maladie des alvéoles du poumon, qui, à force de s’épaissir, ne fonctionnent plus convenablement. Les échanges vitaux entre l’air et le sang (le sang capte l’oxygène et rejette le gaz carbonique produit par l’organisme dans les alvéoles) sont ainsi perturbés.

 

La BPCO est une maladie qui évolue lentement et qui ne possède pas de signes spécifiques ou exclusifs. Elle est ainsi très souvent diagnostiquée après 40 ans. De nombreuses personnes (les trois-quarts environ) sont ainsi malades sans même le savoir. Chez les patients qui se savent atteints, le tiers d’entre eux pensent souffrir d’une maladie « ordinaire ».


Si, autrefois, les hommes étaient plus souvent touchés que les femmes, le nombre de cas semble aujourd’hui s’équilibrer entre les deux sexes. L’augmentation du tabagisme chez la femme et une plus grande sensibilité des bronches chez cette dernière permet d’expliquer ce rééquilibrage.

 

Comment reconnaître les symptômes d’une BPCO ?

Il est possible, avant de réaliser les examens prescrits, de confondre asthme et BPCO : les deux maladies sont en effet caractérisées par des signes d’essoufflement. Néanmoins, leur origine et leur évolution sont foncièrement différentes. Ainsi, si l’asthme est une réaction immédiate et limitée dans le temps (un quart d’heure environ), la broncho-pneumopathie chronique obstructive est chronique et irréversible : les lésions constatées au niveau des bronches ne pourront pas être réparées.


Il est particulièrement important de savoir reconnaître les premiers signes du développement d’une BPCO. En effet, cela permet de ne pas laisser cette maladie insidieuse se développer sans réagir. Le fait d’être essoufflé sans avoir pratiqué de sport à haute intensité, de tousser quasiment quotidiennement, notamment le matin, et de développer des bronchites à répétition doit vous alerter.


Tous ces signes ne sont pas nécessairement la preuve d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive. Néanmoins, ils ne doivent pas être pris à la légère. En cas d’apparition, de répétition ou de persistance de ces symptômes, il est fortement recommandé de consulter son médecin.
    

Les causes de la BPCO

Sans surprise, le tabac est responsable de quatre cas de broncho-pneumopathie chronique obstructive sur cinq. Il s’agit donc d’un facteur de risque extrêmement important. 15 à 20 % des fumeurs réguliers contractent la maladie, en règle générale après 20 ans de tabagisme.

 

Outre le tabac, il existe plusieurs autres facteurs susceptibles de favoriser le développement d’une BPCO. Ainsi, dans le cadre de certaines activités professionnelles, l’exposition prolongée à des polluants (solvants, ciments, vapeurs, produits irritants…) augmente les chances d’être atteint. Ceci est d’autant plus vrai chez les travailleurs tabagiques.


La malnutrition, une hygiène de mauvaise qualité ou plus généralement des conditions de vie peu favorables sont également des facteurs de risque. La pollution domestique, et notamment l’utilisation du bois et du charbon en cuisine ou pour se chauffer, favorisent également l’apparition de ce trouble. La pollution de l’air atmosphérique, notamment dans les grandes villes, est considérée comme un facteur aggravant de la BPCO.

 

Enfin, la génétique joue également un rôle important. Ceci explique l’apparition de la BPCO chez certaines personnes non fumeuses.
 

Les stades de la BPCO

A chaque stade de la maladie correspondent des symptômes spécifiques. Une spirométrie permet de définir à quel stade se trouve la personne diagnostiquée. Cet examen permet en effet de mesurer sa capacité respiratoire, en VEMS (volume expiratoire maximal par seconde).


Cette valeur est comparée à la capacité vitale du patient, c’est-à-dire à son volume pulmonaire mobilisable maximal. Si le rapport entre les deux données (VEMS/CVF, aussi appelé rapport de Tiffeneau) est inférieur à 70 %, le trouble respiratoire obstructif est alors démontré, sans qu’il soit nécessaire d’y associer des symptômes.


Quel que soit le stade de sa broncho-pneumopathie chronique obstructive, le patient peut être victime d’exacerbations. Il s’agit d’une aggravation des signes cliniques, en particulier de la toux, des crachats et de la dyspnée (essoufflement). Aux premiers stades de la maladie, ces exacerbations ne comportent pas de caractère de gravité. En revanche, si elles se produisent aux stades avancés de la maladie, elles nécessitent un traitement en urgence. Les patients souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive connaissent en moyenne deux exacerbations annuelles.


