Maladie de Parkinson : quels sont les symptômes ?

Maladie de Parkinson : quels sont les symptômes ?

 

Tremblements au repos, raideur musculaire et lenteur de certains mouvements… La maladie de Parkinson est une maladie neurologique dégénérative, qui provoque des symptômes caractéristiques. Ils se manifestent en général après 65 ans, et peuvent être précédés de certains signes avant-coureurs. Certains traitements permettent de les prendre en charge.


Alors quelles sont les causes de cette maladie chronique ? Comment et à quel âge apparaissent les premiers symptômes de la maladie de Parkinson ? Et comment réagir ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?

Touchant plus de 200 000 personnes en France (et près de 5 millions de personnes dans le monde), la maladie de Parkinson est une maladie chronique du système nerveux. Due à la destruction de certains neurones spécifiques (on parle aussi de maladie neuro-dégénérative), elle provoque l’apparition de troubles moteurs.

Une maladie neuro-dégénérative

La maladie de Parkinson est due à la destruction progressive des neurones à dopamine (neurones dopaminergiques). Ces cellules nerveuses produisent et libèrent la dopamine, un neurotransmetteur qui permet aux cellules nerveuses de communiquer entre elles, notamment pour effectuer et contrôler les mouvements du corps.


Ces neurones se situent dans la substance noire du cerveau (aussi connue sous le terme de « locus niger »), au cœur du tronc cérébral (sous le cerveau, au-dessus de la moelle épinière et en avant du cervelet).


Cette population spécifique de neurones est impliquée dans toutes les activités qui comportent des mouvements du corps (marche, posture, parole, écriture…). Lorsque ces cellules sont détruites, la production de dopamine chute et des mouvements involontaires apparaissent.

 

Ces symptômes moteurs commencent à se manifester lorsque 50 à 70 % des neurones à dopamine sont détruits. C’est en général à ce moment-là que la personne consulte et que le diagnostic est posé, autour de l’âge de 58 ans en moyenne. Si la maladie débute la plupart du temps entre 55 et 65 ans, elle peut se manifester après 75 ans, et rarement avant 45 ans (il s’agit alors d’une maladie rare).

 

Dans certains cas, d’autres réseaux de neurones peuvent être atteints. Les symptômes qui apparaissent ne peuvent alors pas être reliés à un déficit en dopamine (symptômes non-moteurs), et le traitement mis en place reste parfois inefficace.

 

Des causes encore inconnues

Si les causes de la maladie de Parkinson restent encore incertaines, certaines hypothèses commencent à être avancées.


L’âge reste l’un des principaux facteurs de risque de cette maladie. En effet, c’est souvent le vieillissement qui provoque la destruction des cellules nerveuses. Mais la maladie de Parkinson pourrait également être due à l’existence combinée de facteurs environnementaux et génétiques prédisposants chez certaines personnes.


Parmi les principaux facteurs environnementaux pouvant être en cause, on retrouve l’exposition importante et prolongée à des produits chimiques en milieu industriel (solvants organiques, métaux lourds, manganèse), et l’exposition à des pesticides ou la consommation d’eau de puits dans les milieux ruraux.


Dans 15 % des cas, il existe des antécédents familiaux (si certains cas ont été isolés, la maladie de Parkinson est rarement héréditaire).

Quels sont les symptômes de la maladie de Parkinson ?

La maladie de Parkinson provoque principalement des symptômes moteurs : des tremblements, une lenteur des mouvements et une raideur musculaire.


Cette maladie chronique se manifeste en général par l’apparition de signes avant-coureurs. Elle évolue lentement et progressivement, sur plusieurs années. Dans certains cas, d’autres symptômes peuvent se manifester.

Les premiers signes

Avant de provoquer ses symptômes neurologiques typiques, la maladie de Parkinson évolue pendant plusieurs années. Or, si la destruction progressivement des neurones passe en général inaperçue, elle peut parfois être à l’origine de plusieurs symptômes précoces.


Fatigue et difficultés à se concentrer, baisse de productivité dans les tâches quotidiennes, dépression… Ces premiers signes sont en général remarqués et analysés a posteriori (par la personne atteinte du syndrome parkinsonnien ou par son entourage), une fois le diagnostic posé.


La micrographie (une écriture qui devient de plus en plus petite si elle n’est pas interrompue) peut également être un signe avant-coureur. Si elle reste difficile à remarquer, il s’agit souvent de l’un des 1ers symptômes de la maladie de Parkinson.

