Les symptômes du cancer de l’ovaire

Cancer de l'ovaire

Chaque année en France, plus de 4000 femmes sont touchées par un cancer des ovaires. Silencieux et insidieux, les premiers symptômes du cancer de l’ovaire sont tardifs et passent au début inaperçus.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Ce type de cancer est donc particulièrement difficile à diagnostiquer, et souvent découvert tardivement. On estime ainsi que 3 cancers de l’ovaire sur 4 sont découverts à un stade avancé. Alors comment se manifeste ce type de cancer ?

 

Quelles sont les causes et les symptômes du cancer de l’ovaire ? Et quels traitements sont aujourd’hui proposés ?

 

Qu’est-ce qu’un cancer de l’ovaire ?

Le cancer de l’ovaire résulte d’une dégénérescence maligne des cellules de l’ovaire. Si l’on ne connaît pas aujourd’hui les causes directes de ce type de cancer, plusieurs facteurs de risque sont identifiés.
 

Apparition et développement

Le cancer de l’ovaire survient lorsque des cellules normales de l’ovaire commencent à se transformer et à se multiplier, de façon aléatoire et anarchique. Elles vont jusqu’à former une tumeur maligne.

 

Dans la grande majorité des cas, le cancer se développe à partir des cellules épithéliales, c’est-à-dire des cellules situées sur la surface externe de l’ovaire. On parle alors d’adénocarcinome. De manière plus rare, le cancer peut aussi se développer au niveau des follicules ovariens (impliqués dans la production des ovules), ou à partir du tissu de soutien formant le corps de l’ovaire.


Le cancer commence par apparaître à la surface de l’un des deux ovaires. Peu nombreuses au début, les cellules cancéreuses se développent au niveau de l’épithélium, l’enveloppe externe de l’ovaire. Plus elles se multiplient, plus la tumeur grossit.


Si la tumeur provoque la rupture de la capsule qui entoure l’ovaire, des cellules cancéreuses s’échappent dans la zone pelvienne (zone du bassin). On parle d’extension pelvienne. Les cellules cancéreuses peuvent alors toucher tous les organes situés dans cette zone : les trompes de Fallope, l’autre ovaire (sain jusqu’ici), l’utérus, le rectum et la vessie.


Elles peuvent ensuite atteindre les ganglions lymphatiques dans l’abdomen ou la membrane qui soutient et entoure les organes de l’abdomen, le péritoine. Dans ce cas, on parle de métastases régionales.

 

Si le cancer n’est pas traité, il continue à se propager via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Il peut atteindre d’autres organes plus éloignés (les poumons, le foie…). On parle ici de métastases à distance.

 

Causes

Si le cancer ovarien touche parfois des femmes jeunes (il s’agit en général de formes rares), l’âge moyen de diagnostic est de 65 ans.

 

L’âge est donc l’une des premières causes de développement de ce type de cancer.


Plusieurs autres facteurs de risque sont également suspectés :

  • des antécédents familiaux : un cancer du sein ou un cancer des ovaires chez des parentes au premier degré ;

  • des antécédents personnels de cancer du sein ;

  • le syndrome de Lynch (un cancer colorectal héréditaire) ;

  • des mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 (ce gène permet de contrôler le développement des cellules cancéreuses) ;

  • la prise d’une hormonothérapie substitutive (THS) de la ménopause, à base d'œstrogènes ;

  • des premières règles précoces ;

  • l’absence de grossesse (ou leur faible nombre) ;

  • une ménopause tardive ;

  • une endométriose ;

  • le tabagisme ;

  • l’exposition à l’amiante.

 

Les symptômes du cancer de l’ovaire

Lorsqu’il reste localisé au niveau de l’ovaire, le cancer ne provoque quasiment pas de symptômes. C’est pourquoi il est souvent identifié lorsqu’il a déjà atteint d’autres organes (des organes du bassin ou des organes situés plus loin).

 

Néanmoins, l’apparition de certains symptômes au niveau du ventre permet de déceler la présence d’un cancer de l’ovaire assez tôt. Il convient notamment d’observer leur fréquence, leur sévérité et leur date d’apparition.


Tout signe anormal au niveau de l’abdomen doit alerter : il peut s’agir d’une sensation de gêne, d’une impression de pesanteur, d’une constipation inhabituelle, de ballonnements, de nausées… Certaines femmes souffrent également de douleurs pelviennes persistantes.

 

En cas d’apparition de ces symptômes, il est fortement recommandé de consulter son médecin.


Lorsque le cancer de l’ovaire s’est étendu et commence à toucher les organes du bassin, d’autres types de symptômes peuvent apparaître :

  • une perturbation des règles, des saignements vaginaux inhabituels, des pertes vaginales anormales ;

  • des tensions dans les seins ;

  • une augmentation du volume de l’abdomen : elle est provoquée par la présence d’une masse ou par un épanchement de liquide, aussi connu sous le terme d’ascite ;

  • une compression de la zone pelvienne : des symptômes urinaires (mictions plus fréquentes ou plus urgentes, incontinence urinaire), des troubles du transit, une subocclusion…

  • un œdème d’un membre inférieur, une sciatalgie ou une phlébite (plus rares) ;

  • une dyspnée (pouvant être provoquée par un épanchement pleural) ;

  • une douleur thoracique ;gmz

  • une fatigue persistante et une altération de l’état général ;

  • des difficultés à manger, une perte de poids inexpliquée (parfois une prise de poids).


