Soleil, en profiter sans risque pour sa peau

Soleil, en profiter sans risque pour sa peau

Le soleil est de retour ! Tant mieux car ses bienfaits sont multiples : il régule notre horloge interne, contribue à consolider notre structure osseuse, à renforcer notre système immunitaire... Bref, à condition de ne pas en abuser, le soleil a de nombreuses vertus. Sachons l’apprécier avec modération.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Le soleil dans la peau, oui mais pas trop…

Dès que le soleil est de retour, le blues se dissipe tels les nuages après la pluie. Sans le soleil, ou, pour être plus précis, sans ses rayons ultraviolets (UV), nos os seraient incapables de fixer le calcium.

 

Ce sont eux qui interviennent dans la fabrication de la vitamine D, indispensable au maintien d’un bon capital osseux. Ces mêmes rayons sont recommandés – à petites doses – par les dermatologues pour soulager les maladies de peau comme le vitiligo ou le psoriasis.

 

Et, selon une étude américaine(5), ils renforceraient aussi le système immunitaire. Sans oublier, bien sûr, que le soleil et sa lumière visible aident à être actif le jour, et à mieux dormir la nuit, grâce à la production de la mélatonine, dite « hormone du sommeil ».

 

Une réaction anti-agression

Dans le même temps, toute exposition au soleil est une agression pour la peau car les UV peuvent non seulement brûler notre épiderme(6) , mais aussi altérer nos cellules, et même endommager notre ADN.

 

Pour se protéger, la peau met en place un savant mécanisme appelé… bronzage. Au cœur de ce système de défense de l’épiderme, il existe deux types de cellules spécialisées : les kératinocytes et les mélanocytes.

 

Le rôle des kératinocytes ? Se multiplier pour empêcher les rayons du soleil de traverser l’épiderme et d’atteindre les précieuses cellules qu’il protège.

 

Les mélanocytes, de leur côté, produisent de la mélanine, un pigment dont la fonction est d’absorber les rayons du soleil. C’est donc la mélanine qui donne à la peau cette teinte dorée/bronzée.

À chacun sa peau

Nous ne sommes pas tous égaux face au soleil. Chacun a hérité de caractères propres, en particulier la couleur de sa peau, de ses cheveux et sa sensibilité au soleil.


C’est ce qu’on appelle le « phototype », un classement de la réaction de la peau face aux UV, étroitement lié à la production de mélanine.

 

Il en existe six, allant du phototype1, pour les personnes rousses ou blondes, aux yeux bleus/verts et dont la peau, très blanche, est abonnée aux coups de soleil systématiques, au phototype ¬6, pour celles dont la peau, les cheveux et les yeux sont très sombres.

 

Il est important de déterminer son phototype pour mesurer les risques encourus lors d’une exposition au soleil et de choisir une protection adaptée.

 

Et gare aux idées reçues ! Si les phototypes 6 bénéficient d’une meilleure protection contre les UV, cela ne signifie pas qu’ils sont dispensés de crème solaire.

 

Les méfaits du soleil - accélération du vieillissement cutané, taches, mélanome(7) – ne les épargnent pas.

 

A, B ou C ? Le b.a.-ba des UV

Si les UV ne représentent que 5 % du rayonnement solaire – l’essentiel étant composé de lumière visible et d’infrarouges –, ils sont très puissants.

 

On les classe en trois catégories, selon leur longueur d’onde. Les UVC, très nocifs pour la peau, sont fort heureusement bloqués par la couche d’ozone et n’atteignent pas la Terre.

 

Seulement 5 % des UVB nous parviennent, mais ils sont très actifs. C’est à eux que l’on doit notre bronzage l’été, mais aussi les coups de soleil, voire les brûlures, qui peuvent endommager la couche superficielle de la peau et provoquer des cancers.

 

Vous avez abusé du soleil et votre peau a épaissi et manque d’éclat ? Là encore, les responsables sont les UVB.

