Diabète, vers toujours plus de suivi

Les nouveautés en matière de suivi pour les diabétiques
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Le diabète touche 3,7 millions de personnes environ (1), en France, dont 700 000(2) ignorent être atteintes. Cette maladie chronique affecte les patients toute leur vie. Heureusement, les progrès en matière d’accompagnement et de prise en charge peuvent améliorer le quotidien et la qualité de vie de ces patients diabétiques.

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Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 07/11/2018

Le diabète : une maladie hormonale

Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais qu’il est possible de traiter et de contrôler. Caractérisé par un excès de glucose (sucre) dans le sang, il est causé par la défaillance d’une hormone produite par le pancréas, l’insuline. Cette hormone fonctionne comme une clé, qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme, où il peut être à la fois transformé et stocké. À défaut d’insuline, le glucose ne peut pas servir de carburant aux cellules. Il s’accumule alors dans le sang et provoque une augmentation du taux de sucre, ou hyperglycémie. À long terme, un taux de sucre trop élevé dans le sang entraîne certaines complications, notamment au niveau des yeux, des reins, du système nerveux, du cœur et des vaisseaux sanguins.

 

Il n'existe pas un, mais plusieurs types de diabètes

Le diabète de type 1 représente environ 10 % de tous les cas de diabète. Cette forme de la maladie apparaît le plus souvent durant l’enfance ou l’adolescence. Les personnes atteintes de diabète de type 1 ne produisent pas d’insuline, en raison d’une réaction auto-immune (3) qui détruit certaines cellules du pancréas. Dans ce type de diabète, il est absolument nécessaire de recevoir régulièrement de l’insuline sous forme d’injection, d’où le nom qu'on lui attribue souvent de « diabète insulinodépendant ».

 

Le diabète de type 2 se développe quant à lui silencieusement pendant de nombreuses années et touche principalement des adultes de plus de 40 ans. La maladie est favorisée par une baisse de la sensibilité des cellules à l’insuline, notamment sous l’effet de l’obésité ou de la sédentarité. Il n’est pas rare que la maladie soit découverte de façon fortuite, à l’occasion d’une prise de sang ou en cas de complications. La perte de poids, lorsque celle-ci est nécessaire, et la modification des habitudes de vie – activité physique régulière et alimentation équilibrée – suffisent souvent pour contrôler la glycémie (4).
Si ces changements ne sont pas probants, il faut avoir recours à des antidiabétiques oraux.

 

 Le diabète : une pathologie du quotidien

Le diabète de type 1, comme toutes les maladies chroniques, altère la qualité de vie et impose des contraintes : contrôle de la glycémie plusieurs fois par jour, gestion des hyper et des hypoglycémies, injections d’insuline, surveillance de l’alimentation, etc. Les patients doivent apprendre à s’autogérer, tout en étant capables de se diagnostiquer, de se prendre en main et de s’organiser en fonction de leur maladie, sans pour autant la laisser prendre le contrôle sur leur vie. Cela est loin d’être évident…

 

Réinjecter un peu d’insouciance

Heureusement, grâce aux nouvelles technologies appliquées à la santé, de nombreux dispositifs de plus en plus automatisés voient le jour et permettent d’alléger le quotidien des diabétiques, notamment de type 1, et d’optimiser le contrôle de leur glycémie : lecteurs de glycémie en continu (qui libèrent des piqûres pluriquotidiennes du bout du doigt pour réaliser sa mesure de glycémie), pompes à insuline, calculateurs de bolus (quantité d’insuline à injecter), outils d’observance – comme l’application DiabetoPartner(5), applications permettant de calculer les glucides dans ses aliments, etc.

 

À quand le pancréas artificiel ?

L’automatisation de certains systèmes est si avancée qu’on parle même de « pancréas artificiels ». Plusieurs projets dans ce domaine sont en cours de réalisation. C’est le cas de Diabeloop, développé par une start-up française, qui, après un dernier essai clinique positif mené en 2017, sera commercialisé dès l’obtention des autorisations de mise sur le marché. Ce dispositif associe une solution de délivrance automatisée d’insuline à une plateforme de télésuivi médical. Il est composé d’une pompe à insuline, d’un capteur de glycémie et d’un terminal (de type Smartphone) contenant un algorithme complexe qui détermine la meilleure dose d’insuline à envoyer à la pompe connectée. Un autre projet américano-européen, inControl, repose peu ou prou sur le même principe. Un essai clinique sur 300 patients a débuté en 2018. La course au pancréas artificiel est lancée.

