Qu'est-ce que l'hyperthyroïdie ?

Maladie de la thyroïde : l’hyperthyroïdie

On parle d’hyperthyroïdie lorsque la glande thyroïde sécrète trop d’hormones thyroïdiennes. Elle provoque des symptômes caractéristiques, qui varient selon les personnes. Potentiellement dangereuse, cette pathologie doit être rapidement diagnostiquée pour être prise en charge. Plusieurs types de traitements permettent ensuite de faire baisser le taux d’hormones.


Alors qu’est-ce que l’hyperthyroïdie exactement ? Quels sont les causes et les symptômes de cette pathologie ? Et comment se soigne l’hyperthyroïdie ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce que l’hyperthyroïdie ?

L’hyperthyroïdie est due à un mauvais fonctionnement de la thyroïde, une petite glande en forme de papillon située à l’avant du cou. Elle produit trop d’hormones thyroïdiennes, et le métabolisme s’accélère.

 

Un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde

Située à la base du cou, la glande thyroïde sécrète des hormones qui participent à la régulation du métabolisme du corps (la triiodothyronine ou T3, et la thyroxine ou T4). Son fonctionnement dépend de l’hypophyse : située à la base du cerveau, cette glande produit la TSH, qui régule à son tour la sécrétion des hormones thyroïdiennes.


Les hormones thyroïdiennes sont essentielles. En plus de réguler le métabolisme des cellules de l’organisme, elles contrôlent l’énergie musculaire et la température corporelle, ont un impact sur la régulation de l’humeur et agissent sur le rythme cardiaque. Elles interviennent dans la transformation des graisses et du sucre apportés par l’alimentation, et dans la croissance osseuse et le développement du corps chez l’enfant.


On parle d’hyperthyroïdie en cas de dérèglement de la glande thyroïde, lorsqu’elle produit trop d’hormones thyroïdiennes : les taux sanguins d’hormones T3/T4 sont trop élevés. Cela provoque l’accélération du métabolisme et de nombreuses fonctions de l’organisme : le rythme cardiaque augmente, la personne maigrit, devient anxieuse et s’affaiblit.

 

Fréquence et facteurs de risque

Le diagnostic de l'hyperthyroïdie en général et des cancers en particulier a fait beaucoup de progrès dans les trente dernières années. On considère qu'une grande partie de l'augmentation des cas est due à une meilleure détection des troubles à un stade précoce. L'augmentation de l'incidence des tumeurs de la thyroïde a notamment été très importante dans les régions proches de Tchernobyl (Belarus, Ukraine et Russie), chez les enfants vivants lors de l'accident ou nés peu après l'accident de 1986. Le nuage radioactif consécutif à l'accident a contaminé les sols de plusieurs autres pays européens, mais les études épidémiologiques n'ont pas apporté de preuves d'une augmentation des cancers dans ces autres pays.


Assez fréquente, l’hyperthyroïdie est beaucoup plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (5 à 10 fois plus de femmes souffrent d’hyperthyroïdie, parfois pendant leur grossesse ou dans l’année qui suit leur accouchement). Elle se manifeste plus souvent chez les personnes âgées de plus de 60 ans, et lorsqu’une personne de la famille a déjà souffert d’une maladie de la thyroïde (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie).

 

Quelles sont les causes de l'hyperthyroïdie ?

L’hyperthyroïdie peut être due à :

  • la maladie de Basedow : dans cette maladie auto-immune, le système immunitaire s’attaque à l’organisme et entraîne l’augmentation de la sécrétion d’hormones T3/T4 (hyperthyroïdie diffuse, avec une hypersécrétion générale). La maladie de Basedow entraîne l’apparition de symptômes caractéristiques (goitre, sécheresse et saillie anormale des yeux, parfois un œdème à l’avant de la jambe). Première cause d’hyperthyroïdie chez la femme jeune, elle apparaît le plus souvent entre 20 et 40 ans ;

  • des nodules thyroïdiens (hyperthyroïdie nodulaire) : il peut s’agir d’un goitre multi-nodulaire toxique ou d’un adénome toxique. Un ou plusieurs nodules « toxiques » sont présents sur la glande thyroïde et sécrètent des hormones thyroïdiennes. Touchant principalement les femmes, il s’agit de la première cause d’hyperthyroïdie chez les personnes âgées de plus de 60 ans ;

  • une surcharge en iode (due à une ingestion abusive d'iode : préparations amaigrissantes, certains médicaments comme l’amiodarone, produits de contraste iodés, antiseptiques iodés…). Fourni par l’alimentation, l’iode est indispensable au bon fonctionnement de la thyroïde. Mais si cet oligo-élément est présent en excès, il peut entraîner un dysfonctionnement de la glande ;

  • une inflammation de la thyroïde (thyroïdite) : en plus d’une production excessive d’hormones, l’inflammation peut provoquer des douleurs à la base du cou. La thyroïdite peut être causée par une infection virale, une maladie auto-immune ou une réaction post-partum (après une grossesse).L’inflammation ne dure en général que quelques mois.


La grossesse peut être à l’origine d’une hyperthyroïdie. Elle peut se déclencher pendant ou après la grossesse (thyrotoxicose gestationnelle transitoire, ou thyroïdite transitoire après un accouchement).

 

Comment savoir si l’on a de l'hyperthyroïdie ?

L’hyperthyroïdie est à l’origine de plusieurs symptômes, qui varient selon les personnes et l’évolution de la maladie. Plus la prise en charge est tardive, plus les symptômes sont marqués (avec un tableau de thyrotoxicose).


