La rubéole chez l’adulte : symptômes, causes et traitements

La rubéole chez l'adulte

La rubéole est une maladie infantile d’origine virale, qui reste en général bénigne. Elle peut néanmoins être à l’origine de certaines complications lorsqu’elle est contractée par un adulte (notamment par une femme enceinte au début de sa grossesse). La vaccination reste le seul moyen de prévenir son apparition.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Quels sont les symptômes de la rubéole chez l’adulte ? Comment cette maladie se transmet-elle ? Et comment la traiter ?

 

Qu’est-ce que la rubéole ?

Aussi connue sous le nom de « troisième maladie », la rubéole est provoquée par un virus à ARN (le rubivirus). Contagieuse, elle peut passer inaperçue ou être à l’origine de certains symptômes désagréables. Lorsqu’elle survient chez l’enfant, elle ne présente en général aucun caractère de gravité. Elle peut en revanche entraîner de graves complications chez la femme enceinte.

 

Comment se transmet cette maladie ?

La rubéole est due à une infection par un virus de la famille des Togavirus. Contagieuse, la maladie se transmet facilement d’une personne à une autre. La rubéole peut aussi bien survenir chez l’enfant que chez l’adulte non vacciné.


Avant d’induire les premiers symptômes, le virus de la rubéole incube dans l'organisme pendant plusieurs jours. La période d’incubation dure entre 14 et 23 jours. Pendant cette période, la personne porteuse n'est pas « malade ». Elle est néanmoins contagieuse, particulièrement pendant les 5 jours qui précèdent l’apparition des symptômes, et 6 jours après. La rubéole ne provoque parfois aucun symptôme chez la personne contaminée : cette dernière reste néanmoins porteuse du virus, et contagieuse.


Le virus se loge d'abord dans les voies aériennes supérieures et se transmet lors d'un contact rapproché. Contenu dans ses gouttelettes de salive, il se transmet lorsque la personne infectée tousse, se mouche ou éternue. Il peut également être transmis par contact indirect (par les mains souillées par la salive ou des objets contaminés). Chez la femme enceinte infectée, le virus de la rubéole se transmet au fœtus via le placenta. Une fois installé dans les voies respiratoires et les ganglions du cou, le virus se multiplie et se propage dans l’organisme via la circulation sanguine.

 

Les symptômes de la rubéole chez l’adulte

Si la rubéole peut passer inaperçue, elle peut également être à l’origine de plusieurs symptômes (souvent modérés).


Les premières manifestations de la maladie sont :

  • une fièvre modérée (qui ne dépasse pas les 38,5 °C) ;

  • des maux de tête ;

  • des maux de gorge ;

  • une conjonctivite ;

  • des ganglions enflés derrière les oreilles et au niveau du cou.


Quelques jours après, l’éruption cutanée se manifeste. Des petites taches rose clair apparaissent d’abord sur le front et le visage, avant de s’étendre au tronc et aux membres. L’éruption évolue en une seule poussée et dure entre 1 et 4 jours. Même si les symptômes de la rubéole sont plus intenses et marqués chez l’adulte, ils restent peu caractéristiques. La maladie est donc rarement diagnostiquée.

 

Les éventuelles complications de la maladie

Si la rubéole n’est pas dangereuse chez l’enfant, elle peut en revanche entrainer de graves complications chez l’adulte non immunisé, notamment chez la femme enceinte. Si la maladie est contractée au cours du premier trimestre de la grossesse (avant la 18ème semaine d'aménorrhée), elle peut se transmettre au fœtus. La maladie peut passer inaperçue chez la mère, mais contaminer le fœtus.


L’infection peut alors induire une fausse couche, des anomalies du déroulement de la grossesse (risque de prématurité) ou de graves malformations chez le fœtus. On parle alors de rubéole congénitale. L’enfant peut présenter certaines malformations et handicaps à la naissance (retard de croissance, surdité, cécité, paralysie des membres, troubles du développement cérébral, anomalies cardiaques…). En cas d’infection par le virus de la rubéole, une interruption de grossesse est souvent nécessaire.


Dès le premier examen de la grossesse, le médecin prescrit un bilan sanguin pour vérifier que la femme enceinte est immunisée contre la rubéole. Si elle n’est pas immunisée, elle est surveillée de près pendant toute sa grossesse. Si un cas de rubéole est diagnostiqué dans son entourage, elle doit consulter immédiatement son gynécologue ou sa sage-femme, qui décidera des mesures à mettre en place.


Même si elles restent rares, la rubéole peut être à l’origine d’autres complications chez l’adulte :

  • une inflammation de certaines articulations et des douleurs (au niveau des mains et des pieds) : l’inflammation disparaît spontanément, sans laisser de séquelles ;

  • une méningite virale (très rarement) ;

  • l’apparition de petites taches violettes sur la peau (purpura).

 

Diagnostic de la maladie

Pour confirmer le diagnostic de rubéole, le médecin examine l’éruption cutanée et interroge son patient sur l’apparition des symptômes. Il procède également à une palpation des ganglions du cou.


