Brûlures superficielles : comment les soigner ?

Les brûlures superficielles

Une casserole d’eau bouillante renversée, un barbecue qui s’enflamme, une longue exposition au soleil sans protection… Pouvant survenir dans de nombreux contextes, les brûlures font partie  des accidents domestiques les plus courants. Elles peuvent être plus ou moins graves, et parfois nécessiter une hospitalisation. Mais même lorsqu’elles ne sont que superficielles, les brûlures supposent une prise en charge immédiate et adaptée.


Alors comment reconnaître une brûlure superficielle ? Que faire et comment apaiser ce type de brûlure ? Et dans quels cas consulter ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce qu’une brûlure superficielle ?

Une brûlure superficielle est une lésion de la peau qui n’atteint que l’épiderme, voire la couche superficielle du derme. Pouvant être provoquée par différents facteurs externes (éléments solides, liquides ou gazeux, rayonnements…), elle est plus ou moins douloureuse.

 

Une brûlure de l’épiderme et/ou de la première couche du derme

La peau est l’organe le plus étendu du corps humain. Remplissant plusieurs fonctions essentielles, elle participe notamment à la régulation de la température, et permet de protéger l’organisme contre les agressions extérieures et certains agents pathogènes. Elle est constituée de plusieurs couches de tissus : l’épiderme (la couche la plus externe), le derme (la couche médiane) et l’hypoderme (la couche la plus profonde).

 

On parle de brûlure « superficielle » lorsque la lésion atteint uniquement l’épiderme, ou la couche superficielle du derme. Il peut s’agir de :

  • une brûlure du 1er degré : elle n’affecte que l’épiderme et provoque des symptômes légers. La peau devient rouge et douloureuse. Elle est déshydratée (les brûlures superficielles provoquent une sécheresse cutanée) mais aucune cloque n’apparaît. Les coups de soleil sont par exemple des brûlures superficielles, du 1er degré ;

  • une brûlure du 2ème degré superficiel : elle atteint l’épiderme et la couche superficielle du derme. Rouge et extrêmement douloureuse, la peau suinte. Elle est gonflée et se couvre rapidement de petites cloques transparentes (qui contienne un liquide clair).


Une brûlure plus ou moins grave

Si la brûlure du 1er ou du 2ème degré occupe moins de 10 % de la surface corporelle totale, on parle aussi de brûlure mineure. Ce type de brûlure reste en général sans gravité, et n’entraîne pas de complications.

 

Pour évaluer l’étendue de la brûlure et calculer la surface de peau brûlée, le médecin peut utiliser deux méthodes :

  • chaque zone du corps représente un pourcentage de sa surface totale. Par exemple, chez l’adulte, un bras représente 9 % de la surface du corps, alors que la face postérieure du tronc (le dos) équivaut à 18 % de cette surface. Les pourcentages sont légèrement différents chez l’enfant (la surface de sa tête est proportionnellement plus importante) ;

  • la main (paume et doigts) représente 1 % de la surface corporelle totale (chez l’adulte, comme chez l’enfant).

 

La gravité d’une brûlure superficielle dépend également de l’âge de la victime (elle est plus grave chez un enfant de moins de 5 ans ou chez une personne âgée de plus de 60 ans), et de l’existence éventuelle d’une maladie chronique (diabète, maladie rénale, insuffisance cardiaque ou respiratoire, immunodépression…).
 

Par quoi peut-elle être causée ?

Des brûlures superficielles peuvent apparaître lorsque la peau entre en contact avec certaines substances : un produit chimique (contact avec un solvant, de l’eau de javel, de l’acide, de la soude…), l’électricité (contact avec un élément électrique défectueux, travaux sur une installation basse tension, intervention professionnelle sur un réseau haute tension…)… Une explosion ou une déflagration peut également être à l’origine d’une brûlure superficielle. 

