Alcool et diabète : quels risques et quelles précautions prendre ?

alcool et diabète

Si elles prennent certaines précautions et suivent des règles simples d’hygiène de vie, les personnes diabétiques peuvent vivre une vie normale.
Diner chez des amis, se rendre à un mariage ou à une soirée dansante, assister à une réunion de famille ou célébrer un moment de vie important… Les occasions de se voir proposer une boisson alcoolisée sont nombreuses. Or, le diabète n’empêche pas de pouvoir consommer de l’alcool, si cette consommation est contrôlée et modérée.
Alors dans quelle mesure alcool et diabète sont-ils compatibles ? Quel alcool boire quand on est diabétique et comment gérer sa glycémie ? Quels sont les risques et les précautions à prendre ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Alcool et diabète sont-ils compatibles ?

L’alcool doit toujours être consommé avec modération. Un abus d’alcool peut être néfaste, particulièrement chez le patient atteint de diabète.

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est un trouble de l’assimilation et de l’utilisation des sucres par l’organisme, qui se traduit par une hyperglycémie chronique. Le taux de sucre dans le sang (la glycémie) du patient est trop élevé.

 

Pour fonctionner, notre organisme a besoin d’énergie, fournie par les nutriments contenus dans notre alimentation (lipides, protéines et glucides). Une fois ingérés, les nutriments passent dans l’intestin et dans le sang. Les aliments sont dégradés en glucose, et le taux de sucre dans le sang augmente. Le pancréas sécrète une hormone pour réguler ce taux de sucre : l’insuline. Elle permet le transport, l’utilisation et le stockage du sucre dans les muscles et le foie. Sans insuline, le sucre reste dans le sang et les cellules de notre organisme ne reçoivent pas l’énergie nécessaire pour fonctionner.

 

Provoqué majoritairement par des facteurs environnementaux et socio-culturels (mauvaise alimentation, sédentarité, manque d’activité physique…), le diabète de type 2 diminue l’efficacité de l’insuline. Dans le cas d’un diabète de type 1 (souvent héréditaire), le corps ne produit pas assez d’insuline. Dans les deux cas, le taux de sucre dans le sang du patient est trop élevé. Le diabète insipide se traduit quant à lui par une forte soif et par l’émission d’importantes quantités d’urine.

Le diabète insipide le plus commun est caractérisé par un déficit de l’hormone antidiurétique (ADH). Le diabète insipide néphrogénique résulte quant à lui d’une insensibilité des reins à l’hormone antidiurétique. Enfin, l’abus d’alcool ou de certaines drogues peut être à l’origine de la forme gestationnelle du diabète insipide.

 

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte par le patient pour une bonne gestion de son diabète : l’ingestion suffisante de glucides, le contrôle régulier du taux de sucre dans le sang, l'activité physique et la prise en compte des besoins en insuline. La bonne gestion de l'ensemble de ces facteurs permet de bien contrôler sa glycémie et de réduire les risques d’éventuelles complications.
 

Quel impact peut avoir l’alcool sur le diabète ?

Dès que l’on consomme une boisson alcoolisée, une partie de l’alcool passe directement dans notre sang, via la muqueuse buccale et l’œsophage. L’autre partie passe par l’estomac et l’intestin grêle, avant de rejoindre le sang. Or, la majorité des boissons alcoolisées contiennent du sucre. Les personnes diabétiques doivent donc être particulièrement vigilantes lorsqu’elles consomment de l’alcool. Elles doivent bien connaître l’effet de l’alcool sur la glycémie, pour pouvoir appréhender les besoins de leur corps en insuline et en glucides. Elles doivent connaître la quantité de sucre présente dans chaque verre d’alcool, celle-ci pouvant varier selon le mélange ou le type d'alcool ingéré.

 

Certaines études énoncent qu’une consommation modérée et régulière d’alcool (entre 1 et 3 verres par jour, répartis tout au long de la semaine) pourrait réduire le risque de diabète de type 2, l’alcool améliorant la sensibilité à l’insuline.(1) Les alcools visés sont les vins rouges (ou les vins blancs secs) de qualité, sans glucides et riches en polyphénols. Ils permettraient également de réduire le risque de développer certaines maladies cardiovasculaires (réduction du stress oxydatif, augmentation du bon cholestérol).

 

En revanche, une trop grande consommation d’alcool (combinée à un mauvais régime alimentaire et à l’absence d’activité physique au quotidien) pourrait au contraire augmenter le risque de développer un diabète de type 2. L’alcool est à proscrire en cas de pré-diabète ; il ne ferait qu’aggraver la situation.

 

Quoi qu’il en soit, l’alcool doit toujours être consommé avec modération, chez les personnes diabétiques ou non. En effet, au-delà de deux verres de vin par jour pour la femme (20 g / jour) et de 30 g pour l’homme, l’alcool peut devenir dangereux et avoir des effets néfastes sur la santé en général (complications au niveau du foie, des artères, du système cardio-vasculaire…). Les personnes diabétiques sont encore plus exposées à ces complications éventuelles.
 

Peut-on boire de l’alcool lorsque l’on est diabétique ?

