Migraine : comment traiter ces maux de tête intenses ?

Quels traitements pour la migraine ?

Fréquente mais sans gravité, la migraine se manifeste par l’apparition de maux de tête pulsatiles douloureux, sur une période plus ou moins longue. Lorsque les crises sont particulièrement intenses ou fréquentes, la maladie peut avoir un fort retentissement sur la qualité de vie au quotidien. S’il n’existe aujourd’hui aucun traitement efficace sur le long terme contre la migraine, certains gestes simples et plusieurs médicaments permettent néanmoins de soulager les douleurs et de prévenir l’apparition des crises.

Alors comment reconnaître les symptômes d’une migraine ? Quels sont les médicaments indiqués pour traiter une migraine ? Et comment soigner une très forte migraine ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

La migraine, des maux de tête intenses à répétition

Différente d’un simple mal de tête, la migraine se traduit par l’apparition de céphalées ou maux de tête intenses et pulsatiles, et peut parfois provoquer d’autres symptômes. Survenant par crises, elle est souvent favorisée ou aggravée par certains facteurs extérieurs.

 

Quels sont les symptômes d’une migraine ?

Modérée ou intense, la douleur provoquée par la migraine ne touche en général qu’un seul côté de la tête (douleur unilatérale, souvent au niveau d’une tempe ou au-dessus d’un œil). Elle peut aussi être localisée sur les deux côtés, à l’arrière ou sur l’ensemble du crâne. Elle se manifeste sous forme de pulsations douloureuses, qui semblent s’accorder avec les battements cardiaques (on parle de douleurs pulsatiles). La douleur progresse rapidement, et peut être accentuée par les activités physiques du quotidien (bouger la tête, monter un escalier, tousser…).

 

En plus de ces céphalées intenses, la migraine peut provoquer l’apparition d’autres symptômes :

  • des symptômes digestifs (nausées et vomissements, avec un visage pâle) ;

  • des symptômes neurologiques, avec une sensibilité accrue à la lumière ou au bruit (photophobie ou phonophobie), et parfois aux odeurs.

 

La migraine peut parfois être précédée de certains signes annonciateurs (« aura »), qui peuvent durer de quelques minutes à une heure : des troubles de la vue (voile noir, taches colorées, scintillements ou lignes brisées), des troubles de la sensibilité (picotements des doigts ou des lèvres), des difficultés d’élocution, une perte d’équilibre, des vertiges… On parle alors de migraine avec aura. Lorsque les troubles de l’aura sont uniquement visuels, on parle de migraine ophtalmique.

 

Les crises de migraine peuvent être d’intensité variable (plus ou moins douloureuses). Elles apparaissent de manière récurrente (de quelques crises par an à plusieurs par mois, sans aucun symptôme entre deux crises). Si elles ne sont pas prises en charge et soulagées, elles peuvent durer entre quelques heures et quelques jours. Lorsque les crises migraineuses surviennent à répétition, on parle de maladie migraineuse.

 

Causes et facteurs déclencheurs

La douleur de la crise de migraine est due à la dilatation brutale de certains vaisseaux du cerveau (les artères des méninges, notamment). Cette dilatation est provoquée par une stimulation des cellules nerveuses (avec une hyperexcitabilité électrique des neurones sensoriels), liée à une prédisposition génétique. Les crises de migraine touchent les personnes dont le système nerveux est particulièrement sensible.

 

Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou favoriser l’apparition des crises de migraine :

  • le stress et l’anxiété, une relaxation soudaine (à la fin de la semaine, par exemple), une contrariété, un manque de sommeil (dont l’insomnie) ou un excès de sommeil ;

  • une alimentation déséquilibrée (un repas trop copieux ou un repas sauté), la consommation de certains aliments ou substances excitantes (chocolat, tabac, café, alcool, aliments qui contiennent de la tyramine, des nitrates ou du GMS…), la surmédication d’antimigraineux ;

  • le bruit, la lumière (crue ou clignotante, notamment), de fortes odeurs ;

  • l’augmentation des taux d'œstrogènes pendant la puberté, ou leur diminution brutale à la fin du cycle menstruel chez la femme (on parle alors de migraine menstruelle ou cataméniale) ;

  • certaines conditions météorologiques (une chute brutale de la pression atmosphérique, avant l’arrivée de la pluie).

 

Comment traiter une migraine ?

Plusieurs gestes simples permettent de soulager les douleurs de la migraine. Il est aussi possible de prendre certains médicaments pour traiter rapidement les symptômes de la crise de migraine. Supprimer les facteurs favorisants et suivre un traitement de fond permet enfin de diminuer les récidives.

 

Adopter les bons gestes dès le début de la crise

Plusieurs gestes simples peuvent aider à soulager les maux de tête intenses et pulsatiles provoqués par la crise de migraine. Dès l’apparition des premiers symptômes, il est recommandé de :

  • s’isoler dans une pièce calme et sombre, s’allonger, fermer les yeux et essayer de dormir ;

  • appliquer une compresse ou un linge froid sur la nuque, le front ou les tempes ;

  • boire de l’eau pour éviter la déshydratation (notamment en cas de vomissements) ;

  • prendre un bain chaud.

