Acné de l’adulte : comment lui faire la peau ?

Acné de l’adulte

Votre peau vous rejoue une mauvaise scène de la puberté ? Non, l’acné n’est pas réservée aux adolescents. De plus en plus de femmes consultent un dermatologue, soit pour une acné persistante, soit pour une rechute. Heureusement, il existe des solutions.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

L'origine de l’acné, à l’adolescence ou à l’âge adulte, est toujours liée à une production excessive de sébum. Cette substance huileuse produite par les glandes sébacées – dont le fonctionnement est lié à l’activité hormonale – est naturellement sécrétée par la peau pour la protéger des agressions extérieures. Problème, l’excès de sébum, mêlé aux cellules mortes de la peau mal évacuées, obstrue les pores et provoque différentes lésions. La plus tristement célèbre est le point noir (comédon ouvert), qui n’est autre qu’un amas de sébum oxydé au contact de l’air.

À cela s’ajoutent des comédons fermés, c’est-à-dire recouverts de cellules de l’épiderme, appelés aussi microkystes blancs. Les choses se gâtent lorsqu’une bactérie qui fait partie de la flore cutanée normale prolifère et « profite » de l’absence d’oxygène due à l’excès de sébum. Elle se multiplie dans le follicule pilo-sébacé(1) et déclenche une réponse inflammatoire de la peau. Dès lors, il ne s’agit plus d’une acné rétentionnelle, mais d’une acné inflammatoire, marquée par la présence de boutons susceptibles de laisser des cicatrices sans traitement.

Acné de l’adulte

De multiples causes

Pourquoi certaines personnes souffrent-elles d’acné tardive ? Les raisons ne sont pas connues avec certitude. La génétique – il y a des familles d’acnéiques –, le tabac, le stress, la fatigue, la pollution, l’alimentation ou encore des produits cosmétiques mal adaptés, peuvent la favoriser. Autre cause possible : les fluctuations hormonales. Si le développement de l’acné tardive n’est pas lié aux bouleversements hormonaux propres à l’adolescence, il peut en revanche être favorisé en période prémenstruelle, en cas d’utilisation de contraceptifs inadaptés, durant la grossesse ou à la ménopause.

De multiples solutions

De nombreuses solutions existent ! Si le problème s’est installé de manière durable – ou remonte à votre adolescence –, il est vivement conseillé de consulter un dermatologue. Celui-ci vous proposera, en fonction de votre type de peau et du degré de sévérité de l’acné, un traitement anti-acnéique local sous forme de gel, de crème ou de lotion, pour stabiliser la sécrétion de sébum. Deux principes actifs sont efficaces : le peroxyde de benzoyle et les rétinoïdes locaux (des dérivés de la vitamine A). Un traitement oral (antibiotiques, zinc…) pourra être associé afin d’éliminer les bactéries.

En cas d’acné sévère

Si ces mesures ne suffisent pas, votre dermatologue pourra peut-être vous conseiller un traitement par isotrétinoïne, un médicament lui aussi dérivé de la vitamine A. Très efficace, celui-ci nécessite toutefois un bilan puis un suivi médical rigoureux. Il est notamment indispensable d’y associer une contraception fiable car avec l’isotrétinoïne, le risque de malformation fœtale est très important.

Patience !

Appliquer scrupuleusement les prescriptions de son dermatologue est un gage de réussite. Une évidence ? Pas tant que ça puisque seulement 32 à 50 % des personnes les respectent correctement(2). Il faut dire qu’aucun traitement n’est immédiatement efficace. Dans la plupart des cas, les premiers résultats apparaissent quatre à huit semaines après le début des soins, et cela peut parfois prendre jusqu’à trois mois.

De la douceur avant tout

Une peau acnéique a besoin de douceur alors qu’on a parfois tendance à vouloir la décaper, l’exfolier… bref, la maltraiter, ce qui a pour effet de relancer la production de sébum. Adoptez une routine de démaquillage à la fois douce et efficace en utilisant, matin et soir, des produits dermocosmétiques adaptés aux peaux acnéiques (dits non comédogènes). Vous pouvez demander conseil à votre pharmacien. N’oubliez pas d’appliquer aussi un fluide hydratant, matin et soir. Si votre dermatologue vous a prescrit un traitement, notamment à base de rétinoïdes, votre peau est fragilisée. Ce n’est pas le moment de lui appliquer masques et gommages. Sinon, pour éliminer l’excès de sébum, privilégiez les masques à base d’argile ou de charbon végétal.


