Anémie pendant la grossesse : attention aux carences en fer !

Les problèmes d’anémie pendant la grossesse

Plus ou moins graves et faciles à détecter, plusieurs pathologies et problèmes de santé peuvent survenir chez la femme enceinte. Vous êtes particulièrement fatiguée et vous manquez d’entrain ? Vous souffrez de vertiges et n’avez plus d’appétit ? Vous êtes peut être anémiée. Les problèmes d’anémie sont en effet fréquents pendant la grossesse.
 


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce qu’une anémie exactement ? Pourquoi la grossesse a-t-elle tendance à favoriser son apparition ? Et comment la prévenir ?

 

L’apparition d’une anémie au cours de la grossesse

La grossesse provoque des modifications physiologiques chez la femme, qui peuvent être à l’origine de l’apparition de certains troubles. La femme enceinte peut notamment souffrir d’anémie. Explications.

 

Qu’est-ce que l’anémie ?

Les globules rouges du sang contiennent de l’hémoglobine. Constitué de fer, ce pigment assure le transport de l’oxygène dans l’organisme.


L’anémie se définit comme une baisse du taux d’hémoglobine, avec une valeur :

  • inférieure à 12 g/L pour les femmes ;

  • inférieure à 13 g/L pour les hommes.


Si elle passe parfois inaperçue, elle se manifeste en général par l’apparition de différents symptômes.

Elle se traduit le plus souvent sous forme de fatigue généralisée, physique et mentale. La personne anémiée est en général assez pâle et peut également souffrir de vertiges et de bourdonnements d’oreille, de céphalées, de troubles de l’humeur et d’une perte d’appétit et de poids. D’autres symptômes peuvent apparaître (fragilité des ongles et des cheveux, troubles cardiaques, gêne respiratoire pendant l’effort…).


Les causes de l’anémie sont multiples. Elle peut être due à d’abondants saignements, à une alimentation pauvre en fer, à une carence en vitamines, à certaines pathologies chroniques (comme l’insuffisance rénale par exemple), à des infections ou à des maladies héréditaires.

 

Identifier la cause de l’anémie permet de prescrire le traitement adapté. En cas de symptômes, il est donc indispensable de se rapprocher d’un médecin. Celui-ci prescrit une analyse de sang, et d’autres tests complémentaires si besoin.


Les femmes présentent un risque plus élevé de développer une anémie au cours de leur grossesse. En effet, 10 à 20 %(1)des femmes développent une anémie pendant le 3ème trimestre de leur grossesse. Cela signifie que leur taux d’hémoglobine dans le sang est trop bas. L’oxygène n’est pas transporté de manière optimale dans tout le corps : des vertiges et des maux de tête surviennent, la peau devient plus pâle et une sensation généralisée de fatigue physique et mentale apparait.

 

Pourquoi la grossesse favorise-t-elle son apparition ?

Pour produire des globules rouges, l’organisme doit recevoir plusieurs nutriments via l’alimentation : du fer, de la vitamine B12 et de la vitamine B9 (ou acide folique). Pendant la grossesse, ces besoins augmentent et peuvent provoquer une carence.


L’apparition de l’anémie chez la femme enceinte est le plus souvent due à un manque de fer (on parle d’anémie ferriprive). Pendant sa grossesse, ses besoins en fer sont plus élevés : il faut d’abord couvrir les besoins de son propre organisme, dont le volume sanguin augmente. Il faut également répondre aux besoins en fer liés à la croissance et au développement du fœtus, et au fonctionnement du placenta. Ainsi, plus la grossesse évolue et plus les mois passent, plus les besoins en fer augmentent. Si 1 mg de fer par jour suffit au 1er trimestre, la femme enceinte a besoin de 8 mg de fer au 3ème trimestre ! Or, les apports en fer via l’alimentation ne sont pas toujours suffisants.


L’anémie peut aussi être provoquée par une carence en vitamine B12 et en vitamine B9, ou acide folique. Essentiel à la croissance et à la maturation du fœtus, l’acide folique participe à son développement physiologique, à la production de son matériel génétique et au développement de son système nerveux. La carence en acide folique apparaît en général dès les premières semaines de grossesse.


D’autres facteurs peuvent également favoriser l’apparition d’une anémie chez la femme enceinte : une grossesse gémellaire (des jumeaux), plusieurs grossesses rapprochées, des vomissements fréquents liés à des nausées, la prise de certains médicaments (anti-inflammatoires non stéroïdiens), des infections et autres pathologies

 

Quels risques ?

L’hémoglobine permet de transporter l’oxygène vers tous les organes de la femme enceinte, et vers le fœtus in utero. Via les échanges placentaires, elle permet également d’apporter les nutriments indispensables à la croissance et au développement du fœtus.