Présentes en excès, les hormones thyroïdiennes augmentent le métabolisme et on retrouve en général :

  • une tachycardie (pouls rapide), des palpitations cardiaques, des douleurs dans la poitrine, un essoufflement ;

  • une perte de poids rapide et intense (malgré un appétit conservé, la personne perd plusieurs kilos en quelques semaines), une faiblesse musculaire (diminution de la force musculaire, et parfois du volume des muscles) ;

  • la sensation d’avoir toujours chaud : la régulation de la température corporelle est fortement perturbée. La personne transpire beaucoup et a les mains moites. Une sensation de soif intense apparaît ;

  • des selles molles et fréquentes, parfois des diarrhées et des nausées, des règles irrégulières, ou absentes ;

  • des tremblements au niveau des mains, des troubles de l’humeur, de la nervosité, une irritabilité associée à une hyperémotivité, une baisse de la libido, des troubles du sommeil, de la fatigue ;

  • la présence d’un goitre (dû à l’augmentation du volume de la thyroïde) et des troubles oculaires : les yeux sortent de leur orbite (exophtalmie) et les paupières se rétractent, donnant l’impression d’un regard fixe.

 

Si elle n’est pas prise en charge et traitée, cette pathologie peut entraîner des troubles cardiaques graves (insuffisance cardiaque et fibrillation auriculaire, notamment). Même si cela reste rare, elle peut aussi provoquer une crise aiguë thyrotoxique (avec de la fièvre, d’importantes palpitations, une confusion et une déshydratation, qui nécessitent une hospitalisation en urgence). Une quantité excessive d’hormones thyroïdiennes peut enfin diminuer l’absorption du calcium par les os, avec un risque d’ostéoporose.

 

Comment réagir ?

Plus le diagnostic d’hyperthyroïdie est rapide, plus la prise en charge est efficace. Les symptômes ne s’aggravent pas, et le risque de complications graves diminue. Il est donc recommandé de consulter son médecin traitant dès l’apparition de certains symptômes. S’il suspecte une hyperthyroïdie, il adresse son patient à un endocrinologue.


Le médecin procède à un interrogatoire complet et à un examen physique (palpation du cou pour rechercher un goitre, notamment). Il confirme ensuite son diagnostic grâce à des examens biologiques (prise de sang avec bilan hormonal et dosage des hormones thyroïdiennes). Le dosage normal de la TSH se situe entre 0,2 et 4,5 mUI/l, celui de la T3 entre 9 et 25 µmol/l, et celui de la T4 entre 3 et 8 µmol/l.


Il peut avoir recours à des examens complémentaires pour préciser les causes de l’hyperthyroïdie et orienter le traitement. Une échographie permet par exemple d’observer la thyroïde et l’aspect du nodule thyroïdien. Une scintigraphie thyroïdienne permet quant à elle de vérifier le fonctionnement de la thyroïde (mesure de la fixation de l’iode par la glande).

 

Quels sont les traitements de l’hyperthyroïdie ?

En cas d’hyperthyroïdie, le médecin peut avoir recours à plusieurs types de traitements. L’objectif est de faire baisser le taux des hormones thyroïdiennes.
 

Les médicaments antithyroïdiens de synthèse

Les médicaments antithyroïdiens de synthèse (néo-mercazole...) inhibent la sécrétion d'hormones thyroïdiennes par la thyroïde. Ils doivent être pris régulièrement, en suivant les recommandations du médecin. Les taux retrouvent des valeurs normales en quelques semaines (entre 3 et 8 semaines). Ce traitement doit ensuite être suivi par un traitement d’entretien, pendant plusieurs mois.


Les médicaments antithyroïdiens de synthèse peuvent provoquer plusieurs effets secondaires. En plus de surveiller leur efficacité, des analyses de sang régulières permettent de contrôler la numération sanguine (pour vérifier qu’il n’y a pas de chute du taux des globules blancs) et la fonction hépatique.


Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre pharmacien Giphar. Vous pouvez également consulter nos fiches médicaments de la thyroïde.


L’iode radioactif

Le traitement à l’iode radioactif consiste à détruire définitivement une partie des cellules de la glande, pour qu’elle produise moins d’hormones. Efficace 1 à 2 mois après (parfois après une période plus longue), ce traitement est réalisé dans un service hospitalier de médecine nucléaire. Il est contre-indiqué pendant la grossesse.


Présentant moins de risques, ce type de traitement remplace petit à petit le traitement chirurgical. Néanmoins, il peut parfois être trop « efficace » et provoquer une hypothyroïdie (qui suppose alors la mise en place d’un traitement à base d’hormones de substitution).

 

La chirurgie

Le traitement chirurgical de l’hyperthyroïdie consiste à retirer la glande thyroïde, en entier ou en partie. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale.


Un traitement médicamenteux est prescrit en cas d’ablation totale de la thyroïde (et parfois en cas d’ablation partielle, si la sécrétion hormonale devient insuffisante). Les comprimés doivent être pris quotidiennement, et à vie.

 

Sources :

https://www.pharmaciengiphar.com/maladies/diabete-et-maladies-hormonales/maladies-thyroide/qu-est-ce-que-hyperthyroidie

https://www.vidal.fr/maladies/metabolisme-diabete/hyperthyroidie.html

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-hormonaux-et-métaboliques/troubles-de-la-thyroïde/hyperthyroïdie

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/hyperthyroidie

 

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Jean-Pierre Roy, Pharmacien
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/04/2015

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