 

Pour soulager la crise de migraine chez l’enfant ou le bébé, il est conseillé de l’aider à s’endormir rapidement, dans un environnement calme et apaisant.

 

Soulager la douleur grâce aux médicaments

Deux types de médicaments permettent de traiter et de soulager les douleurs de la migraine (chronique ou non). Disponibles sans ordonnance, ils ne doivent pas être associés entre eux :

  • le paracétamol : ce médicament antalgique n’agit pas sur les symptômes ressentis avant la crise (signes annonciateurs, ou aura). D’autre part, il reste en général peu efficace sur les douleurs intenses des crises de migraine ;

  • un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) : l’ibuprofène ou le kétoprofène sont plus efficaces pour traiter les douleurs de la crise de migraine. Ce type de médicament ne doit néanmoins jamais être pris plus de 5 jours sans avis médical.

 

Pour être certain de profiter d’un maximum d’efficacité, il est recommandé de prendre le médicament antalgique le plus tôt possible, dès l’apparition des premiers signes de la crise migraineuse. La posologie et la dose maximale autorisée par jour doivent évidemment être respectées. Il faut également bien se renseigner sur les éventuelles contre-indications de ces médicaments. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.


 

Lorsque les crises de migraine sont trop intenses ou trop fréquentes (ou quand la migraine ne passe pas), il est recommandé de consulter son médecin traitant. En cas de crise de migraine sévère ou non soulagée par les AINS, le médecin peut prescrire un médicament de la famille des triptans (après avoir vérifié l’absence de contre-indications éventuelles, et informé son patient sur ses effets secondaires). Ces médicaments permettent de réduire la dilatation des vaisseaux sanguins cérébraux, et donc les douleurs de la migraine. Ils peuvent être associés à des AINS. En cas d’échec des autres traitements, le médecin peut également avoir recours à des dérivés de l’ergot de seigle (qui offrent un effet vasoconstricteur, mais présentent certains effets indésirables).

 

Pour traiter les douleurs de la migraine chez l’enfant, il est aussi possible de lui donner du paracétamol ou de l’ibuprofène (en cas de contre-indication). La dose administrée doit toujours correspondre à son poids (en respectant la dose maximum journalière autorisée et l’intervalle minimum entre deux prises). En revanche, il ne faut jamais donner d’ibuprofène à un enfant qui a la varicelle, ou qui présente des signes de déshydratation.

 

Suivre un traitement de fond pour limiter la survenue des crises

En cas de crises migraineuses fréquentes et handicapantes chez l’adulte, le médecin peut prescrire un traitement de fond, à prendre régulièrement. Il permet de rendre les crises de migraine moins fréquentes et moins douloureuses.

 

Parmi les traitements de fond de la migraine, on retrouve :

  • les bêtabloquants, utilisés principalement lorsque les migraines sont dues au stress et à l’anxiété, ou lorsque la personne est atteinte d’une maladie des artères coronaires ;

  • des antidépresseurs, prescrits à faible dose pour traiter les douleurs des migraines ;

  • des antiépileptiques, pour prévenir les crises de migraine (médicament de deuxième intention) ;

  • des anticorps monoclonaux, qui bloquent l’action d’une substance impliquée dans la survenue des crises de migraine sévères chez l’adulte. Prescrits par un neurologue, ils sont injectés par voie sous-cutanée (une fois par mois) ;

  • un traitement hormonal, lorsque les migraines sont liées au cycle hormonal (migraines cataméniales) : il consiste à administrer des œstrogènes par voie cutanée quelques jours avant la possible survenue de la crise. Il est aussi possible de prendre un traitement hormonal continu, pour bloquer l’ovulation.

 

L’efficacité du traitement de fond est évaluée trois mois après sa mise en place, notamment par le biais d’un agenda des migraines. Ce calendrier permet de noter la date, la durée et les circonstances de survenue de chaque crise, l’intensité de la douleur migraineuse et les médicaments pris (date et quantité).

 

Éviter les facteurs déclencheurs

Pour traiter la migraine et prévenir les récidives, il est enfin important d’adopter une bonne hygiène de vie et de limiter (ou supprimer) tous les facteurs favorisants :

  • dormir suffisamment, avoir des horaires de sommeil réguliers ;

  • limiter les sources et les situations de stress ;

  • se tourner vers des activités de relaxation, le biofeeback et les thérapies cognitives et comportementales : plusieurs techniques permettent de soulager les tensions musculaires, de diminuer le stress et de modifier l’activité des ondes cérébrales (la méditation, le yoga, la sophrologie…) ;

  • éviter les lieux bruyants et les ambiances lumineuses agressives (néons, lumière crue, lumières clignotantes en boite de nuit…) ;

  • adopter une activité physique régulière ;

  • arrêter de fumer ;

  • adopter une alimentation saine et équilibrée, et éviter certains aliments et substances excitantes (café, chocolat, alcool…).

 

Sources :

https://www.vidal.fr/maladies/douleurs-fievres/migraine/traitements-migraine.html

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/migraine/diagnostic-traitement

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-du-cerveau,-de-la-moelle-épinière-et-des-nerfs/céphalées/migraines

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 13/03/2023

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