Autopalpation mammaire : comment auto-examiner ses seins ?

Autopalpation mammaire

S’il est rapidement dépisté, le cancer du sein peut être pris en charge de manière efficace. Plus il est détecté tôt, plus les chances de guérison augmentent. Réalisée systématiquement à partir de 50 ans, la mammographie permet de détecter la présence de tumeurs et d’éviter leur développement.

 

Mais un autre type d’examen peut également être réalisé dans le cadre du dépistage du cancer du sein : l’autopalpation mammaire.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Alors pourquoi est-il important pour les femmes de procéder régulièrement à l’auto-examen de leurs seins ? Quelles sont les recommandations à suivre et les gestes à effectuer ?

 

Pourquoi procéder à une autopalpation mammaire ?

Le cancer du sein se manifeste par la présence de cellules anormales, qui se multiplient de manière incontrôlée. Ces cellules forment une tumeur maligne, touchant les tissus du sein ou la glande mammaire. La tumeur s’attaque aux tissus sains avoisinants. Mais les cellules cancéreuses peuvent également se propager dans l’ensemble de l’organisme, via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques : on parle alors de métastases.


Le cancer du sein peut se développer et progresser sur plusieurs mois, et même parfois plusieurs années. Or, plus il est pris en charge rapidement, plus le cancer du sein est facile à traiter. Un dépistage précoce permet en effet de prescrire un traitement moins agressif et moins intrusif, et donc mieux toléré par les patientes.


Pour compléter les examens prescrits et réalisés dans le cadre du dépistage de ce type de cancer, les médecins encouragent les femmes à s’auto-examiner chez elles, de manière régulière. L’autopalpation mammaire permet en effet de détecter la présence de certaines anomalies au niveau des seins : des masses suspectes, des plis anormaux au niveau de la peau, l’apparition d’un petit creux ou de plaies, la présence de sang ou de liquide au niveau du mamelon… Portées à la connaissance du médecin, ces anomalies sont ensuite examinées et confirmées, ou non, grâce à la réalisation d’autres examens complémentaires (prise de sang, échographie, IRM, mammographie…).


Ce dépistage précoce améliore et accélère ainsi la prise en charge de l’éventuel cancer du sein, et augmente les chances de guérison complète. L’auto-examen de la poitrine permet également de détecter d’autres types de maladies.


Les modifications observées au niveau des seins ne traduisent pas nécessairement la présence d’une tumeur. Composés de tissu adipeux, de tissu conjonctif et de la glande mammaire, les seins subissent en effet plusieurs transformations au cours de la vie d’une femme, notamment sous l’influence des hormones. La majorité des anomalies ou des changements observés sont ainsi bénins. Néanmoins, en cas de doute, il est toujours préférable de consulter son médecin traitant ou son gynécologue.

 

Comment s’auto-examiner les seins ?

L’autopalpation mammaire (aussi appelée auto-examen des seins) regroupe l’ensemble des gestes qui permettent à une femme de détecter toute anomalie éventuelle au niveau de sa poitrine. Cet auto-examen ne se substitue pas aux visites régulières chez un médecin ou un gynécologue.

 

Les recommandations

L’autopalpation mammaire permet de mieux connaître ses seins et d’être plus à l’aise avec son corps, de manière générale. Mais cet auto-examen des seins permet surtout de pouvoir remarquer facilement tout changement anormal au niveau de la poitrine, pour ensuite le signaler à son médecin. 


Il existe plusieurs recommandations en matière d’autopalpation mammaire (notamment du CNGOF, le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français). Cet examen des seins doit être pratiqué à partir de 20 ans, tous les mois, environ une semaine après le premier jour des règles. Pour les femmes ménopausées, il doit également être réalisé une fois par mois, à une date fixe (à chaque début de mois, par exemple).


L’autopalpation doit être complétée par un examen annuel chez un gynécologue. Il est également recommandé aux femmes âgées de 50 à 74 ans de programmer une mammographie tous les deux ans (pour les femmes présentant un risque de cancer du sein faible à modéré).


L’autopalpation mammaire comprend une phase d’observation visuelle et une phase de palpation à proprement parler.