Notons qu’il existe, selon les études, quatre ou cinq stades de BPCO. Ceci est dû au fait que le stade 0, c’est-à-dire le stade à risque, n’est pas toujours pris en compte. Le traitement de la BPCO est envisagé en fonction du stade de la maladie.

 

  • Le stade 0

Le patient présente certains symptômes, comme une toux grasse épisodique et quelques crachats. Néanmoins, l’exploration fonctionnelle respiratoire est normale. Aucun traitement n’est associé à cet état, même si l’arrêt total du comportement tabagique est souhaitable.

 

  • Le stade 1

Il s’agit du stade léger. La maladie est diagnostiquée, ce qui marque une différence fondamentale avec le stade précédent.


Ici, le VEMS est supérieur ou égal à 80 % du volume pulmonaire mobilisable maximal. Dans la vie de tous les jours, le patient n’est pas à proprement parler affaibli. Les difficultés peuvent en revanche apparaître lors d’efforts conséquents. Au stade 1 de la BPCO, un traitement peut être envisagé.
 

  • Le stade 2

On parle ici d’un stade modéré. Certains symptômes chroniques peuvent apparaître. La VEMS est comprise entre 50 et 80 % du volume pulmonaire mobilisable maximal. Il est ici plus compliqué de faire entrer dans le poumon la quantité d’air suffisante au bon fonctionnement du corps. À l’expiration, l’air éprouve des difficultés à sortir des alvéoles : les poumons restent trop pleins. Il est alors de plus en plus compliqué pour l’air d’y pénétrer, et ainsi de renouveler l’oxygène dans le sang.


L’essoufflement devient de plus en plus problématique. Il survient au cours d’actions quotidiennes anodines comme, par exemple, monter un escalier. En cas de rhume ou d’infection respiratoire, plusieurs semaines peuvent être nécessaires pour récupérer totalement.

 

  • Le stade 3

Il s’agit ici du stade sévère de la maladie. La VEMS est comprise entre 30 et 50 % du volume pulmonaire mobilisable maximal.


La baisse des capacités physiques est ici évidente, et le besoin de reprendre son souffle très fréquent, même dans le cas de simples actions. Le calibre des bronches est très rétréci. On peut parler d’un véritable handicap respiratoire.

 

  • Le stade 4

C’est le stade très sévère du BPCO. La VEMS est inférieure à 30 % du volume pulmonaire mobilisable maximal.
Dans ce cas, la vie quotidienne du malade est très altérée. Des gestes très simples, comme s’habiller ou se déshabiller, deviennent difficiles à réaliser. Il n’est plus question d’aller travailler.


L’évolution du stade 4 conduit à une insuffisance respiratoire (dernier stade ou stade terminal de la BPCO). Le corps ne peut plus à lui seul assurer une oxygénation suffisante de l’organisme. Cette insuffisance respiratoire se traduit notamment par l’apparition d’une cyanose : l’extrémité des doigts et des lèvres se teinte de bleu.


Dans plus d’un cas sur deux, la personne qui souffre d’insuffisance respiratoire doit recourir à l’oxygénothérapie de longue durée (OLD), pour pallier le déficit d’oxygène. Ce traitement est loin d’être anodin pour le patient. Pour que des améliorations apparaissent, l’oxygénothérapie doit être pratiquée quotidiennement, durant 15 heures au minimum.


Si les contraintes sont importantes et chronophages, l’oxygénothérapie permet d’améliorer de façon significative la vie de la personne qui en bénéficie. Le corps de celle-ci reçoit ainsi la juste quantité d’oxygène dont il a besoin, et la sensation d’essoufflement disparaît. Un bienfait loin d’être négligeable, même si l’oxygénothérapie ne permet pas de guérir ou de ralentir l’évolution de la BPCO.


Il existe plusieurs modes d’administration. Récemment, des moyens peu encombrants pour délivrer de l’oxygène se sont développés (pour une durée limitée dans le temps bien entendu). Cela permet au patient de continuer à sortir fréquemment de son domicile, et de maintenir un lien social avec son entourage. Un atout très important pour le moral et l’équilibre psychologique.


Avoir recours à l’OLD nécessite de tenir compte de certaines précautions d’usage. Il convient par exemple de ne jamais approcher la source d’oxygène d’une matière combustible. Fumer à proximité de celle-ci (c’est-à-dire dans la même pièce) est totalement prohibé.
 

Pour aller plus loin, lire aussi :

BPCO : symptômes de la maladie

BPCO : quel traitement ?

BPCO : l’oxygénothérapie en cas d’insuffisance respiratoire
 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 10/06/2020

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