En plus des nombreux effets désirables cités plus haut (fatigue, vertiges, maux de tête), l’apparition d’une anémie pendant la grossesse peut donc entraîner certaines complications :

  • pour la femme enceinte : en cas de sévère carence en fer, la mère peut moins bien tolérer les pertes sanguines de l’accouchement. Elle présente alors plus de risques d’avoir besoin d’une transfusion sanguine ;

  • pour le bébé : l’anémie pendant la grossesse peut avoir des conséquences sur le bébé. Elle pourrait notamment favoriser la prématurité du bébé, un faible poids de naissance et l’apparition d’une anémie chez l’enfant.


Toutefois, ces risques dépendent étroitement du degré de sévérité de l’anémie, de son ancienneté, de ses causes et de son mode d’installation.

 

Comment prévenir l’anémie ?

Certaines précautions et une bonne alimentation aident à limiter le risque de développer une anémie avant ou pendant sa grossesse.

 

Savoir si vous êtes une personne à risque

Pour prendre toutes les précautions nécessaires, vous pouvez d’abord déterminer si vous êtes une personne à risque.

Les facteurs de risque d’anémie sont les suivants :

  • des pertes de sang importantes, pouvant être liées à un dispositif intra-utérin au cuivre (stérilet au cuivre) ;

  • des troubles du cycle menstruel (fréquents chez les adolescentes) ;

  • des grossesses nombreuses et rapprochées, qui n’ont pas permis à l’organisme de la mère de reconstituer un stock de fer suffisant ;

  • une grossesse gémellaire (les besoins en fer augmentent pour assurer la croissance et le développement des deux fœtus) ;

  • un défaut d’absorption du fer, qui peut être provoqué par un cancer, une maladie intestinale chronique (maladie de Crohn), une ablation d’une partie de l’intestin… ;

  • des apports nutritionnels en fer insuffisants, notamment en cas de régime végétalien ou végétarien. Une mauvaise alimentation peut aussi être à l’origine d’une carence en fer (pour les femmes issues de pays en voie de développement ou dans des situations de précarité socio-économique).


Si vous êtes concernée par l’un de ces facteurs de risque, ou que vous avez déjà souffert d’anémie par le passé, parlez-en à votre médecin dès le début de votre grossesse (ou même avant de lancer votre projet de grossesse !).

 

Vérifier une éventuelle carence en fer dès le début de grossesse

Jusqu’à 40 % des femmes en âge de procréer ont un taux de ferritine sérique inférieur à 30 g/l, ce qui traduit l’effondrement de leurs réserves en fer. S’il est obligatoire au cours du 6ème mois de grossesse, le dépistage de l’anémie est fortement recommandé dès la première consultation (et même avant la conception).


Réalisé grâce à une simple prise de sang (dosage de l’hémoglobine via une NFS - Numération Formule Sanguine, ou hémogramme), ce bilan des réserves en fer permet de mettre en place une supplémentation adaptée si nécessaire, dès les premiers mois de grossesse. Cela évite ainsi qu’il ne soit trop tard pour rétablir un taux de fer satisfaisant au moment de l’accouchement.

 

Opter pour une alimentation riche en fer

Heureusement, la nature est bien faite ! En effet, si les besoins en fer augmentent au cours de la grossesse, l’organisme de la femme enceinte s’adapte et mobilise ses réserves en fer. Parallèlement, il augmente sa capacité à l’assimiler (absorption intestinale). D’autre part, le fait que les règles s’arrêtent pendant la grossesse contribue également à réduire ces pertes en fer. Grâce à ces différents mécanismes, une alimentation équilibrée permet généralement aux femmes non carencées de subvenir aux besoins en fer d’une grossesse normale.


Pour stocker suffisamment de fer, tournez-vous vers une alimentation riche en fer : consommez des céréales complètes et des légumes secs, ainsi que de la viande rouge, du boudin noir ou du poisson. Très riche en fer, le poisson peut être consommé deux fois par semaine(2). Mais attention ! N’oubliez pas de bien le cuire, notamment pour éviter la contamination à la toxoplasmose et à la listériose. Certains légumes secs sont également naturellement riches en fer : les lentilles, les haricots secs, les pois chiches… Néanmoins, le fer d’origine végétale est moins bien absorbé par l’intestin que le fer d’origine animale.


Les aliments contenant de l’acide folique ou de la vitamine B12 (légumes verts, jaune d’œuf, lait, fromage…) sont également conseillés pendant la grossesse. Même si vous ne souffrez pas d’anémie, veillez toujours à adopter un régime alimentaire varié et équilibré.

 

Quel traitement ?


Le traitement de l’anémie dépend de sa cause, des symptômes et du moment de leur apparition pendant la grossesse.


Le médecin peut prescrire un traitement à base de vitamine B12 ou B9 (acide folique). Une supplémentation en acide folique est systématiquement prescrite à la femme enceinte, au début de sa grossesse.


La prise de médicaments peut aussi être envisagée. Dans les cas les plus graves, le médecin peut être amené à prescrire une transfusion sanguine.

 

Sources
(1)       Prepartum anaemia: prevention and treatment. Ann Hematol. 2008 Dec
(2)       Recommandations du Programme National Nutrition santé

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 19/11/2020

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