La coqueluche : symptômes, causes et traitements

Les symptômes de la coqueluche chez les bébés et les adultes

Particulièrement dangereuse pour les nourrissons de moins de 6 mois, la coqueluche est la première cause de décès par infection bactérienne chez les enfants de moins de 2 mois. Mais ses manifestations peut également être sévères chez l’adulte, et particulièrement chez les femmes enceintes et les personnes âgées. Or, il existe plusieurs moyens de prévenir l’apparition de cette maladie, dont la vaccination.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Quels sont les symptômes de la coqueluche ? Comment la maladie se transmet-elle ? Et pourquoi est-il essentiel de se faire vacciner contre la coqueluche ?

 

Qu’est-ce que la coqueluche ?

La coqueluche est une maladie respiratoire, provoquée par une infection bactérienne. Caractérisée par des quintes de toux importantes, elle est très contagieuse et se transmet par voie aérienne. Si elle a pratiquement disparu en France, des épidémies mortelles réapparaissent depuis quelques années chez les nourrissons. C'est en effet chez les enfants de moins de 6 mois que la maladie est la plus dangereuse.

 

Origine et transmission de la maladie

La coqueluche est le plus souvent provoquée par la bactérie « Bordetella pertussis ». Cette bactérie a une forte affinité pour l'épithélium de la trachée et des bronches. Elle y diffuse une toxine spécifique, qui neutralise les cils des voies respiratoires.


La coqueluche se transmet par voie aérienne, via les gouttelettes émises par la personne infectée lorsqu’elle tousse, éternue ou parle (par le nez ou par la bouche). Très contagieuse au début de la maladie (on parle alors de « phase catarrhale »), elle l'est moins par la suite. La femme enceinte ne transmet pas la maladie à son fœtus. En revanche, si elle contracte la coqueluche en fin de grossesse, elle peut la transmettre à son nouveau-né (toujours par voie respiratoire).


Dans les régions où les enfants ne sont pas vaccinés, la maladie se transmet entre les enfants. Mais dans les pays où les enfants sont vaccinés contre la coqueluche (comme en France, par exemple), la contamination a aujourd’hui lieu entre les adultes et les nourrissons. Des adolescents ou adultes qui ne sont plus immunisés par le vaccin (où dont le rappel vaccinal n’a pas été effectué à temps) transmettent la maladie à des nourrissons, encore trop jeunes pour avoir été vaccinés. Une fois la maladie contractée, elle ne confère pas une immunité à vie : il est en effet possible de la contracter à nouveau.


Si cette maladie a pratiquement disparu grâce à la vaccination, elle ressurgit néanmoins par épidémies depuis l'année 2000. En 2015, 128 cas de coqueluche ont été diagnostiqués chez les jeunes de moins de 17 ans : 32 % concernaient des nourrissons de moins de 3 mois.

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Les symptômes de la coqueluche

Le principal symptôme de la coqueluche est l’apparition de quintes de toux importantes. Si la maladie n’est pas diagnostiquée et traitée, elles peuvent persister pendant plusieurs semaines. L’évolution de la maladie suit trois phases distinctes.
 

 

La phase d’incubation (ou phase « catarrhale »)


Après la contamination (par les gouttelettes de salive d’une personne infectée), il y a une période d’incubation d’une dizaine de jours environ (entre 7 jours et 3 semaines).

Pendant cette phase, aucun symptôme particulier ne se manifeste.
 

 

L’apparition d’une rhinorrhée

La coqueluche se manifeste ensuite par l’apparition de symptômes légers, faisant penser à un simple rhume (un écoulement nasal, parfois associé à une fièvre très légère). C’est pourquoi le début de la maladie passe souvent inaperçu.
Ces symptômes durent en général entre une à deux semaines, et une toux modérée commence ensuite par apparaître.
 

 

La phase « paroxystique »


La toux évolue rapidement vers des quintes de toux, de plus en plus rapprochées. De plus en plus importantes, violentes et répétitives, elles provoquent des spasmes et rendent difficile la reprise de la respiration. Elles ne sont accompagnées d’aucun autre symptôme (pas de fièvre, ni aucun autre signe respiratoire).

Ces accès de toux se terminent par :

  • des asphyxies ;

  • la production d'épaisses sécrétions, provoquant souvent des vomissements ;

  • une congestion du visage (qui devient bouffi, rouge ou bleu), voire une cyanose (en particulier chez les nourrissons) ;

  • un éclatement des petits vaisseaux sanguins situés autour des yeux (c’est l’apparition de « pétéchies », sortes de petites étoiles rouges) ;

  • une reprise de la respiration sonore, avec émission d’un son aigu faisant penser à un chant de coq ;

  • parfois, des contractions utérines chez la femme enceinte.


En l’absence de traitement, cette phase peut durer entre 4 et 6 semaines, avec une vingtaine de quintes de toux par jour environ (plus fréquentes pendant la nuit). Elle provoque en général une extrême fatigue, notamment chez le jeune enfant.

 

Pourquoi consulter ?

