La vaccination contre les papillomavirus pour les hommes

Vaccination contre les papillomavirus

Recommandée aux jeunes filles depuis déjà plusieurs années, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) a été étendue aux jeunes hommes en janvier 2021. Permettant de prévenir l’apparition de plusieurs cancers de la région anale et génitale, le vaccin est aujourd’hui recommandé à toutes les jeunes filles et à tous les jeunes garçons, de 11 à 14 ans révolus.

Alors pourquoi est-il important de faire vacciner son enfant contre les papillomavirus humains ? Jusqu’à quel âge les hommes peuvent-ils se faire vacciner ? Et auprès de qui se renseigner ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Pourquoi la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) est-elle recommandée aux hommes ?

Si le vaccin contre les HPV était déjà recommandé aux jeunes filles, la Haute Autorité de Santé a récemment étendu sa recommandation aux jeunes garçons.

 

Depuis le 1er janvier 2021, le vaccin est remboursé pour tous les adolescents de 11 à 14 ans. En plus de les protéger directement contre ces virus très contagieux et potentiellement dangereux, la vaccination des hommes contre les papillomavirus permet également d’améliorer la protection des femmes qui ne sont pas vaccinées.

 

Pour les protéger contre des virus dangereux

Très fréquents et contagieux, les virus HPV restent en général inoffensifs : ils sont éliminés spontanément par l’organisme (en un à deux ans) et ne provoquent aucun problème de santé.

 

Mais il arrive parfois que certains virus restent pendant plusieurs années dans les cellules infectées. L’infection devient persistante et peut provoquer l’apparition de lésions, qui peuvent à leur tour évoluer en cancer (sans que la personne infectée ne ressente aucun symptôme particulier).
 

Il existe de nombreuses souches de virus HPV (on en dénombre aujourd'hui près de 200), qui infectent aussi bien les femmes que les hommes. Certaines ne sont responsables que de lésions bénignes au niveau de la peau et des muqueuses de l’appareil génital (on parle aussi de « HPV à bas risque »). Visibles ou cachées, ces verrues ano-génitales (ou condylomes) peuvent apparaître dans la région anale ou génitale, chez les hommes et les femmes de tout âge. Ces petites excroissances peuvent être retirées par un médecin (à l’aide d’azote liquide, d’un laser ou d’un courant électrique), ou parfois nécessiter une intervention chirurgicale.
 

D’autres virus HPV peuvent aussi être responsables de lésions précancéreuses, qui peuvent à leur tour évoluer en cancer. On parle de « papillomavirus à haut risque cancérigène » (les HPV 16 et 18, par exemple). Si ces virus sont à l’origine de nombreux cancers du col de l’utérus chez la femme, ils peuvent aussi provoquer des cancers chez les hommes (au niveau de l’anus, du pénis, de la bouche et de la gorge). Aujourd’hui, près d’un tiers des cancers dus à des papillomavirus humains concernent les hommes.
 

Le vaccin contre les papillomavirus humains permet aujourd’hui de limiter la transmission des virus, et de prévenir jusqu’à 90 % des infections. Chez les hommes, il permet ainsi de prévenir l’apparition de condylomes génitaux, mais aussi de lésions précancéreuses et de cancers de l’anus, du pénis et de l’oropharynx (notamment des amygdales). Un aspect important puisqu’aujourd’hui, il n’existe pas de tests de dépistage des cancers oropharyngés et anaux.

 

Pour les protéger contre des virus qui se transmettent très facilement

Très répandus, les HPV sont aussi très contagieux. En effet, il suffit d’un simple contact peau à peau pour qu’une personne infectée en contamine une autre.

 

Le virus peut être transmis à l’occasion d’un simple rapport intime, sans qu’il n’y ait nécessairement pénétration (il suffit d’une caresse sexuelle avec les doigts ou la bouche, par exemple). Et dans la plupart des cas, les infections aux HPV restent silencieuses : la personne infectée ne souffre d’aucun symptôme et ne sait pas qu’elle est contagieuse. Ainsi, plus les partenaires sexuels sont nombreux, plus le risque d’infection par un virus HPV est élevé. On estime qu’entre 70 et 80 % des femmes et des hommes sexuellement actifs sont contaminés à un moment de leur vie.

 

Or, s’il permet de se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST), le préservatif ne protège pas complètement contre les HPV. Les virus peuvent en effet être présents sur des zones de peau qui ne sont pas recouvertes par le préservatif, comme les doigts, les testicules ou d’autres zones intimes. Aujourd’hui, la meilleure protection contre les papillomavirus humains reste donc la vaccination.

 

L’élargissement de la vaccination contre les HPV aux jeunes garçons et aux hommes permet non seulement de les protéger contre certains cancers, mais aussi de freiner la transmission de ces virus au sein de la population générale (et ainsi de protéger les jeunes filles et les femmes non vaccinées).

 

À quel âge les hommes doivent-ils se faire vacciner contre les HPV ?