 

Mais, la plupart du temps, les brûlures des couches superficielles de la peau (épiderme et couche superficielle du derme) sont causées par une chaleur extrême ou par des rayonnements :

  • une brûlure thermique survient après un contact avec du feu ou des braises (dans un incendie, ou lors d’un simple barbecue entre amis), avec un objet producteur ou conducteur de chaleur (une poêle très chaude, un fer à repasser, une plaque électrique ou un four en marche…), avec un liquide ou un gaz brûlant (de l’eau bouillante, de la vapeur brûlante…) ;

  • une brûlure par rayonnement est le plus souvent due à une exposition prolongée aux rayons UV du soleil (à l’air libre, dans une cabine de bronzage ou avec une lampe solaire). Les « coups de soleil » font ainsi partie des brûlures superficielles les plus fréquentes.

 

Une brûlure superficielle peut enfin être due au frottement de la peau contre une surface dure (le bitume d’une route par exemple). On parle aussi de brûlure par friction. 

 

Comment réagir ?

Avant de soigner une brûlure, il faut adopter rapidement certains réflexes. Il faut ensuite prendre en charge la douleur et panser la plaie à l'aide des bons produits de soin pour traiter la brûlure superficielle.

 

Les premiers gestes à effectuer

En cas de brûlure superficielle d’origine thermique, il est recommandé de procéder par étapes :

  • éloigner la victime de la source de chaleur, et sécuriser l’environnement (éteindre un départ de feu avec une couverture anti-feu ou un tissu en fibre naturelle, appeler les pompiers en cas d’incendie, débrancher un fer à repasser brûlant, éteindre des plaques électriques en fonctionnement…) ;

  • ne pas toucher la zone brûlée, et ne pas essayer de retirer les vêtements ou les tissus qui adhèrent à la peau ;

  • placer immédiatement la zone brûlée sous de l’eau tiède (entre 15 et 25 °C), pendant au moins 15 minutes (ou tant que la zone reste douloureuse). Attention : il ne faut jamais utiliser de glace ou d’eau glacée, au risque d’aggraver la brûlure et d’abîmer encore plus la peau ;

  • couvrir la zone brûlée avec un linge propre, sec et en coton (ne pas utiliser de tissu synthétique), sans la frotter. Cela permet d’éviter que la plaie ne se salisse ou s’infecte.

 

En cas de coup de soleil (avec une brûlure peu étendue, du premier degré ou du deuxième degré superficiel), il faut :

  • cesser immédiatement l’exposition au soleil ;

  • passer la zone brûlée sous de l’eau tiède (entre 15 et 25 °C), pendant au moins 15 minutes (ou tant que la zone reste douloureuse). Si le coup de soleil s’étend sur une grande partie du corps, il est aussi possible de prendre un bain tiède (jamais froid) ;

  • se réhydrater en buvant de l’eau ;

  • vérifier sa température (pour surveiller l’éventuelle apparition d’une insolation).

 

Brûlure thermique : quels traitements ?

Le traitement d’une brûlure superficielle consiste à :

  • refroidir la zone brûlée à l’eau tiède et sécher la peau sans la frotter (légers mouvements de tamponnement) ;

  • appliquer une crème ou une pommade protectrice, désinfectante ou cicatrisante (émulsion à base de trolamine, crème à base de glycérol/vaseline/paraffine liquide, de calendula, d’allantoïne/gaïazulène ou de sulfamides, pommade à base de baume de Pérou). Pour en savoir plus sur ces produits (et leurs éventuelles contre-indications), demandez conseil à votre pharmacien. N’appliquez jamais de beurre, d’huile ou de gras sur la brûlure ;

  • recouvrir la zone brûlée avec un pansement stérile (compresse ou gaze qui n’adhère pas à la peau), ou avec du tulle gras. Laissé en place pendant plusieurs jours sans être changé, un pansement hydrogel ou hydrocolloïde permet de protéger la brûlure et favorise la cicatrisation ;

  • prendre un médicament en cas de douleurs : plusieurs médicaments antalgiques peuvent aider à soulager les douleurs d’une brûlure (paracétamol, anti-inflammatoire non-stéroïdien comme l’ibuprofène). Avant toute auto-médication, rapprochez-vous de votre pharmacien.