 

L’épaississement de la peau est en effet un phénomène de défense naturel, en cas d’expositions répétées, pour protéger les cellules basales de l’épiderme, qui assurent la régénération de la peau.

 

Les UVA, quant à eux, forment le gros des troupes. Ils sont présents toute l’année et constituent 95 % des UV touchant la surface de la Terre.

 

Ils traversent les nuages, le verre des pare-brise, des baies vitrées et… les couches profondes de la peau en cas d’exposition excessive.

 

Principale cause de la production de radicaux libres, ils sont responsables des rides prématurées, des taches pigmentaires, voire des lésions cutanées précancéreuses et cancéreuses.

Tous les coups ne sont pas permis

Si quelques minutes d’exposition suffisent pour bénéficier des bienfaits du soleil, on sait avec certitude que les bains de soleil prolongés font le lit des tumeurs.

 

Plus de 80 % des cancers de la peau diagnostiqués en France sont liés à des expositions excessives au soleil . Les coups de soleil répétés sont les plus néfastes.

 

Alors, en vacances, à l’heure où les rayons UVB sont les plus intenses, soit entre 11 et 16¬ heures, un conseil : optez plutôt pour une activité à l’ombre ! En dehors de ce créneau horaire, n’oubliez pas d’appliquer toutes les deux heures une crème solaire adaptée à votre phototype.

 

Ces recommandations valent d’autant plus pour les enfants, dont la peau n’est pas suffisamment armée pour se défendre contre les rayons du soleil.

 

Pour eux, hormis une crème solaire indice 50+, la meilleure protection reste le t-shirt et le chapeau. Quant aux petits de moins d’un an, ils ne doivent jamais être exposés au soleil.

 

Bien manger avant de bronzer

Pour préparer votre peau au soleil, n’oubliez pas les fruits et les légumes. C’est l’été, il faut en profiter ! Certains d’entre eux saturent la peau de bêtacarotène et apportent aux cellules les antioxydants dont elles ont besoin.

 

Les champions de cette catégorie sont les melons, les abricots, les mangues, le raisin, les fraises, les carottes, les tomates, les aubergines, les poivrons rouges, les salades (romaine, laitue, épinards…).

 

En outre, la vitamine E, présente notamment dans l’avocat et les amandes, possède une action anti-inflammatoire qui protège aussi la peau contre les effets néfastes du soleil. Une action renforcée par la vitamine C, qui stimule la régénération cellulaire.

 

Les compléments alimentaires « spécial soleil », en augmentant la tolérance aux rayons UV, peuvent aussi aider celles et ceux qui ont la peau fragile ou intolérante au soleil. Mais, attention, ces compléments ne dispensent pas d’une bonne protection solaire.

 

Bien choisir sa crème solaire

Aujourd’hui, toutes les crèmes solaires protègent contre les UVA et les UVB. Elles sont toutefois surtout efficaces contre les UVB, responsables des coups de soleil.

 

D’ailleurs, l’indice de protection (IP), appelé aussi facteur de protection solaire (FPS, ou SPF pour Sun Protection Factor), correspond au pourcentage d’UVB bloqués. L’indice maximal disponible est 50+, qui arrête 97 % des rayons. Privilégiez un indice 30, au minimum, et demandez conseil à votre pharmacien.

 

Un bon air, le début du bonheur !

Un moniteur connecté permet de contrôler en permanence la qualité de l’air de son logement et de traquer les diverses sources de pollution.

 

Mes applis futées

Trois applications mobiles qui nous aident à bien protéger notre peau du soleil.

 

SoleilRisk
Gratuite
Conçue par le Syndicat national des dermatologues en collaboration avec Météo France, cette appli permet de connaître l’indice UV de sa région (par géolocalisation) au jour J ainsi qu’à J+1 et J+2.

 

Cache-cache soleil
Gratuite
Cette appli propose un jeu de mémoire et de rapidité conçu par la Ligue contre le cancer. Il rappelle aux enfants les réflexes à avoir pour éviter les coups de soleil et les problèmes à long terme.