Une personne non vaccinée ou n’ayant jamais contracté la maladie n’est pas immunisée contre la rubéole : elle peut contracter la maladie et la transmettre. Si elle est infectée et susceptible d’être en contact avec des femmes enceintes, le médecin a donc recours des examens complémentaires pour confirmer son diagnostic. Un examen PCR permet d’identifier le virus en détectant son matériel génétique. Un dosage des anticorps de la rubéole (dans le sang ou la salive) permet de déterminer si la personne est immunisée ou non contre la maladie.


Si son patient est infecté par le virus de la rubéole, le médecin doit obligatoirement le déclarer à l’ARS (Agence Régionale de Santé). Il s’agit d’une déclaration anonyme. Cela permet de localiser les cas de rubéoles en France, pour organiser ensuite des campagnes de vaccination ciblées.

 

Quels traitements pour soigner la rubéole ?

La rubéole reste en général bénigne et la durée de la maladie n’excède pas 3 à 4 jours. Le médecin peut, si nécessaire, prescrire un traitement antipyrétique pour faire tomber la fièvre, et une crème pour limiter les démangeaisons provoquées par la rubéole chez l’adulte. Mais le meilleur moyen de lutter contre cette maladie reste la vaccination.
 

La vaccination en prévention

Le nombre de cas de rubéoles a largement diminué en France grâce à la vaccination ROR (rougeole, oreillons, rubéole). À l’échelle internationale, la maladie fait aujourd’hui l’objet d’un plan d’élimination globale fixé par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).


Pour protéger les femmes enceintes, il est essentiel que toute la population soit vaccinée : hommes, femmes et enfants. En effet, ce n'est que lorsque la grande majorité d'une population est vaccinée qu'il est possible d'enrayer la propagation d’un virus. La rubéole passant généralement inaperçue, il est important que la population soit vaccinée pour éviter qu’elle ne se propage sans se faire remarquer.


La vaccination contre la rubéole fait partie du vaccin trivalent rougeole–oreillons–rubéole (ROR). Elle doit obligatoirement être programmée chez tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018. Dans le nouveau calendrier vaccinal, il est recommandé d'effectuer la première injection à 1 an et la seconde entre 16 et 18 mois. Un délai minimum d’un mois doit être respecté entre les deux injections.


Mais un rattrapage de la vaccination contre la rubéole est également possible chez l’adolescent et l’adulte. Pour les adultes nés avant 1980 et jamais vaccinés, une seule injection est nécessaire. Ce vaccin est complètement pris en charge par l’Assurance maladie jusqu'à 18 ans. À partir de 18 ans, il est remboursé à hauteur de 65 %.


Le vaccin ROR ne peut pas être effectué en cas d’allergie aux produits utilisés dans le vaccin, de déficit immunitaire ou pendant la grossesse. Mieux vaut donc s'assurer de sa vaccination auprès de son médecin généraliste ou de son gynécologue, avant tout projet de grossesse. La femme qui se fait vacciner doit s’assurer de prendre une contraception efficace pendant le mois qui suit l’injection.

 

La prise en charge des symptômes

La rubéole est une maladie provoquée par un virus : la prise d’antibiotiques est donc inutile. Alors comment soigner la rubéole chez l’adulte ?


Le traitement de la rubéole chez l’adulte consiste simplement à soulager les symptômes provoqués par la maladie. Le médecin peut prescrire du paracétamol pour supprimer l’inconfort provoqué par la fièvre et soulager les maux de tête, les maux de gorge et les douleurs articulaires. L’ibuprofène (anti-inflammatoire non stéroïdien) peut être utilisé en cas de contre-indication au paracétamol.


Les doses et les fréquences d’administration de ces médicaments doivent être scrupuleusement respectées. En cas de doutes, demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.


 

Comment limiter la transmission du virus ?

La rubéole est une maladie contagieuse. Plusieurs mesures d’hygiène (ou « gestes barrières ») doivent donc être mises en place pour limiter la transmission du virus.


Il est ainsi recommandé de :

  • se laver les mains plusieurs fois par jour (avant et pendant la prise d’un repas, après être allé aux toilettes…), avec de l’eau et du savon. Une solution hydro-alcoolique peut être utilisée en cas d’absence de point d’eau ;

  • tousser, éternuer et se moucher dans un mouchoir en papier jetable, et le jeter immédiatement après usage. Si la personne ne dispose pas de mouchoir jetable, elle peut tousser ou éternuer dans le pli de son coude ;

  • éviter les contacts proches avec l’entourage (embrassades, poignées de main…) et ne pas partager ses affaires personnelles (couverts et verres, brosses à dents…), ne pas s’approcher des femmes enceintes ;

  • nettoyer les objets pouvant être contaminés (téléphones, poignées de portes, jouets des enfants, ustensiles de cuisine…) ;

  • aérer le logement au moins une fois par jour, et maintenir une température intérieure à 19 °C.

 

 

Sources :

Vidal.fr - Rubéole
Vidal.fr - Le traitement et la prévention de la rubéole
Ameli.fr - Rubéole : définition et modes de transmission
Ameli.fr - Symptômes, diagnostic et évolution de la rubéole
Ameli.fr - Pas de traitement spécifique de la rubéole
Ameli.fr - Les mesures d’hygiène et la vaccination contre la rubéole

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Élise Dubuisson
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 24/02/2014

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