 

S’il s’agit d’une brûlure du 2ème degré mineure (qui occupe moins de 10 % de la surface corporelle totale chez l’adulte, et moins de 5 % chez l’enfant), il est conseillé de consulter son médecin. Ce dernier pourra prescrire un traitement local supplémentaire (par exemple l’application d’un pansement antibactérien ou d’une crème antibiotique).

Une brûlure cutanée du 1er degré guérit normalement en moins d’une semaine. En cas de brûlure du 2ème degré superficiel, il faut plutôt compter deux à trois semaines. Ces brûlures superficielles ne laissent en général pas de séquelles.

 

Comment soigner un coup de soleil ?

Si le coup de soleil est responsable d’une brûlure du premier degré, il suffit d’appliquer une pommade spécifique. Là encore, votre pharmacien peut vous conseiller le produit le plus adapté.

 

Si le coup de soleil a provoqué une brûlure du deuxième degré superficiel, il faut aussi éviter que la plaie ne s’infecte. Pour cela, il est recommandé de nettoyer la brûlure avec du savon ou un produit antiseptique dédié. La zone brûlée doit ensuite être recouverte avec un pansement adapté (demandez conseil à votre pharmacien).

 

Dans tous les cas, il est recommandé de ne surtout pas arracher la peau lorsqu’elle commence à peler, et de ne jamais percer les éventuelles cloques. Il faut éviter toute exposition au soleil, et appliquer une épaisse couche de crème protectrice en cas de sortie (écran total, IP supérieur à 50).

 

Dans quels cas consulter ?

Si la majorité des brûlures superficielles se soignent à la maison, il est néanmoins recommandé de consulter en urgence lorsque :

  • la victime de la brûlure est un nourrisson ou un enfant de moins de 5 ans, un enfant de plus de 5 ans avec une brûlure sur plus de 5 % de la surface corporelle, une personne âgée avec une brûlure sur au moins 5 % de la surface corporelle, un adulte avec une brûlure sur plus de 10 % de la surface corporelle ;

  • il s’agit d’une brûlure grave : elle touche une partie du corps spécifique (mains, pieds, visage, yeux, nez, orifices naturels, intérieur des cuisses et organes génitaux), il s’agit d’une brûlure du 2ème degré qui occupe plus de 10 % de la surface corporelle chez l’adulte, il s’agit d’une brûlure du 3ème degré qui occupe plus de 1 % de la surface corporelle ;

  • la brûlure est due à un contact avec un produit chimique, à un accident de la route, à un incendie en lieu clos, à une explosion ou à contact avec de l’électricité ;

  • d’autres symptômes se manifestent : de la fièvre, des frissons, un changement de comportement, une soif intense, une sécheresse de la bouche et des yeux…

 

Sources :

https://www.vidal.fr/maladies/peau-cheveux-ongles/brulure/traitements.html

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/coup-soleil/bons-reflexes-consultation-medicale

https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/accidents-domestiques/brulures-peau

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/lésions-et-intoxications/brûlures/brûlures

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 30/06/2022

Haut de page

Cet article vous a plu ? Faites le savoir :
0 avis

Voir aussi

Les brûlures
Chaque année, plusieurs milliers de personnes sont hospitalisées pour des brûlures en France. Plus o…
Cicatrisation d'une plaie
Le processus de cicatrisation intervient suite à un traumatisme ou à une blessure (lorsque la peau e…
Tout savoir sur la cicatrisation d'un bouton
Qu’ils apparaissent à l’âge adulte ou pendant l’adolescence, les boutons peuvent parfois laisser des…