L’apparition de ces symptômes ne traduit pas nécessairement la présence d’un cancer de l’ovaire. Néanmoins, ils doivent amener à consulter, surtout s’ils sont multiples et ressentis de manière fréquente.

 

La combinaison de trois symptômes doit notamment alerter et amener à consulter rapidement : un gonflement de l’abdomen, des douleurs pelviennes et des envies urgentes d’uriner.

 

Comment savoir s’il s’agit d’un simple kyste de l’ovaire ? Les examens d’imagerie médicale permettent de préciser la nature d’une éventuelle anomalie.

 

Diagnostic et traitements

Après l’apparition des premiers symptômes et la réalisation de plusieurs examens, le diagnostic du cancer de l’ovaire est posé.

 

Le traitement est ensuite adapté en fonction de son type histologique (quelles sont les cellules impliquées ?), de son stade (jusqu’où le cancer s’est-il propagé ?) et de son grade (quel est son niveau d’agressivité ?).

 

Dépistage et diagnostic

Une fois les symptômes du cancer de l’ovaire rapportés au gynécologue, ce dernier procède à un examen clinique. Il prescrit ensuite d’autres types d’examens pour confirmer, ou non, son diagnostic :

  • une échographie pelvienne ou transvaginale : cet examen d’imagerie permet d’identifier la présence d’une masse sur l’ovaire, et de vérifier s’il s’agit d’une tumeur solide ou d’un kyste rempli de liquide. En cas de symptômes d’un cancer de l’ovaire, l’échographie permet d’observer la forme, la taille et le contenu de l’ovaire, ainsi que la présence éventuelle d’anomalies ou de liquide dans la région de l’abdomen ;

  • un bilan sanguin : l’examen sanguin consiste en une formule sanguine complète, des analyses biochimiques et un dosage des marqueurs tumoraux ;

  • une tomodensitométrie (TDM) ou une IRM : ce type d’examen donne une image en coupe du bassin, de l’abdomen et des ganglions lymphatiques qui entourent les ovaires. L’image offre plus de précisions que l’échographie, et permet de vérifier si le cancer s’est propagé à d’autres organes ;

  • une biopsie : une partie du tissu suspect est prélevée (en général sous laparoscopie), pour être analysée. La biopsie permet de poser le diagnostic final de cancer de l’ovaire, d’évaluer son stade de développement et de choisir le traitement le plus adapté.

 

Stades du cancer

Une fois les symptômes du cancer de l’ovaire confirmés par les examens et le diagnostic posé, il convient de déterminer le stade du cancer. Ce stade correspond au degré d’extension du cancer dans l’organisme. Il permet d’adapter le traitement de la manière la plus précise.


Pour déterminer le stade du cancer, le médecin prend en compte :

  • la localisation précise et l’étendue de la tumeur ;

  • la présence et la taille d’éventuelles métastases régionales : le cancer a-t-il atteint les organes voisins, les ganglions lymphatiques du bassin, le péritoine ?

  • la présence éventuelle de métastases à distance : le cancer s’est-il propagé à d’autres organes plus éloignés ?


En fonction des résultats, le cancer est classé dans l’un des quatre stades suivants (définis par la FIGO - Fédération Internationale de Gynécologie Obstétrique) :

  • stade I : le cancer est limité aux ovaires (stade IA, IB ou IC en fonction de son étendue). Il s’agit d’un stade précoce ;

  • stade II : le cancer s’est étendu localement, aux organes pelviens (utérus, trompes de Fallope, vessie…). En fonction de son étendue, on le classe en stade IIA, IIB ou IIC. Il s’agit également d’un stade précoce ;

  • stade III : des métastases régionales se sont formées. La tumeur s’est étendue au péritoine ou aux ganglions pelviens (ganglions lymphatiques dans le bassin). On le classe en stade IIIA, IIIB ou IIIC, notamment en fonction de la taille des métastases ;

  • stade IV : des métastases à distance sont identifiées. Le cancer s’est étendu à d’autres organes plus éloignés (notamment à la plèvre ou au foie).

 

Traitements

Le traitement du cancer de l’ovaire dépend du type de tumeur identifiée, de son stade, de son grade, de l’âge et de l’état de santé général de la patiente… La prise en charge est réalisée par une équipe spécialisée, composée en général d’un gynécologue, d’un oncologue, d’un chirurgien, ou encore d'autres professionnels de la santé tels qu’un pathologiste, un spécialiste de la douleur, un psychologue…


L’équipe médicale peut programmer :

  • une chirurgie : pour être efficace, elle doit permettre de retirer la totalité de la tumeur. Lorsque les symptômes du cancer de l’ovaire permettent de le diagnostiquer assez tôt (à un stade précoce), la chirurgie pratiquée est une « hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale » : le chirurgien enlève les deux ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus. Une chirurgie conservatrice est parfois envisagée (pour rendre possible une grossesse ultérieure). Si le cancer s’est propagé à d’autres organes (colon, rectum), ils sont également retirés (dans la mesure du possible) ;

  • une chimiothérapie : elle peut être administrée avant ou après la chirurgie. Elle permet de réduire la taille de la tumeur avant une chirurgie, ou de limiter les risques de récidive après. Elle est parfois le traitement principal du cancer de l’ovaire, lorsque la chirurgie n’est pas envisageable ;

  • une hormonothérapie et des traitements ciblés.

 

 

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 16/10/2020

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