BPCO : quel traitement ?

BPCO : quel traitement ?

Le traitement de la BPCO ne fait pas disparaître l’obstruction des bronches, caractéristique de cette maladie. Néanmoins, certaines mesures permettent d’une part de limiter le développement de la broncho-pneumopathie chronique obstructive et, d’autre part, d’améliorer la qualité de vie de la personne atteinte


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Alors comment soigner une broncho-pneumopathie chronique obstructive ?

Quand doit-on consulter ?

Pour pouvoir bénéficier d’un traitement adapté, il faut avant tout que la maladie soit diagnostiquée. Il est particulièrement important de consulter dès les premiers symptômes.

Qu’est-ce qu’une broncho-pneumopathie chronique obstructive ? La BPCO est une maladie insidieuse, qui évolue lentement et dont les signes ne sont pas toujours alarmants. Ainsi, elle est souvent décelée tardivement. De nombreuses personnes sont atteintes de BPCO sans le savoir. On estime que trois personnes malades sur quatre ne le savent pas, et que la moitié des malades ne sont pas pris en charge de façon optimale.

Il faut donc prendre contact avec son médecin dès l’apparition de certains symptômes, afin d’éviter une aggravation de la maladie et d’éventuelles complications. On parle ici d’une toux fréquente, d’expectorations et d’un essoufflement anormal (chez une personne d’âge moyen, avec une bonne condition physique).

Les traitements de la BPCO en fonction du stade de la maladie

L’évolution de la BPCO passe par plusieurs stades. À chacun d’eux correspondent des symptômes et des traitements associés.

Les différents stades de la BPCO

L’évolution de la BPCO passe par plusieurs stades, numérotés de 1 à 4. Cette numérotation croissante correspond à leur ordre de gravité. C’est un examen appelé spirométrie qui permet de définir le stade de la maladie.

  • Stade 1, ou stade léger

Ce stade est le premier chez les personnes atteintes de la maladie. Le VEMS (Volume expiratoire maximal par seconde) des patients au stade 1 (mesure relevée pendant la spirométrie) est dans ce cas supérieur ou égal à 80 % de la valeur prédite. Les symptômes identifiés sont la toux et des crachats. L’impression d’essoufflement n’est pas présente dans la vie de tous les jours, mais seulement en cas d’activité physique importante.

  • Stade 2, ou stade modéré

Au stade 2, le VEMS est compris entre 50 et 80 % de la valeur prédite. Une toux et des expectorations sont présentes. Des difficultés respiratoires et un certain essoufflement peuvent survenir lors d’activités physiques quotidiennes. Si une infection respiratoire est diagnostiquée, le délai pour en guérir est anormalement long.

  • Stade 3, ou stade sévère

Le VEMS est ici compris entre 30 et 80 % de la valeur prédite. La vie quotidienne est dégradée. La sensation d’essoufflement se fait très fréquemment ressentir, même pendant des activités banales.

  • Stade 4, ou stade très sévère

Au stade 4, le VEMS est inférieur à 30 % de la valeur prédite. Les actions du quotidien deviennent difficiles à accomplir, même les plus anodines (se laver, s’habiller…).

 

Les traitements principaux

Le premier traitement de fond de la BPCO est à la fois le plus logique et le plus important. Il s’agit d’arrêter de fumer.
 

L’arrêt du tabac

On ne parle pas ici d’une diminution du tabagisme mais bien d’un arrêt total. Ce sevrage est indispensable : en effet, c’est lui qui donne les meilleurs résultats dans les premiers stades de la broncho-pneumopathie chronique obstructive. La dyspnée ressentie lors d’un effort diminue, allant même parfois jusqu’à entièrement disparaître. La baisse du VEMS, inéluctable avec l’âge mais accélérée chez les patients atteints de BPCO, ralentit. Elle revient parfois au même niveau que celui des personnes non tabagiques.

Notons que l’arrêt du tabac, s’il représente un gain très important au début de la maladie, n’est pas non plus négligeable lors des stades avancés. Dans ces cas-là, l’évolution de la BPCO est freinée, même s’il est illusoire de penser à une réversibilité.

Pour les patients qui éprouvent de grandes difficultés à se passer de nicotine, il est judicieux de consulter un spécialiste pour prendre connaissance des aides disponibles. Les substituts nicotiniques donnent en général de bons résultats, quelle que soit leur forme (patch, gommes, comprimés, inhalateurs…). Il en est de même pour le buproprion, qui permet de doubler les chances de succès. Ce médicament ne peut être obtenu que sur prescription médicale.

Les méthodes parallèles, telles que l’hypnose, l’acupuncture ou l’auriculothérapie n’ont pas prouvé leur efficacité. Quoi qu’il en soit, le succès de l’arrêt du tabac dépend essentiellement de la volonté du patient, au-delà des aides existantes.

Les patients chez lesquels la maladie a été détectée sont plus sensibles aux infections respiratoires. C’est pourquoi il est indispensable de les vacciner annuellement contre la grippe et contre les infections à pneumocoques (une fois tous les cinq ans).

Les bronchodilatateurs permettent de dilater les bronches et de mieux respirer, grâce à un meilleur passage de l’air. Le plus connu et le plus ancien est la Ventoline. Elle est très souvent utilisée par les asthmatiques. Si elle est connue pour agir rapidement, son effet est néanmoins limité dans le temps. En cas de BPCO, les bronchodilatateurs sont utilisés lors de difficultés respiratoires passagères ou en prévision d’une activité physique.

Les bons gestes au quotidien

Il est également possible de traiter la BPCO en adoptant des mesures de bon sens. Ces mesures permettent en tout cas de lutter contre une aggravation des symptômes.