La vaccination contre les papillomavirus humains est aujourd’hui indiquée pour tous les adolescents (filles et garçons), entre 11 et 14 ans révolus. Pour éviter la transmission de ce virus très contagieux, il est important de les faire vacciner avant leurs premiers contacts intimes et le début de leur vie sexuelle.

 

Entre 11 et 14 ans

Depuis le 1er janvier 2021, il est recommandé de faire vacciner tous les jeunes garçons contre les infections à papillomavirus humains, entre 11 ans et 14 ans. Lorsqu’il est administré avant les premiers rapports intimes et l’exposition aux virus, le vaccin offre en effet une protection optimale contre certains HPV. Pour les jeunes hommes non vaccinés, un rattrapage de la vaccination contre les papillomavirus humains est possible entre 15 ans et 19 ans révolus (avec l’administration de 3 doses).

 

Les garçons immunodéprimés doivent aussi se faire vacciner contre les HPV, parfois dès l’âge de 9 ans. À cause d’un système immunitaire défaillant, ils présentent en effet plus de risques de développer un cancer lié aux papillomavirus humains (anus, pénis, bouche ou gorge). Si l’enfant souffre d’une immunodéficience acquise (infection au VIH, transplantation d’organe, attente de greffe…), il est recommandé de le faire vacciner le plus tôt possible. Là encore, un rattrapage est possible pour les jeunes hommes, jusqu’à 19 ans.

 

La vaccination contre les papillomavirus humains est enfin recommandée aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ils présentent en effet des risques spécifiques (condylomes, lésions précancéreuses et cancers de l’anus, du pénis, de la bouche et de la gorge) et ne profitent pas de la protection indirecte apportée par la vaccination des jeunes filles. Le vaccin peut être administré jusqu’à l'âge de 26 ans.

 

Quel vaccin ?

Il existe deux types de vaccins contre les infections à papillomavirus humains (le vaccin quadrivalent Gardasil® n’est plus commercialisé). Ils sont administrés par voie intramusculaire :

  • le vaccin bivalent Cervarix®, qui protège contre les virus HPV de type 16 et 18 ;

  • le vaccin nonavalent Gardasil 9®, qui protège contre les virus de type 6, 11, 16 et 18 et contre les virus de type 31, 33, 45, 52 et 58. Ces souches de virus HPV sont en cause dans 80 % des cancers de l’anus et 90 % des verrues ano-génitales (condylomes).

 

Pour toutes les nouvelles vaccinations HPV, le Haut Conseil de la santé publique recommande aujourd’hui de privilégier le vaccin nonavalent Gardasil 9®. Mais si le schéma vaccinal a été initié avec une dose du vaccin Cervarix®, il doit être poursuivi avec le même vaccin (ils ne sont pas interchangeables).

 

Les effets indésirables les plus souvent rencontrés sont une réaction locale (rougeur, douleur et démangeaison), de la fièvre et des douleurs musculaires ou articulaires. Dans de rares cas, une réaction allergique peut survenir (elle apparaît juste après l’injection). Selon l’ANSM (Agence du médicament), il n’existe aujourd’hui pas de preuve d’un lien entre ce vaccin et l’augmentation de la survenue de maladies auto-immunes (sclérose en plaques notamment).

 

Quel schéma vaccinal respecter ?

Deux injections sont nécessaires pour que la vaccination contre les HPV soit efficace. Il est possible de programmer l’administration de l’une des deux doses au même moment que la dose de rappel du vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, prévu chez l’adolescent entre 11 ans et 13 ans.

 

Si le vaccin Gardasil 9® est administré entre 11 et 14 ans, il faut respecter un délai de 6 à 13 mois entre les deux injections. S’il s’agit d’un rattrapage entre 15 et 19 ans, il faut trois doses avec un délai de 2 mois entre la première et la deuxième injection, et un délai de 6 mois entre la première et la troisième injection. Le même schéma vaccinal doit être respecté chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

 

Où se faire vacciner ?

Pour la vaccination d’un jeune garçon ou d’un jeune homme contre les infections à papillomavirus humains, il faut s’adresser à son médecin traitant. Le vaccin peut aussi être réalisé par un infirmier, sur prescription du médecin. Il est également possible de se rendre dans un Cegidd (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) ou dans un centre de vaccination public.

 

Chaque dose du vaccin est remboursée à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie, sur prescription médicale. Le reste est en général pris en charge par la mutuelle ou tout autre organisme complémentaire (assurance). Dans certains centres, la vaccination est entièrement gratuite. Les personnes qui bénéficient de la CSS (complémentaire santé solidaire) n’ont quant à eux aucun frais à avancer.

 

Sources :

https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Les-Infections-a-Papillomavirus-humains-HPV

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3135747/fr/la-has-recommande-de-vacciner-aussi-les-garcons-contre-les-papillomavirus

https://www.ameli.fr/medecin/actualites/la-vaccination-contre-les-papillomavirus-humains-hpv-etendue-aux-garcons

https://www.vidal.fr/medicaments/utilisation/vaccins/vaccin-papillomavirus.html

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 02/03/2023

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