Polypes de l’estomac : définition et caractéristiques

polypes de l'estomac

Le polype de l’estomac est une tumeur bénigne, mais susceptible d’évoluer en cancer (au même titre que celui du colon). Zoom sur cette tumeur, les symptômes, les différentes typologies et les évolutions possibles.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Les polypes sont rarement associées à des symptômes, et sont donc souvent diagnostiquées de manière fortuite. Ils sont classés en plusieurs catégories, selon leur dangerosité et le risque d’adénocarcinome.


Certains facteurs de risque sont susceptibles de favoriser l’apparition de polypes gastriques. Mais il est également possible d’adopter un mode de vie préventif pour éviter leur développement. Alors qu’est-ce qu’un polype ? Comment apparaît-il et évolue-t-il ?

 

Qu’est-ce qu’un polype à l’estomac ?

Le polype gastrique est une tumeur bénigne, qui apparaît sur la paroi de l’estomac.

Définition et symptômes

Un polype est une croissance anormale des tissus. Il peut donc apparaître dans n’importe quel organe comportant des vaisseaux sanguins. Il se développe le plus fréquemment dans le colon ou dans l’utérus mais peut également apparaître dans l’estomac.


La présence de polypes peut entraîner des soucis digestifs ou, au contraire, ne pas être ressenti par la personne qui en est atteinte. En règle générale, les polypes apparaissent chez les personnes âgées d’au moins 50 ans. Le polype gastrique est plat (sessile), ou ressemble à une sorte de champignon : le polype péducilé possède par exemple un pied et une tête.


Lorsque le polype est « silencieux », il n’est pas facile de le déceler. Dans la plupart des cas, c’est un examen du tube digestif au moyen d’une sonde (une endoscopie), pratiqué pour une tout autre raison, qui permet d’en déceler la présence.


Quels sont les premiers symptômes du cancer de l’estomac ? Comment savoir si on a des polypes ? Les symptômes liés à la présence de polypes, lorsqu’ils existent, sont nombreux et variés : il peut s’agir de nausées, de vomissements ou de saignements, accompagnés de douleurs de l’abdomen, ou encore d’une anémie. Une impression de satiété peut également survenir après un repas : malgré un repas léger, la personne a l'impression d'avoir trop mangé.
 

Les causes

Certains facteurs sont susceptibles de favoriser l’apparition de polypes. L’hérédité joue notamment un rôle important dans le développement de ces anomalies (on parle de polypose adénomateuse familiale).


Un estomac en mauvais état ou enflammé est également un facteur de risque à ne pas négliger. Le polype des glandes fundiques peut aussi se développer chez les personnes qui prennent régulièrement des médicaments. Ces médicaments ont pour effet de réduire la quantité d’acide dans l’estomac.

 

Les différents types de polypes

Il existe plusieurs sortes de polypes :

  • Le polype hyperplasique : il mesure entre 1 et 2 centimètres de diamètre. Il se manifeste généralement chez ceux qui souffrent de gastrite.

  • Le polype des glandes fundiques : de taille plus réduite (moins de 1 centimètre), il est de couleur rose.

  • Le polype fibreux inflammatoire est dur et enflé. Il peut grandir jusqu’à obstruer le passage.

  • Le xanthome : il est de couleur jaune et de taille très réduite (moins de 5 millimètres).

  • Le polype hamartomateux : il comporte plusieurs types de lésions non néoplasiques (polype de Peutz-Jeghers, juvénile) et comporte un risque plus ou moins élevé de cancer digestif. Il est associé à des anomalies génétiques.

 

La prévention

Comment éviter d'en avoir ? Il est possible d’effectuer certains changements dans son mode de vie, pour prévenir l’apparition et le développement de polypes.


Il s’agit essentiellement de manger sainement. Une alimentation saine et équilibrée permet en effet de diminuer les risques d’inflammation de l’estomac. Il est également recommandé d’éviter ou de cesser tout comportement tabagique, de limiter sa consommation d’alcool et enfin de réduire au maximum son niveau de stress.
 

Polypes et chirurgie

Comment soigner un polype gastrique au niveau de l’estomac ? Faut-il retirer systématiquement les polypes ? Si ceux-ci n’entraînent pas une détérioration de la vie du patient, l’ablation du polype de l’estomac n’est pas indispensable. En revanche, une surveillance rigoureuse est conseillée : elle permet de s'assurer qu'ils ne deviennent pas malins, donc cancéreux. Des endoscopies régulières permettent ainsi de vérifier si la taille du polype évolue ou si son apparence se modifie.


Si, en revanche, la personne atteinte de polypes souffre de troubles assez sévères, l’ablation est une hypothèse à envisager très sérieusement. C’est également le cas si le polype est susceptible de dégénérer en cancer. Pour mesurer ce risque, une biopsie gastrique doit être pratiquée. Cet acte médical consiste à prélever une partie du polype, pour l’examiner.


