Cancer : apprendre à mieux vivre sa maladie

Apprendre à mieux vivre sa maladie

Aujourd’hui, grâce aux progrès médicaux, on parvient à guérir beaucoup de cancers. Toutefois, la maladie reste une épreuve pour les personnes touchées, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Être atteint d’un cancer, c’est apprendre à (mieux) vivre avec la maladie pendant, et parfois après, les traitements.

 

Le soin dans sa dimension globale

Longtemps, les équipes médicales se sont exclusivement mobilisées sur les thérapies les plus efficaces pour vaincre les tumeurs. Mais, depuis quelques années, on assiste à un tournant vers un accompagnement plus global de la personne.

 

De très nombreux hôpitaux proposent désormais à leurs patients des « soins de support ». Il s’agit, au-delà des traitements spécifiques – chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, chirurgie – destinés à guérir, de tous les soins qui permettent d’aider le malade à réduire la fatigue, les nausées, les douleurs, les troubles digestifs, à le soutenir psychologiquement… Pour son bien-être, mais aussi parce que l’on sait que la qualité de vie a une réelle influence sur le traitement.

 

Parler de la fatigue

Premier symptôme des personnes atteintes d’un cancer, la fatigue est souvent liée à la maladie elle-même et/ou aux effets secondaires des traitements. Des solutions existent pour la réduire.

 

Il est important d’en parler aux équipes soignantes qui peuvent offrir une prise en charge individuelle impliquant diététicien, masseur-kinésithérapeute, psychomotricien, psychologue, etc.

 

Pour faire face à cette sensation d’épuisement et avoir un quotidien le plus normal possible, il peut aussi être nécessaire de réorganiser sa vie, tout en gardant à l’esprit que la fatigue est transitoire. Planifiez vos activités pour ménager votre énergie. Établissez des priorités, apprenez à lever le pied si besoin et acceptez l’aide de vos proches.

 

Bouger, c’est vital

On sait que l’activité physique a de multiples effets bénéfiques sur la santé et est efficace en prévention du cancer (près de 3 000 nouveaux cas de cancer par an seraient dus à un manque d’exercice physique) .

 

De nombreuses études ont montré que l’une des meilleures armes pour combattre la fatigue chez les personnes atteintes du cancer est l’activité physique, à pratiquer idéalement dès le début des traitements. Les résultats indiquent une diminution du niveau de fatigue pouvant atteindre 35 %3.

 

Comment pratiquer sans risque ?

Manque de motivation, peur de se faire mal, de s’épuiser... Le combat contre la maladie est une épreuve, se (re)mettre en mouvement peut l’être aussi. Tâchez d’intégrer la pratique d’une activité physique dans votre quotidien.

 

Par exemple, si vous le pouvez, allez faire vos courses à pied ou à vélo... Mieux vaut une pratique de faible intensité qui devient presque un « réflexe » qu’une séance de sport hebdomadaire à laquelle vous renoncerez faute de motivation.

 

Selon votre condition physique, pensez aux pratiques modérées : le yoga, la gymnastique douce, le stretching… Vous pouvez aussi bénéficier du dispositif Sport sur ordonnance et être accompagné par un coach sportif titulaire d’un diplôme Activité physique adaptée et santé (APA-S) ou effectuer des séances dans une maison Sport Santé. Parlez-en à votre médecin.

 

Renouer avec le plaisir de manger…

Les effets secondaires des traitements amènent parfois à déserter la cuisine. Près de 40 % des patients atteints de cancer souffriraient de dénutrition.

 

Pourtant, bien s’alimenter est indispensable pour mieux supporter les traitements, ne pas en diminuer l’efficacité et ne pas s’affaiblir davantage. La plupart des services d’oncologie disposent d’un diététicien ou d’un service de nutrition. C’est important ! Il existe aussi des sites, comme vite-fait-bienfaits.fr, qui proposent recettes et astuces pour conserver le plaisir d’être à table… même en cas de nausée.


Écoutez vos envies, même si elles bouleversent vos habitudes. N’hésitez pas à fractionner vos repas en les étalant tout au long de la journée afin de ne pas avoir l’estomac vide.

 

Évitez les aliments trop chauds, trop épicés, salés ou gras. Privilégiez les aliments froids, les cuissons en papillote ou bien vapeur qui dégagent moins d’odeurs. Le gingembre, en infusion ou confit, est très efficace contre les nausées, ainsi que l’huile essentielle de menthe poivrée (qui est cependant contre-indiquée en cas de tumeur cérébrale). Surtout, ne jeûnez pas, car votre corps a besoin d’énergie pour combattre la maladie.

 

Ne pas vivre avec sa douleur

Longtemps, la douleur a été considérée comme une fatalité. Ce temps est révolu et la soulager est désormais une priorité pour les soignants. Si vous souffrez, il est important de le faire savoir. Il existe de multiples solutions médicamenteuses pour prendre la douleur en charge.

