Des microbes en garde à vue

Surveiller les microbes pour éviter des épidémies
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Face à de potentielles maladies émergentes, la vigilance est de mise. Pour parer à ces nouvelles menaces et contenir d’éventuelles épidémies, les chercheurs scrutent et surveillent sans relâche l’infiniment petit.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Notre monde est en perpétuelle évolution. D’ici 2025, la population devrait passer de 7,2 milliards à 8,1milliards de personnes. De telles modifications démographiques ne sont pas sans conséquence sur le risque de voir de nouvelles maladies émerger et essaimer… Les populations plus denses facilitent en effet le passage d’un virus d’un individu à un autre et constituent un terrain de jeu idéal pour les agents infectieux.

Sans oublier que les hommes voyagent toujours plus et que les échanges internationaux vont toujours grandissants, facilitant ainsi les épidémies à l’échelle internationale. Un exemple ? En 2003, il a suffi de 24 heures au SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère, pour atteindre 6 pays. En quelques jours à peine, il s’était propagé sur les 5 continents et touchait plus de 8.000 personnes !

 

Des pathogènes sur écoute

Face à de telles flambées épidémiques, il est primordial de garder les microbes et autres agents pathogènes à l’œil. « Le danger est toujours celui qu’on ne voit pas », explique le Dr Jean-Claude Manuguerra, responsable de la Cibu (Cellule d'Intervention Biologique d'Urgence) à l'Institut Pasteur. « Repérer au plus vite les agents infectieux émergents est donc essentiel pour pouvoir juguler d’éventuelles épidémies mais aussi pour trouver au plus vite des traitements ou des vaccins. » Pour les prendre de vitesse, l’Institut Pasteur a d’ailleurs créé le Centre François Jacob sur les maladies émergentes, inauguré en novembre 2012. Le but ? Favoriser les échanges entre spécialistes de différentes disciplines pour mieux comprendre ces maladies émergentes. Et les garder à l’œil !

 

Endiguer l’épidémie

Au sein de l’Institut Pasteur, une quinzaine de centres de référence chargés de surveiller ces agents pathogènes – des nouveaux germes mais aussi des virus bien connus comme ceux de la grippe ou de la rougeole – existent d’ailleurs. Ils ont notamment pour mission de surveiller qu’aucune épidémie ne se déclare afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires.
En 2003, lors de l’épidémie de SRAS, une unité de l’Institut Pasteur a par exemple analysé plus de 1.500 prélèvements chez 800 cas suspects et a mis à disposition de laboratoires français un test de détection rapide du virus. Grâce à la mobilisation internationale autour de cette nouvelle épidémie, l’agent en cause, un coronavirus, a pu être identifié rapidement et l’épidémie endiguée.

 

Disséquer le virus

Mais il ne s’agit pas seulement de contenir une éventuelle propagation… Les chercheurs retracent le parcours de l’agent infectieux, le « dissèquent », étudient son évolution, son patrimoine génétique, tentent de mettre au point des méthodes de détection rapide… Sans oublier de s’intéresser à leurs victimes. « Nous essayons aussi de comprendre pourquoi certaines personnes sont plus sensibles à certaines maladies, si c’est par exemple dû à une sensibilité génétique ou immunologique qui leur est propre », explique le Dr Jean-Claude Manuguerra. « Savoir pourquoi certains développent une forme sévère de la dengue (ndlr, une fièvre tropicale transmise par les moustiques), mortelle dans 20 % des cas, pourrait nous permettre de cibler des publics à risque ou encore de développer des solutions pratiques. »

 

Un portrait-robot du virus

L’agent infectieux une fois repéré est donc scruté, poussé dans ses derniers retranchements… Et dans cette quête, la moindre information sur ces nouveaux venus compte. Établir un profil le plus fidèle possible, sorte de portrait-robot du virus étant bien souvent un passage obligé pour pouvoir tirer sur tous les fils qui permettront de l’arrêter, de créer des vaccins, de développer de nouveaux traitements…

 

Un virus en 3D

Quel meilleur moyen d’apprendre à connaître une menace que de l’examiner sous toutes les coutures ? Les équipes de l’unité de virologie structurale du centre François Jacob étudient l’architecture des particules virales et essaient de déterminer leur structure en 3D. Le but ? Mieux les comprendre, saisir leur mode d’action ou de réplication… et pourquoi pas trouver la clé pour les bloquer !

 

Maladie infectieuse : le chiffre

Chaque année, une nouvelle maladie infectieuse – donc provoquée par un virus, une bactérie, un parasite, un champignon – apparaît dans le monde.

 

Epidémies : un impact économique

Les épidémies à l’échelle internationale ont des retombées significatives au niveau humain bien sûr mais pas seulement ! Absentéisme, ralentissement des échanges commerciaux… L’économie en souffre aussi. En 2003, le virus du SRAS (syndrome respiratoire sévère aigu) a coûté plus de 60 milliards de dollars au pays asiatiques.

 

À lire aussi

Des (nouveaux) virus et des hommes…


Source

Merci au Dr Jean-Claude Manuguerra, responsable de la Cibu (Cellule d'Intervention Biologique d'Urgence) à l'Institut Pasteur.

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/11/2013

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