Les principaux symptômes

La maladie de Parkinson provoque trois symptômes principaux, associés ou non, et d’intensité variable :

 

  • la lenteur des mouvements (ou akinésie) : il s’agit du symptôme le plus fréquent. La personne atteinte de la maladie de Parkinson a du mal à initier ou à coordonner certains mouvements (impression de fatigue ou d’engourdissement, sensation d’être bloqué dans le mouvement…). Il s’agit en général des mouvements les plus complexes (qui demandent de la précision, supposent la coordination de plusieurs membres ou sont censés être semi-automatiques comme la marche…). C’est cette lenteur des mouvements qui provoque deux des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson : la micrographie et la perte du mouvement de balancier des bras lors de la marche ;

  • une raideur des mouvements (ou rigidité musculaire) : les muscles sont tendus et les mouvements sont encore plus difficiles. Cette tension musculaire excessive peut provoquer des crampes et des douleurs tendineuses. La rigidité musculaire se concentre en général le long de la colonne vertébrale et au niveau des articulations. La personne atteinte de la maladie de Parkinson a tendance à adopter une posture crispée et voûtée au repos, avec la tête baissée en avant ou sur le côté ;

  • un tremblement au repos : il s’agit du symptôme le plus connu de la maladie de Parkinson (même s’il n'est pas systématique). Le tremblement est lent, peu ample et régulier. Il touche une partie du corps au repos, et cesse dès qu’il entre en mouvement. Intermittent, ce symptôme ne se manifeste en général que d’un seul côté du corps, au niveau d’un membre supérieur. Le plus souvent, ce sont la main et le poignet qui tremblent (il peut parfois s’agir du pied).


Les symptômes commencent par se manifester du côté droit ou gauche du corps. Ils évoluent ensuite de manière bilatérale, mais restent toujours plus prononcés d’un côté que de l’autre (asymétriques).

Les autres symptômes

À un stade plus avancé, la maladie de Parkinson peut aussi être à l’origine d’autres symptômes :

 

  •  des troubles de la motricité : des difficultés à la marche, des piétinements, une jambe traînante ou de véritables blocages lors de la marche (« freezing », notamment au démarrage de la marche ou avant d’effectuer un demi-tour). La personne qui souffre de la maladie de Parkinson peut aussi présenter des troubles de l’équilibre, qui peuvent être à l’origine de chutes ;

  • des troubles de la déglutition (difficultés pour mastiquer et avaler), des troubles digestifs (hypersalivation, constipation), un amaigrissement, des troubles urinaires (envies pressantes, fuites urinaires), un état de fatigue intense, des troubles du sommeil (réveils nocturnes et réveils trop matinaux), des troubles de la vigilance, des douleurs chroniques, des troubles de la sexualité (augmentation de la libido et hypersexualité) ;

  • un état dépressif (la dopamine a également un effet sur la régulation de l’humeur), une perte d’énergie, un manque de motivation et d’initiative, une hyperémotivité et une sensibilité exacerbée, du stress et de l’anxiété.

 

Comment réagir ?

Le diagnostic de la maladie de Parkinson permet de prendre en charge et de soulager une partie des symptômes, via un traitement adapté. Il est donc recommandé de consulter dès l’apparition des premiers symptômes.

 

Consultation médicale et diagnostic de la maladie

Le médecin interroge le patient et son entourage sur ses symptômes (circonstances d’apparition, fréquence, gênes ressenties au quotidien). Il réalise également un examen clinique complet. Aucun examen sanguin ne permet de confirmer le diagnostic de la maladie, et les examens d’imagerie ne sont en général pas nécessaires (sauf lorsque le médecin souhaite écarter d’autres pathologies).


Un neurologue est souvent consulté avant la mise en place du traitement. Le diagnostic de la maladie n’est confirmé que plusieurs mois après le début du traitement, lorsque ce dernier permet d’améliorer les symptômes.

 

Mise en place d’un traitement

Le traitement de la maladie de Parkinson vise d’abord à ralentir son évolution. Les médicaments prescrits permettent de compenser le déficit en dopamine du cerveau (et parfois de ralentir la destruction des neurones chargés de la produire).


Précurseur de la dopamine, la L-dopa se transforme en dopamine lorsqu’elle atteint le cerveau (ses effets ont tendance à diminuer avec le temps). Les agonistes dopaminergiques se fixent quant à eux sur les récepteurs de la dopamine, pour y produire les mêmes effets. D’autres médicaments peuvent être prescrits (inhibiteurs de la monoamine oxydase de type B ou IMAO-B, inhibiteurs de la catéchol-O-méthyl transférase). Ils présentent néanmoins d’importants effets secondaires.


Le traitement de la maladie a également pour objectif de soulager ses symptômes. Pour cela, plusieurs mesures hygiéno-diététiques sont mises en place.


Des séances de kinésithérapie permettent également d’entretenir les muscles et les articulations (une prise en charge indispensable pour la marche et l’équilibre, et pour éviter les chutes).

 

Évolution de la maladie

Le traitement mis en place est particulièrement efficace pendant les premières années (entre 5 à 7 ans en moyenne).


Des complications musculaires et motrices ont en général tendance à apparaître ensuite.


Les symptômes s’aggravent (tremblements, raideur musculaire et lenteur des mouvements), avec un effet « on-off » : particulièrement handicapants au cours des phases « off », ils peuvent nettement diminuer pendant les phases « on ». Le traitement doit alors être ajusté.

 

Sources :
https://www.franceparkinson.fr/la-maladie/symptomes/
https://www.franceparkinson.fr/la-maladie/

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 13/04/2022

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