En quoi consiste le traitement d'un glaucome ?

Comment se traite un glaucome ?

Atteinte du nerf optique par augmentation de la pression intraoculaire, le glaucome touche environ 1 à 2 % de la population française, principalement après 40 ans. Si elle n’est pas prise en charge à temps, cette maladie peut avoir des conséquences dramatiques (pouvant aller jusqu'à la perte de la vue). Le glaucome doit donc être diagnostiqué rapidement, pour pouvoir envisager un traitement adapté.

Alors quels sont les symptômes et les causes de cette maladie ? Est-ce que le glaucome se guérit ? Et comment stopper l'évolution d'un glaucome ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Un glaucome, qu’est-ce que c’est ?

Le glaucome est une atteinte du nerf optique (le nerf qui permet de transporter les images jusqu’au cerveau), souvent due à une hypertension intraoculaire. La pression des liquides qui se trouvent dans l’œil augmente de manière anormale. Cela provoque des lésions, puis la destruction des fibres du nerf optique.


Il existe plusieurs types de glaucomes. Il peut s’agir de :

  • un glaucome chronique, à angle ouvert : il survient suite à la fermeture du trabéculum, le filtre qui permet normalement d’évacuer le liquide présent dans le segment antérieur de l’œil (l’humeur aqueuse). Ce problème de vidange provoque une élévation de la pression dans l’œil et, petit à petit, les fibres du nerf optique s’abîment. Ce type de glaucome reste en général asymptomatique pendant plusieurs années. Il est parfois à l’origine de douleurs oculaires, de maux de tête et de larmoiements. Le glaucome provoque ensuite progressivement une altération du champ visuel (avec une atteinte latérale, puis centrale, de la vision), l’apparition de halos colorés et une vision brouillée. Une personne atteinte de glaucome voit d’abord comme dans un tunnel (vision en tunnel, avec disparition de la périphérie du champ visuel). En l’absence de traitement, le glaucome chronique peut évoluer vers une cécité ;

  • un glaucome aigu, à angle fermé : la pression intraoculaire augmente de manière soudaine et brutale, suite à la fermeture de l’angle irido-cornéen. Cette hypertension intraoculaire intense provoque rapidement la destruction des fibres nerveuses. Une violente douleur apparaît au niveau de l’œil, qui devient rouge et dur. La vision est altérée et des halos colorés apparaissent autour des sources lumineuses. Ces symptômes peuvent aussi s’accompagner de nausées et de vomissements. Il est indispensable de prendre en charge ce type de glaucome en urgence, pour éviter la perte de la fonction visuelle.


Le glaucome peut aussi être un glaucome congénital (lorsque le trabéculum est bloqué par une membrane ou une malformation), ou provoqué par un traumatisme (accident ou chirurgie), par une inflammation ou par la prise de certains médicaments. Dans tous les cas, il faut envisager un traitement adapté.

 

Est-ce que le glaucome se guérit ?

S’il n’est pas possible de réparer les fibres nerveuses déjà abîmées, plusieurs types de traitements permettent néanmoins de freiner le développement du glaucome et l’atteinte du nerf optique. Pour une prise en charge adaptée, il est donc indispensable de détecter rapidement cette maladie.

 

Consulter régulièrement, pour obtenir un diagnostic précoce

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement pour guérir le glaucome. Néanmoins, un diagnostic précoce et une prise en charge rapide permettent de stabiliser et de surveiller l’évolution de la maladie.


Un glaucome chronique peut être détecté par hasard, à l’occasion d’un examen ophtalmologique pour une autre raison (un renouvellement de lunettes ou un début de cataracte, par exemple).


Mais pour éviter un diagnostic tardif (et une atteinte avancée des fibres nerveuses), il est recommandé de consulter dans certaines situations :
 

  • en présence de certains symptômes : douleurs oculaires, baisse de la vision avec rétrécissement du champ visuel sur les côtés, vue qui se brouille de temps en temps…Plusieurs symptômes peuvent être le signe d’un glaucome et doivent amener à consulter ;

  • en cas de facteurs de risque associés : toute personne avec des facteurs de prédisposition à cette maladie doit effectuer des contrôles réguliers chez l’ophtalmologue. Il est par exemple recommandé de consulter :

    • à partir de 40 ans : cette maladie du nerf optique apparaît en général à partir de 40 ans. Le risque d’en souffrir augmente ensuite avec l’âge. D’autre part, consulter un ophtalmologue régulièrement à partir de 40 ans permet également de détecter la DMLA - dégénérescence maculaire liée à l’âge ;

    • en cas de prédisposition génétique : il faut consulter si une ou plusieurs personnes de la famille a souffert ou souffre d’un glaucome ;

    • en cas de problème de santé préexistant : l’hypertension artérielle, le diabète et l’apnée du sommeil sont des facteurs de risque du glaucome. La myopie et l’hypermétropie doivent aussi amener un médecin régulièrement pour détecter un éventuel glaucome. Il faut enfin programmer des consultations régulières en cas d’antécédents de lésion oculaire ou de chirurgie oculaire ;

    • en cas de prise de corticoïdes sur le long terme.

 

Comment le médecin confirme-t-il son diagnostic ?

Pour confirmer le diagnostic de glaucome, l’ophtalmologiste réalise plusieurs examens, tous indolores.


Il mesure la pression intraoculaire, par tonométrie. Après instillation d’un collyre anesthésique, il pose un tonomètre sur la cornée, ou utilise un faisceau d’air pulsé. Pour obtenir une mesure exacte, le médecin doit aussi mesurer l’épaisseur de la cornée (qui varie selon les personnes, et fluctue en fonction des heures de la journée). Une cornée épaisse a en effet tendance à faire passer une pression normale pour trop élevée.