Lorsque de nombreux polypes à risque sont décelés, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle consiste à retirer une partie des tissus de l’estomac (parfois la totalité). Le type de chirurgie dépend essentiellement de la taille de la tumeur : c’est elle qui détermine quel acte est le plus adapté.


Même si cela reste rare, un cancer primitif de l’estomac peut en effet se développer. En fonction de leur gravité, les troubles de l’estomac doivent donc entraîner une vigilance particulière dans certains cas. Ainsi, tout problème au niveau de l’estomac chez une personne âgée de cinquante ans ou plus doit être contrôlé à l’aide d’une fibroscopie. Cet examen est également systématique dans les cas suivants : la réapparition d’une pathologie à l’issue de l’arrêt d’un traitement, ou le développement de nouveaux symptômes.

 

Évolution des différents types de polypes

Selon leur nature, ils peuvent évoluer de façon différente. La prise en charge varie donc en fonction du type identifié.


Ils se classent en deux catégories :

  • Les polypes néoplasiques : ce sont les polypes les plus dangereux, car ils présentent un risque important d’adénocarcinome. Les adénomes sont les plus fréquemment rencontrés dans cette catégorie. Si un patient présente des polypes de ce type, le suivi endoscopique doit être extrêmement rigoureux.

  • Les polypes non néoplasiques : ce sont les plus fréquents (environ quatre polypes sur cinq). Parmi eux, les plus courants sont les polypes hyperplasiques et les polypes fundiques glandulo-kystiques (PFKG).

 

Les polypes néoplasiques : les adénomes

Ces tumeurs sont rarement associées à des symptômes, et sont donc souvent diagnostiquées de manière fortuite. Les polypes sont classés en plusieurs catégories, selon leur dangerosité et le risque d’adénocarcinome.


Certains facteurs de risque sont susceptibles de favoriser l’apparition de polypes gastriques. Mais il est également possible d’adopter un mode de vie préventif pour éviter leur développement. Alors qu’est-ce qu’un polype ? Comment apparaît-il et évolue-t-il ?

 

Les polypes non néoplasiques : les polypes hyperplasiques

Ils font partie des polypes les plus fréquemment retrouvés dans cette zone. Néanmoins, cette fréquence dépend des zones géographiques. Les polypes hyperplasiques se développent en effet dans une muqueuse inflammatoire, infectée par l’Helicobacter pylori. Or, cette bactérie est de moins en moins présente dans les pays développés.


Les polypes hyperplasiques sont le plus souvent situés au niveau de l’antre de l’estomac (dans 70 % des cas). Ils peuvent également apparaître dans d’autres endroits de l’estomac. Ils sont souvent multiples, lisses et de taille assez réduite (entre 0,5 et 1,5 centimètre de diamètre).


En ce qui concerne les polypes hyperplasiques, une lésion de dysplasie est très rare, mais n’est pas à écarter. Le risque est évalué de façon extrêmement variable d’une étude à l’autre, mais encore une fois, la dangerosité du polype varie en fonction de sa taille. Ceux qui mesurent plus de deux centimètres présentent ainsi un danger de dégénérescence plus élevé. On estime que le risque de transformation maligne chez les polypes hyperplasiques est de l’ordre de 2 à 3 %.

 

Les polypes non néoplasiques : les PFGK

Les polypes fundiques glandulo-kystiques (ou polypes d’Elster) font partie, avec les polypes hyperplasiques, des polypes les plus répandus dans cette zone du corps. Leur taille est en règle générale inférieure à 0,5 centimètre. Leur surface est lisse et ils sont souvent multiples, séparés par une muqueuse normale à l’endoscopie. Ici, le risque évolutif est nul. Les PFGK sont relativement faciles à diagnostiquer (il existe en effet une kystisation de certaines glandes fundiques, souvent bordés par un épithélium mucosécrétant).

 

Le traitement des PFGK, malgré leur caractère très souvent bénin, dépend de deux facteurs : leur taille et leur contexte d’apparition.

  • Dans le cas de polypes sporadiques, avec des polypes inférieurs à 0,5 centimètre, chez des personnes sous médicaments anti-reflux (inhibiteurs de la pompe à protons, ou IPP), une biopsie est recommandée.

  • C’est également le cas pour les polypes dont la taille est comprise entre 0,5 et 1 centimètre, sans qu’il soit nécessaire de stopper le traitement par IPP.

  • Enfin, dans les cas très rares où la taille du polype est supérieure à 1 centimètre, il doit être enlevé et le traitement par IPP arrêté.


Le médecin constate parfois la présence de multiples polypes de ce type, alors qu’aucun diagnostic de polypose adénomateuse familiale (PAF) n’a été posé. Il doit s’agir d’un véritable signal d’alarme. Une exploration colique doit être prescrite, et une étude des antécédents familiaux envisagée. Si la PAF est avérée, une endoscopie régulière doit être programmée (au rythme d’une tous les trois ans). Tous les polypes de plus de 1 centimètre, ou douteux, doivent faire l’objet d’une biopsie.

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 24/07/2020

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