 

Skin Vision
Gratuite (+ fonction payante)
Type de peau, profi l de risque, indice UV local... Cette appli vous indique les principaux éléments à connaître pour prendre soin de votre peau. Une fonction payante permet de contrôler vos taches cutanées en quelques secondes. Elle ne remplace bien sûr pas un diagnostic médical.

 

« Pour se protéger efficacement du soleil ET des moustiques, appliquez le répulsif antimoustiques 20 ¬minutes après vous être enduit de crème solaire.» Benjamin B., pharmacien dans le Nord.


Sources :
1. Étude du Georgetown University Medical Center, publiée dans Nature, décembre 2016.
2 . L’épiderme est la couche superficielle de la peau. Viennent ensuite le derme et l’hypoderme
3.  Le mélanome se développe à partir des mélanocytes. Il s’agit de la forme de cancer de la peau la plus grave du fait de sa capacité à produire des métastases. Le carcinome, quant à lui, se développe à partir de la couche basale de l’épiderme et reste le plus souvent localisé. Si les mélanomes sont surtout favorisés par des coups de soleil violents, les carcinomes le sont par les expositions chroniques.
4. Données de l’Institut national du cancer (INCa).

 

Pour aller plus loin

La peau c’est la vie !
Une dermatologue vous dit tout sur la peau, son rôle, son fonctionnement..., et vous apprend à prendre soin au quotidien de cet organe fragile, selon votre âge et votre type de peau. Dr Nina Roos, First, 2018.

 

L’invention du bronzage
Comment et pourquoi les codes de l’apparence ont changé dans les années¬ 1930, valorisant le bronzage des corps, auparavant décrié ? Un essai riche et stimulant à glisser dans son sac de plage en même temps que sa crème solaire ! Pascal Ory, Flammarion, 2018.

 

Sur le Web
L’Organisation mondiale de la santé¬(OMS) propose une série d’articles, de liens, de documents téléchargeables, ainsi qu’une foire aux questions, sur le soleil, les effets des ultraviolets sur la santé et comment s’en protéger. www.who.int/uv/fr

 

3 questions à…

Mélanie Deschasaux, chargée de recherche (Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle - EREN)*

 

Comment remédier au déficit en vitamine D, qui touche une majorité de Français ?
Notre organisme synthétise une bonne part de la vitamine D à partir des UVB.
Sous nos latitudes, il est donc recommandé de s’exposer au soleil d’avril à septembre.
Sans abuser, évidemment. Marcher bras nus une trentaine de minutes par jour permet de couvrir 50 à 75 % de nos besoins. Le reste est fourni par certains aliments, principalement les poissons gras, les produits laitiers et les œufs. En dehors de la belle saison, nous puisons dans le stock emmagasiné dans nos tissus.

 

Quelles conséquences peut avoir une carence en vitamine D ?
La vitamine D augmente la capacité d’absorption du calcium et du phosphore par l’intestin.
Ce qui permet d’assurer une minéralisation optimale des os, du cartilage et des dents.
Un déficit constitue donc un terrain favorable à l’ostéoporose**. Cette vitamine étant impliquée dans nombre de processus physiologiques, son rôle dans la réduction de certaines pathologies (cancers, maladies auto-immunes, troubles cognitifs…) est évoqué mais, pour l’heure, les preuves sont encore insuffisantes.

 

Est-il nécessaire de se supplémenter ?
En vieillissant, nos capacités de synthèse de la vitamine D se réduisent. Une supplémentation est donc indiquée pour les hommes et les femmes de plus de 65 ans, mais aussi pour les enfants, les femmes enceintes ou ménopausées. Par ailleurs, les personnes à la peau très sombre ont de plus gros besoins en vitamine D, la mélanine filtrant fortement les UVB.

 

* Inserm, Inrae, Cnam et université Sorbonne Paris-Nord.
** Maladie du squelette se caractérisant par une diminution de la masse osseuse et une hausse du risque de fractures.

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 17/07/2020

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