L’ophtalmologue réalise également un fond d’œil, pour observer la rétine et la tête du nerf optique (la papille optique). Cela lui permet de détecter d’éventuelles lésions au niveau des fibres nerveuses. Il peut aussi avoir recours à une tomographie par cohérence optique (OCT).


Il évalue ensuite le champ visuel de son patient (pour estimer l’avancée du glaucome et le niveau d’atteinte du nerf optique). La perte du champ visuel se situe d’abord en périphérie (vision tubulaire, en tunnel), pour ensuite s’étendre vers la partie centrale.
Le médecin termine par l’examen de l’angle d’écoulement de l’humeur aqueuse (liquide intraoculaire), par gonioscopie. Si l’angle est trop étroit, il existe un risque de glaucome aigu.

 

Quels traitements en cas de glaucome ?

Le suivi et le traitement d’un glaucome vise à stabiliser la maladie et sa progression, pour éviter la cécité. Collyres, médicaments pris par voie orale, laser ou chirurgie… Quel que soit le traitement privilégié, il consiste principalement à réduire la pression à l’intérieur de l’œil.

 

Les médicaments

En cas de glaucome, le premier traitement prescrit par l’ophtalmologiste est l’installation de gouttes d’un ou plusieurs collyres dans les yeux.


Le collyre prescrit peut associer plusieurs classes de médicaments : des prostaglandines, des bêtabloquants, des inhibiteurs de l’anydrase carbonique… Souvent prescrits en premier lieu, les collyres bêtabloquants permettent de diminuer la sécrétion de l’humeur aqueuse. Efficaces, ils ne présentent que de faibles risques et effets indésirables. Les collyres analogues des prostaglandines favorisent l’élimination de l’humeur aqueuse. Leurs effets secondaires sont fréquents, mais sans gravité. S’ils permettent de réduire de manière importante la production d’humeur aqueuse, les collyres inhibiteurs de l’anhydrase carbonique présentent certains effets secondaires désagréables (fatigue et humeur dépressive chez les personnes âgées).


Pour bien utiliser un collyre, il est recommandé de :

  • réaliser les bons gestes pour administrer le collyre : tirez la paupière inférieure de l'œil vers le bas, regardez vers le haut et administrez une ou plusieurs gouttes sans toucher l'œil avec le flacon. Après administration, comprimez le coin de votre œil avec votre doigt pour éviter que le collyre ne passe dans la circulation sanguine et entraîne des effets indésirables ;

  • appliquer les gouttes à des horaires réguliers, tous les jours et tout au long de sa vie : pour éviter le développement de la maladie, il est important de respecter les posologies et les rythmes d'administration des collyres ;

  • ne pas installer deux collyres différents en même temps : il faut attendre au moins 5 minutes entre les deux ;

  • jeter les collyres en unidoses après ouverture : s’ils sont ouverts, ils perdent leur stérilité et ne peuvent pas être conservés pour une administration ultérieure ;

  • respecter la durée de conservation des collyres (entre 15 jours et 8 semaines) : il est conseillé de noter la date limite d'utilisation sur le flacon ;

  • avertir rapidement son médecin en cas d’effets indésirables (irritation de l'œil, troubles de la vision…) ;

  • éviter le port de lentilles : en cas de port, il est nécessaire de les retirer avant d'administrer le collyre, et d'attendre au moins 15 minutes avant de les remettre.

 

Il est aussi possible de prendre un médicament par voie orale (un inhibiteur de l’anhydrase carbonique). Provoquant de nombreux effets indésirables, il n’est prescrit que sur une courte période.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre pharmacien.

 

Le laser

Si le traitement médicamenteux ne fonctionne plus, la pression intraoculaire est trop élevée. Le médecin peut alors proposer un traitement du glaucome par laser.


L’intervention est réalisée au cabinet, en quelques minutes et sous anesthésie locale. Elle permet de rétablir la circulation du liquide dans le segment antérieur de l’œil (en facilitant l’évacuation de l’humeur aqueuse ou en diminuant sa production).
Un collyre est ensuite prescrit pour aider à la bonne cicatrisation.

 

La chirurgie

Le traitement chirurgical est utilisé en dernier recours, lorsque le glaucome résiste aux collyres et au laser, et que la vue continue à baisser (notamment en cas de glaucome avancé).


L’intervention chirurgicale consiste à créer une nouvelle voie d’évacuation de l’humeur aqueuse ou à diminuer sa sécrétion, pour diminuer la pression intraoculaire. La chirurgie permet ainsi de stopper la progression du glaucome. Elle est réalisée sous anesthésie locale, avec une hospitalisation de quelques heures ou quelques jours (en ambulatoire ou lors d’un court séjour).

 

 

À lire aussi
Les principaux troubles de la vue

 

Sources :

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/glaucome

https://www.vidal.fr/maladies/yeux/glaucome.html

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-oculaires/glaucome/glaucome

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 22/02/2022

Haut de page

Cet article vous a plu ? Faites le savoir :
5 avis

Voir aussi

Quels sont les symptômes d'un glaucome ?
Désignant en réalité plusieurs maladies de l’œil, le glaucome évolue sans provoquer de symptômes par…
Zoom sur le glaucome
Caractérisé par une augmentation de la tension de l’œil, le glaucome s’installe silencieusement. Rai…
Les conséquences du glaucome sur la vie quotidienne
Le diagnostic est tombé : vous souffrez d’un glaucome ! Outre le suivi de votre traitement, qu’est-c…