Lorsqu’une personne diabétique (diabète de type 1 ou diabète de type 2) ingère de l’alcool, son taux de sucre dans le sang augmente. Cela peut provoquer un déséquilibre glycémique. Quels sont les risques et les précautions à prendre ?

Consommer de l’alcool quand on est diabétique : quels risques ?

L’augmentation du taux de sucre dans le sang perturbe le contrôle glycémique du patient diabétique, et peut être à l’origine d’une hypoglycémie ou d’une hyperglycémie. L’alcool peut également provoquer de mauvaises interactions avec certains médicaments.

 

Les diabétiques qui consomment de l’alcool peuvent en effet être victimes d’hypoglycémies. Inhibiteur de la néoglucogenèse, l’alcool empêche le foie de réguler la glycémie et augmente les effets de l’insuline. Le glucose stocké n’est pas libéré. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas consommer d’alcool à jeun, notamment en cas d’insulinothérapie. Les symptômes de l’hypoglycémie ressemblent à ceux de l’ivresse : des étourdissements, des sueurs, de la fatigue, des changements d’humeur, de la confusion, une démarche chancelante, des difficultés à parler et une vision embrouillée.

 

Une hyperglycémie peut également être provoquée par l’ingestion de certains alcools très sucrés, comme les alcools forts mélangés à des jus de fruits ou à des sodas, la bière, les vins cuits… Ces boissons contiennent un taux élevé de glucides. En cas de consommation de ce type d’alcool, comment faire baisser son taux de sucre naturellement ? Vous pouvez préférer des aliments à index glycémique bas (IG), éviter les produits industriels et raffinés, pratiquer une activité physique régulière pour conserver un poids de forme, saupoudrer vos plats d’herbes aromatiques et d’épices (notamment de cannelle) et limiter vos envies sucrées.

 

L’alcool a également tendance à modifier la vigilance et à troubler l’attention. Après avoir ingéré de l’alcool, le patient diabétique peut méconnaître certains signaux d’alarme et être victime d’une grave hypoglycémie. Il peut être moins rigoureux dans son auto surveillance et dans la prise de son traitement.

 

Une trop grande consommation d’alcool peut enfin augmenter le risque de complications du diabète : hypertension, rétinopathie, neuropathie, néphropathie. Alors quelles précautions prendre pour éviter de tels risques ?

 

Les précautions à prendre

Certaines recommandations simples doivent être suivies par les personnes diabétiques qui souhaitent consommer de l’alcool :

  • ne buvez pas l’estomac vide (ne consommez pas uniquement de l’alcool à l’apéritif par exemple) : pensez à manger lorsque vous consommez une boisson alcoolisée, quel que soit son degré d’alcool. En effet, la nourriture a tendance à ralentir l’absorption de l’alcool par notre organisme, ce qui diminue les risques d’hypoglycémie ;

  • évitez de boire des boissons alcoolisées trop sucrées (vins liquoreux, vins cuits, alcools forts mélangés à des sodas ou à des jus de fruits, cocktails, certaines bières…). Quel est l’alcool qui contient le moins de sucre ? Préférez les boissons à faible teneur en alcool comme le vin rouge, le vin blanc sec, le rosé champagne… ;

  • ne buvez pas trop, ni trop souvent. L’alcool contient un nombre important de calories, ce qui peut avoir tendance à vous faire grossir et à aggraver votre diabète ;

  • ne consommez pas d’alcool avant, pendant ou juste après un effort physique. Si vous dansez pendant la soirée par exemple, pensez à manger des glucides juste avant, afin d’éviter une baisse de votre glycémie ;

  • vérifiez que les médicaments que vous prenez pour réguler votre glycémie sont compatibles avec la consommation d’alcool ;

  • évitez de mélanger alcool et tabac si vous êtes atteint de diabète ;

  • prenez en compte l’apport glucidique lié à l’ingestion de la boisson. Si vous vous injectez de l’insuline, veillez à ajuster la dose si nécessaire ;

  • buvez lentement et mesurez régulièrement votre glycémie ;

  • contrôlez votre glycémie après avoir consommé de l’alcool, surtout le soir (avant de vous coucher par exemple). Gardez à l’esprit que la glycémie peut diminuer plusieurs heures après la consommation d’alcool. Vous pouvez donc manger un petit encas avant de vous coucher, même si votre taux de sucre de sang est correct à ce moment-là, afin d’éviter une hypoglycémie nocturne ;

  • gardez à l’esprit que le glucagon (hormone hyperglycémiante qui une augmente la quantité de glucose dans le sang) ne pourra pas corriger une hypoglycémie induite par une ingestion excessive d’alcool ;

  • informez votre entourage de votre diabète ; si vous êtes trop alcoolisé, vous pourriez avoir besoin d’aide pour contrôler votre glycémie ou pour vous injecter votre insuline.

 

En cas de doute, consultez votre médecin ou demandez conseil à votre pharmacien.

 

Source: 

(1) Etude menée par des chercheurs de l’Université de Nankin (Chine). Elle est basée sur l’analyse d’études cliniques tirées des bases de données Cochrane, PubMed et Embase jusqu'en mars 2019.

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/03/2020

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