Il est ainsi recommandé de pratiquer une activité physique régulière. Au stade 1 de la maladie, il est tout à fait possible de faire régulièrement de l’exercice, en prenant garde de ne pas débuter l’effort de façon trop brutale. La marche, le fait de faire travailler les muscles de son corps et la surveillance de son poids sont d’excellentes pratiques. Dans les stades plus avancés de la maladie, on adapte logiquement l’effort en fonction de son état.

Dans la mesure du possible, il convient de se prémunir du tabagisme passif et de privilégier les atmosphères saines, en évitant fumées ou vapeurs. À ce titre, il faut faire la cuisine dans un espace bien ventilé ou bien aéré. Si le domicile est chauffé au bois ou au pétrole, il convient de ne pas rester dans un lieu confiné : il est préférable d’ouvrir une fenêtre ou une porte. Au contraire, en cas de pollution manifeste de l’air extérieur, il est recommandé de fermer les fenêtres et d’éviter toute activité physique à l’extérieur.
 

Les traitements spécifiques

Les traitements médicamenteux pour la BPCO, comme les bronchodilatateurs, ont déjà été évoqués. En fonction de la gravité des symptômes, ils peuvent être de courte ou de longue durée. Il existe deux sortes de médicaments : les béta-mimétiques et les anticholinergiques.
Lors des exacerbations importantes, on leur associe parfois des corticoïdes.

La réhabilitation respiratoire avec un kiné devient pertinente lorsque le malade ne peut plus faire d’efforts importants ou lorsqu’il se retrouve gêné dans ses activités quotidiennes. Elle intervient généralement à partir du stade 2 de la broncho-pneumopathie chronique obstructive. Elle consiste en la réalisation d’exercices musculaires et en des séances de kinésithérapie respiratoire, pour améliorer l’expectoration et la ventilation.

Dans les stades les plus avancés, la BPCO conduit à une insuffisance respiratoire chronique. Les poumons sont incapables d’apporter suffisamment d’oxygène aux cellules. Dans plus d’un cas sur deux, une oxygénothérapie (ou une assistance ventilatoire) est mise en place, pour une durée minimale de 15 heures par jour (incluant le temps de sommeil). Le traitement de la BPCO à l’aide d’oxygène permet au malade de mieux vivre au quotidien.

Dans certains cas rares, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Une forme spécifique de la maladie, caractérisée par la présence de bulles importantes dans le haut des poumons, nécessite ainsi une chirurgie de l’emphysème. Cette dernière améliore la situation du patient, mais de façon malheureusement provisoire. La transplantation pulmonaire intervient dans des cas particuliers, et exclusivement chez de jeunes malades à des stades avancés.

L’éducation thérapeutique du patient

L’ETP joue un rôle important dans le rapport du patient avec la BPCO, et lui permet d’optimiser sa qualité de vie lorsqu’il en est atteint. Elle fait partie du parcours de soins, et elle est définie après une évaluation avec le patient. Cette évaluation permet de définir ce qu’il sait de la maladie, ce qu’il convient de faire en fonction des situations, et les connaissances à acquérir.

L’ETP concerne le malade, bien entendu, mais également son entourage. Elle se réalise sous forme de séances individuelles ou collectives, qui peuvent se faire à l’hôpital lors d’une consultation, ou à domicile.

À l’issue de l’ETP, les objectifs qui doivent être atteints sont multiples.
Le patient doit théoriquement :

  • connaître et comprendre sa maladie en profondeur. Les traitements de fond doivent être assimilés (quel est leur intérêt ?) et distingués des traitements de crise ;

  • avoir assimilé les dangers du tabac, de même que les traitements susceptibles d’aboutir à un sevrage complet ;

  • reconnaître les signes avant-coureurs d’une exacerbation et être capable d’y faire face. En cas de hausse significative de l’essoufflement, des crachats ou de la toux, il doit apporter la réponse appropriée en adaptant son traitement, en alertant son médecin traitant (ou son pneumologue) ou en ayant, le cas échéant, recours aux urgences (notamment en cas d’apparition de symptômes pouvant survenir à des stades très avancés de la BPCO : œdèmes des chevilles, cyanose, dyspnée sans aucune activité) ;

  • maîtriser les techniques d’inhalation et de désencombrement des bronches ;

  • être capable de mettre en place un programme physique quotidien pertinent, en fonction de son état ;

  • savoir adopter un régime alimentaire adapté à ses besoins nutritionnels ;

  • savoir dans quels cas utiliser l’oxygénothérapie et la ventilation non invasive. Et, le cas échéant, être capable d’utiliser les appareils.

Les médicaments non recommandés

Les bêtabloquants sont susceptibles, chez certains patients, d’augmenter l’obstruction des bronches. Ils doivent donc être prescrits avec prudence, et uniquement lorsqu’il n’existe pas d’autre alternative. Dans tous les cas, une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) doit accompagner le traitement.

Les sédatifs ont pour effet de diminuer l’amplitude des respirations. Ils peuvent ainsi nuire à l’évacuation des sécrétions et aggraver la situation des patients souffrant d’insuffisance respiratoire.

Les antitussifs ont pour effet d’empêcher le malade de tousser. Ceci est problématique car la toux, justement, permet d’éliminer les sécrétions bronchiques. Si celles-ci s’accumulent, la respiration est de plus en plus difficile. Les antitussifs ne sont donc pas indiqués dans le traitement de la BPCO.

 

Pour aller plus loin, lire aussi :

BPCO : symptômes de la maladie

BPCO : l’oxygénothérapie en cas d’insuffisance respiratoire
 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 05/06/2020

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