 

Certaines techniques « complémentaires » peuvent aussi soulager, à condition d’être réalisées par des professionnels reconnus. L’acupuncture, par exemple, donne des résultats encourageants, notamment pour les douleurs neurologiques. La relaxation permet d’atténuer l’angoisse suscitée par la douleur ou la crainte qu’elle ne revienne. L’hypnothérapie est de plus en plus utilisée pour aider le patient à ne pas se « fixer » sur une douleur qui l’empêche de vivre normalement. Enfin, l’ostéopathie permet une approche globale.

 

Sexualité : éviter les non-dits

La maladie, la fatigue, l’anxiété et les traitements sont susceptibles d’altérer le désir et de perturber la sexualité des personnes atteintes d’un cancer et de leurs partenaires.

 

Certaines interventions chirurgicales, la perte de cheveux, la prise de poids, peuvent bouleverser le rapport au corps et miner la confiance en soi. Il est important d’évoquer ces sujets en consultation. Que l’on soit atteint ou guéri d’un cancer, préserver ou retrouver une sexualité épanouie est aussi un facteur de bien-être.


Faites-vous accompagner !

Au sortir de l’hôpital, on peut se sentir un peu perdu. N’hésitez pas à contacter votre pharmacien. Il pourra d’autant mieux vous conseiller s’il sait quel traitement vous suivez.

 

Les pharmaciens Giphar sont formés pour vous aider à optimiser l’efficacité de votre traitement et à en limiter les incidences sur votre qualité de vie. Un programme spécifique d’accompagnement pourra vous être proposé. Trois entretiens permettront de vérifier la bonne observance de votre traitement, d’évoquer vos difficultés éventuelles et de rechercher les meilleurs moyens de les surmonter.


Mes applis fûtées

Deux applications gratuite qui peuvent vous aider à vous informer sur la maladie et les traitements et à mieux la vivre au quotidien.
 

Méditation je me pause
Destinée aux patients, aux accompagnants et aux soignants, cette appli propose différents programmes de méditation de pleine conscience pour lutter contre le stress, améliorer son sommeil, mieux gérer ses douleurs et mieux vivre son quotidien.

Resilience Care
Une appli conçue en collaboration avec l’institut Gustave-Roussy pour mieux vivre son cancer au quotidien et gérer les effets secondaires des traitements. Le cancer du sein est le premier sujet traité, mais d’autres pathologies devraient
bientôt suivre.


« Certains compléments alimentaires peuvent agir sur les traitements. Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien. »
Christian W., pharmacien dans le Haut-Rhin


Pour aller plus loin

Cancer : être acteur de votre traitement
Comment affronter la maladie plutôt que de la subir ? Deux médecins proposent des approches complémentaires pour optimiser les traitements tout en limitant leurs effets secondaires. Dr Alain Dumas et Dr Éric Ménat, Leduc, 2018.
 

Comment vivre son cancer au quotidien.
Un guide résolument positif qui aborde toutes les problématiques des femmes confrontées à un cancer. Comment atténuer les effets secondaires des traitements, bien s’alimenter, préserver son couple, sa féminité… Caroline Paufichet-Burnouf, Éditions de La Martinière, 2018.
 

J’peux pas j’ai chimio
Une bande dessinée qui délivre un message optimiste et donne des clés de compréhension aux malades et à leurs proches, avec humour et bienveillance. Alexandra Brijatoff et Camille Hoppenot, Marabulles, 2022.


3 questions à... Jean-Bernard Le Provost, Psychiatre, chef du service de psycho-oncologie de l’institut Gustave-Roussy

Quels sont les impacts psychologiques de l’annonce du cancer ?
Cette annonce est anxiogène, voire traumatique. Elle modifie d’un coup la façon dont on se projetait dans l’avenir. Et ce, quel que soit son âge. Ensuite, se mettent en place des processus d’adaptation psychologique. Certaines personnes y parviennent mieux que d’autres. Soit parce qu’elles sont moins vulnérables, soit parce que leur entourage est très soutenant. D’autres peuvent développer des troubles anxieux ou dépressifs qui nécessitent un suivi psychologique.
 

Quelles sont les ressources qui aident à supporter la maladie ?
Il existe des ressources internes et externes. C’est ce qu’on appelle les stratégies de coping (de l’anglais to cope, « faire face »). Par exemple, on se tourne vers l’activité physique adaptée pour lutter contre la fatigue, on recherche le lien social, on s’essaie à la méditation… Et puis, il y a les ressources qui viennent de l’entourage. Les personnes vulnérables ou vulnérabilisées par la maladie, et/ou les effets secondaires des traitements, peuvent recevoir des soins dits « de support ».
 

Comment retrouver un équilibre de vie après les traitements ?
Ce n’est pas en faisant « comme si » le cancer n’avait pas existé. On a été éprouvé, il est donc important de s’accorder du temps pour retrouver des repères qui ont du sens pour soi. Il n’est pas rare que des personnes qui s’étaient très bien adaptées ressentent une détresse psychologique dans l’année qui suit l’arrêt des traitements. Il ne faut surtout pas culpabiliser mais demander l’aide d’un psycho-oncologue.

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 24/01/2023

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