 

Maquillage oui, camouflage non

Le maquillage est tentant pour masquer ses problèmes de peau. Il ne faut pourtant pas en abuser et savoir choisir les bons produits. L’utilisation de crèmes hydratantes teintées, moins étouffantes pour la peau que le fond de teint, est recommandée. Dans tous les cas, choisissez toujours des produits qui portent la mention « non comédogène ». Si votre dermatologue vous prescrit des soins, vous pouvez les demander en version correctrice, ils auront ainsi un double emploi : dissimuler et combattre les imperfections.

Et l’alimentation dans tout ça ?

Beaucoup d’idées reçues circulent sur le lien entre l’alimentation et l’acné. Le chocolat et la charcuterie ont longtemps été pointés du doigt mais aucune étude n’atteste leur rôle dans la survenue de l’acné. Les recherches actuelles portent principalement sur l’équilibre entre acides gras, oméga-3 et oméga-6, l’importance des fibres alimentaires ou des antioxydants, mais il n’y a aucune certitude pour l’heure. En revanche, la majorité des chercheurs s’accordent à dire que les produits à indice glycémique élevé (sucre blanc, confi series) et trop de produits laitiers peuvent exacerber les poussées d’acné des peaux à tendance acnéique(3).

L'acné touche 25% des femmes adultes

L’acné de la future maman

Certaines femmes ont une peau superbe durant leur grossesse, tandis que d’autres ont de violentes poussées d’acné. En cause : la progestérone sécrétée durant le premier trimestre. De nombreux traitements anti-acné en vente libre ne sont pas contre-indiqués, en revanche il faut écarter tous les produits contenant des rétinoïdes, des dérivés de la vitamine A acide (trétinoïne, rétinol, rétinaldéhyde ou adapalène), ainsi que des huiles essentielles. Demandez conseil à votre pharmacien. Si ces soins ne suffisent pas, vous pourrez bénéficier d’un traitement antibiotique local.

 

Pour aller plus loin

Dans ma peau

Un livre éclairant sur le fonctionnement de la peau, écrit par une dermatologue, phlébologue et nutritionniste allemande qui évoque tous les sujets, sans tabou. De Yael Adler, éd. Solar, 2017

 

Secrets d’une peau nette

Toutes les solutions naturelles pour en finir avec les boutons : les aliments à privilégier ou à éviter, les soins spécifiques et l’hygiène de vie. D'Élodie-Joy Jaubert, éd. La Plage, 2016

 

Les aliments qui soignent l’acné

Comment atténuer l’acné, prévenir les cicatrices et augmenter l’efficacité des médicaments, en mangeant mieux ?

Découvrez les six grandes règles de la diététique anti-acné. De Marie-Pierre Hill-Sylvestre, éd. Thierry Souccar, 2019

 

 

3 questions à…

Dr Sandra Ly, dermatologue, membre de la SFD*

*Société française de dermatologie (dermato-info.fr). 

 

Constatez-vous une augmentation de l’acné tardive ?

Oui, elle est de plus en plus fréquente chez la femme adulte, sans que l’on sache pourquoi. Il y a probablement des facteurs environnementaux (stress, tabac, alimentation déséquilibrée…). Toutefois, on a principalement a¬ffaire à une acné légère à modérée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas de retentissement sur la qualité de vie. L’acné tardive « vraie », celle de l’adulte de 20 à 25 ans qui n’en avait jamais eu auparavant, ne concerne qu’environ 20 % des cas. Dans 80 % des cas, il s’agit d’une acné persistante ou récidivante.

 

Les traitements actuels sont-ils suffisants ?

Notre arsenal thérapeutique est le même pour une adolescente ou une adulte : traitements locaux, zinc par voie orale, antibiotiques, voire isotrétinoïne. Problème, les adultes ont souvent déjà testé beaucoup de traitements et leur peau n’est plus toujours aussi résistante que celle des ados. Il faut combiner dermocosmétique moins agressive et traitement anti-âge. Certaines pilules contraceptives sont utiles, mais la plupart ne peuvent être proposées en première intention. De plus, à partir de 35-40 ans, en présence de facteurs de risque cardio-vasculaire (tabac, hypertension, hypercholestérolémie), la pilule est contre-indiquée.

 

Qu’en est-il de la recherche ?

Il n’y a pas de grandes nouveautés en termes de traitements, même si le sujet intéresse les scientifiques. La glande sébacée fait l’objet de recherches fondamentales. Les pistes sont intéressantes mais aboutiront-elles à des traitements ? Les études portent aussi sur le microbiote cutané.

 

Sources et notes :

1. Partie de la peau qui comporte à la fois la base du poil et la glande sécrétrice du sébum, la glande sébacée.

2. Données de la Haute Autorité de santé (HAS).

3. "Acne and nutrition: a systemic review", Acta Derm Venerol 2017.

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 06/01/2021

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