Chez l’adulte, les symptômes de la coqueluche ne sont pas toujours les mêmes que ceux rencontrés chez le nouveau-né, le nourrisson ou le bébé. La toux peut en effet se manifester sans provoquer de quintes, ni de difficultés de reprise respiratoire. Il est néanmoins recommandé de consulter son médecin traitant si la toux persiste ou s’aggrave. D’autre part, la maladie peut être à l’origine de conséquences graves chez certaines personnes fragiles.
 

Pour éviter des complications graves

La coqueluche peut entraîner de graves complications chez :

  • les personnes âgées ;

  • les femmes enceintes ;

  • les nourrissons de moins de 6 mois : les cas de coqueluche les plus graves concernent les nourrissons de moins de 6 mois. Les signes de la maladie sont moins marqués, avec des quintes de toux moins nombreuses, mais des apnées et des cyanoses nécessitant une surveillance rapprochée. Chez les nourrissons de moins de 3 mois, l’hospitalisation est systématique dès l’apparition des symptômes de la coqueluche. La maladie peut en effet entraîner :

  • une déshydratation et une dénutrition (à cause de vomissements répétés) ;

  • une surinfection (otite, bronchite, pneumonie, pleurésie) ;

  • des affections neurologiques (convulsions, encéphalites) ;

  • une détresse respiratoire, une défaillance cardiaque ou rénale.

 

Pour confirmer le diagnostic et prescrire un traitement adapté

En présence de symptômes qui évoquent une coqueluche, il est indispensable de consulter son médecin traitant. Après avoir confirmé son diagnostic, il peut prescrire le traitement adapté. Le diagnostic permet également de freiner la contagion plus rapidement : la personne infectée est isolée, pour ne pas contaminer les personnes vulnérables. Alors comment savoir si l'on a la coqueluche ?


En général, le diagnostic de la coqueluche est basé sur un interrogatoire précis et sur l’observation des symptômes. Le médecin réalise également certains examens biologiques pour confirmer son diagnostic. Il procède à un prélèvement de sécrétions du nez et du pharynx (par aspiration ou écouvillonnage nasopharyngé). La présence de la bactérie Bordetella pertussis est confirmée après une mise en culture du prélèvement, ou par détection de son matériel génétique.


Peu fiable, la sérologie (recherche d’anticorps dans le sang) n’est plus recommandée.

 

Comment éviter et traiter la coqueluche ?

Si la coqueluche peut être traitée par la prise d’antibiotiques, le meilleur moyen d’éviter de contracter la maladie reste la solution de la vaccination en prévention.

 

La vaccination contre la coqueluche

En France, elle est obligatoire chez les nourrissons (voir le calendrier vaccinal) : la vaccination est effectuée dès l’âge de 2 mois (première dose injectée à 2 mois, deuxième dose à 4 mois). Un premier rappel est à effectuer à l’âge de 11 mois, un autre à 6 ans et le dernier entre 11 et 13 ans .


La vaccination contre la coqueluche est également recommandée :

  • chez les enfants nés avant le 1er janvier 2018, qui n’ont pas été vaccinés ;

  • chez les adultes ayant un projet de grossesse, et pour tout leur entourage non vacciné (au cours de la grossesse) ;

  • chez les personnes exposées à la maladie : le personnel de santé en contact avec les nourrissons et les jeunes enfants, les professionnels de la petite enfance (personnel des crèches, assistantes maternelles…), les étudiants des filières médicales et paramédicales…


La vaccination contre la coqueluche peut être effectuée à tout âge (elle est notamment proposée à l’adulte non vacciné au cours des 5 dernières années, à l’occasion du rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite à 25 ans). Les rappels des vaccins à 25, 45 et 65 ans comportent aujourd’hui celui contre la coqueluche.
 

Les traitements médicamenteux

En l’absence de traitement, les symptômes de la coqueluche durent plusieurs semaines. Mais si la maladie est diagnostiquée suffisamment tôt, un traitement par antibiotiques peut être mis en place. Cela permet de réduire la durée des symptômes à seulement quelques jours. Alors comment guérir de la coqueluche ?


Pour réduire la contagiosité et la durée des symptômes, le médecin prescrit des antibiotiques au patient infecté, le plus tôt possible (le plus souvent des macrolides). L’antibiothérapie doit également être suivie par certains membres de son entourage proche (toutes les personnes qui ne sont pas à jour de leur vaccination contre la coqueluche, les femmes enceintes, les nourrissons non vaccinés et leurs parents).


Contre-indiqués chez les enfants de moins de 2 ans, les antitussifs et les fluidifiants bronchiques restent inefficaces en cas de coqueluche.

 

Les conseils de votre pharmacien Giphar

  • En cas de vomissements occasionnés par les quintes de toux, veillez à un bon état d'hydratation et de nutrition, par apport fréquent d'eau et d’aliments ;

  • Faites vacciner toute la famille si vous souhaitez avoir un bébé ;

  • Respectez bien votre traitement antibiotique pour diminuer les symptômes ;

  • Évitez à tout prix les contacts de votre bébé avec des personnes contaminées.



 

Sources :

Vidal - La coqueluche
Vidal - Vaccin coqueluche
Ameli.fr - Coqueluche : définition, transmission et symptômes
Institut Pasteur - La coqueluche

 

 

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 17/05/2021

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