 

Un accompagnement du diabète en pharmacie

Si « le diabétique de type 1 est souvent très bien informé et sait gérer sa pathologie au quotidien, puisqu’il ne peut pas oublier son traitement, ne serait-ce qu’une journée », comme le souligne Caroline Mazet, pharmacien à Saint-Pantaléon-de-Larche, en Corrèze, il en va autrement pour les diabétiques de type 2. « Ce sont souvent des personnes chez qui on a détecté un diabète alors qu’elles ne sentent rien », poursuit le pharmacien.

 

« On dit aux patients “Vous êtes très malade”, mais certains ont du mal à en prendre conscience tant cette pathologie est sournoise. Pourtant, un dépistage précoce et la mise en place d’une nouvelle hygiène de vie permettent de repousser les conséquences, parfois très graves, de la maladie. » C’est pourquoi, en novembre, les pharmaciens Giphar offrent un service de dépistage et d’accompagnement à leurs patients, en étant au plus près d’eux et de leurs contraintes au quotidien. Tous se sont formés au cours de l’année 2018 pour apporter conseils et soutien dans toutes les dimensions de la maladie (nutrition, activité physique, soins du corps, etc.).

 

La solution e-coaching pour accompagner les patients diabétiques

L’autre forme d’accompagnement qui pourrait bien se développer dans les années à venir pour aider certains diabétiques de type 2 à suivre un programme diététique et sportif : l’assistance nutritionnelle connectée, ou e-coaching. Comme le note le diabétologue Boris Hansel, « quand vous avez un nutritionniste ou un pharmacien non loin de chez vous, c’est plus simple de suivre un programme diététique. Mais tout le monde n’a pas cette chance ». Un premier essai clinique, mené par des médecins de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard à Paris, a donné des résultats encourageants (voir ci-contre).

 

3 questions à : Boris Hansel - Diabétologue et endocrinologue à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard (Paris 18e)

Vous avez mené une étude sur un programme d'e-santé. Quels en étaient les enjeux ?

Manger équilibré et pratiquer des activités physiques constituent le premier traitement du diabète de type 2. Ces recommandations sont, pour de nombreux diabétiques, difficiles à mettre en pratique sur le long terme. Nous avons voulu tester l’efficacité de solutions d'e-coaching nutritionnel. Aucune étude scientifique n’avait encore permis d’évaluer ce type d’accompagnement en France.


Quels enseignements tirez-vous aujourd'hui de cette étude ?

Lors d’un premier essai, nous avons testé sur 120 diabétiques de type 2 le programme Anode (6), un logiciel proposant un bilan nutritionnel doublé d'une prise en charge diététique et physique. Comparé à une prise en charge classique, ce programme a permis une amélioration des habitudes alimentaires, une réduction du poids et du tour de taille ainsi qu’une baisse de l’hémoglobine glyquée (7).


L'e-coaching serait-il la solution pour les diabétiques de type 2 ?

Non. Nous ne pouvons pas extrapoler ces résultats à la population générale. Les personnes retenues l’ont été en raison de leur tendance « technophile » et l’essai n’a duré que seize semaines. Tous nos patients ne sont pas disposés à utiliser ces services d'e-santé. Notre travail, désormais, consiste à savoir ce qu’il faut proposer et à quelle catégorie de patients. C’est l’objet des deux études à plus grande échelle, qui ont été lancées en septembre.

 

Conseil du pharmacien

« Si vous êtes diabétique prenez soin de vos pieds¬et privilégiez les chaussures à bout rond et les talons plats. »

Céline Braud, pharmacien à Chaudron-en-Mauges (Maine-et-Loire)

 

le diabète en quelques chiffres

 

  • Le nombre de personnes atteintes a augmenté de 5,4 % sur la période 2006-2009 et de 2,8 % sur la période 2014-2015 (8)

  • Le diabète touche aujourd’hui quelque 425 millions de personnes dans le monde (1)

  • L’organisation mondiale de la santé (oms) prévoit que 622 millions de personnes en souffriront, d’ici à 2040

  • En France, on compte environ 3,7 millions de diabétiques

  • Le diabète de type 2 concerne 90 % des diabétiques


La recherche de nouveaux traitements et de modes d’accompagnement innovants est un enjeu de santé majeur.

 

Sources

(1) Fédération Française des Diabétiques, 2015.

(2) BEH Invs, 42-43, novembre 2010.
(3) Processus au cours duquel l’organisme est agressé par son propre système immunitaire.
(4) La glycémie correspond au taux de glucose dans le sang.
(5) Conçue par des patients en partenariat avec la Fédération Française des Diabétiques.
(6) Accompagnement nutritionnel de l’obésité et du diabète par e-coaching.
(7) Marqueur du risque de complications du diabète, il évalue l’équilibre glycémique dans le sang sur une plus longue période (environ deux à trois mois).

(8) Fédération internationale du diabète, novembre 2017.

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