 

L’examen visuel des seins

L’inspection visuelle des seins doit se faire debout, face à un miroir. Elle consiste à observer :

  • le sein en lui-même : une déformation, un changement de volume (qui n’est pas provoqué par une modification hormonale, comme la ménopause, une grossesse ou le cycle menstruel), une masse visible à l'œil nu, la modification de l’aspect d’un sein par rapport à l’autre ;

  • le mamelon : un écoulement de liquide ou de sang, un changement d’apparence, de taille ou de forme, une rétractation ou une inversion (le mamelon se rétracte à l’intérieur du sein, dans l’aréole mammaire), des rougeurs, une ulcération ou un eczéma persistant ;

  • la peau de la poitrine : une modification de l’aspect ou de la couleur de la peau, des rougeurs ou des pigmentations, une rétractation ou un épaississement de la peau, l’apparition de fossettes, de peau d’orange (ou peau qui pèle), de crevasses ou de plis, une ulcération ou une plaie, un changement de l’aspect de la peau de l’aréole, une nouvelle veine très apparente…


Les seins doivent être inspectés dans plusieurs positions : les bras le long du corps, les bras levés, les mains sur les hanches, le haut du corps penché vers l’avant et couchée sur le côté.

 

La palpation des seins

Le cancer du sein apparait souvent sous la forme d’une petite boule, remarquée et palpée par la femme elle-même. Alors comment faire une autopalpation mammaire ?


Il existe plusieurs méthodes et techniques d’auto-examen des seins. Les gestes de l’autopalpation se décomposent, de manière générale, en trois étapes :

  • 1ère étape : levez le bras droit, pour palper votre sein droit. Pour cela, utilisez la pulpe des trois doigts du milieu de votre main gauche. Commencez la palpation par la partie externe du sein, en effectuant de petits mouvements rotatifs des bouts des doigts. Petit à petit, parcourez l’ensemble du sein en effectuant ces mouvements. Les gestes de palpation doivent être fermes, réalisés de manière attentive et complète. Au fur et à mesure des mouvements de palpation, trois niveaux de pression doivent être appliqués : une pression d’abord superficielle, puis moyenne, et enfin forte.

  • 2ème étape : examinez et palpez l’ensemble de la poitrine, et notamment la partie située entre la courbe du sein et l’aisselle. Pensez également à palper le creux de votre aisselle (aussi appelé creux axillaire). L’objectif est de repérer, ou non, l’existence d’une éventuelle grosseur ou d’une masse anormale sous la peau. Cet auto-examen peut être réalisé en position debout, assise ou allongée. Ces gestes peuvent également être effectués dans un bain ou sous une douche. En effet, le savon a tendance à faciliter la palpation en améliorant la précision du toucher.

  • 3ème étape : procédez enfin à l’examen du mamelon. Pressez-le délicatement et observez si cela provoque un écoulement (de liquide ou de sang). Si oui, rapprochez-vous immédiatement de votre médecin traitant ou de votre gynécologue.


Une fois le sein droit terminé, répétez les mêmes gestes sur le sein gauche. Pour cela, utilisez les trois doigts du milieu de la main droite. Cette méthode est appelée méthode circulaire. D’autres techniques peuvent être utilisées dans la cadre de l’autopalpation mammaire. La méthode radiale consiste à palper le sein du mamelon jusqu’à l’extérieur du sein, en ligne droite, et à répéter le geste jusqu’à faire le tour du sein. Pour suivre la méthode verticale, il convient de partir du haut de l’aisselle et de palper le sein de haut en bas en suivant des lignes verticales très serrées.


Quelle que soit la méthode utilisée (méthode circulaire, radiale ou verticale), l’autopalpation des seins permet de détecter la présence d’une grosseur ou d’une petite boule sous la peau.

 

Comment réagir si l’on détecte une grosseur ou un autre symptôme ?

Si certains symptômes apparaissent à l’auto-examen visuel et / ou à l’autopalpation des seins, il convient de se rapprocher rapidement de son médecin traitant ou de son gynécologue. Celui-ci prescrit alors un bilan complet, accompagné d’examens complémentaires plus approfondis (une prise de sang, des examens d’imagerie médicale, une mammographie, une échographie, ou encore une biopsie). Cela lui permet de vérifier s’il s’agit d’une grosseur bénigne ou non.


Contrairement à certaines idées reçues sur le cancer et l’autopalpation mammaire, l’apparition de grosseurs ou d’autres modifications au niveau de la poitrine ne traduit pas nécessairement la présence d’une tumeur ou d’un cancer du sein. Il peut en effet s’agir d’une pathologie bénigne.


L’autopalpation de la poitrine ne peut pas se substituer à la palpation réalisée par un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, dans le cadre de l’examen recommandé à partir de 25 ans (une fois par an au minimum). L’auto-examen mammaire ne remplace pas non plus la mammographie recommandée aux femmes âgées de 50 ans 74 ans (cet examen doit être réalisé tous les deux ans).


Comment procéder à l’auto-examen en présence de prothèses mammaires ? Les prothèses mammaires n’empêchent pas l’autopalpation des seins. En cas de doute, il est recommandé de se tourner vers le chirurgien esthétique ayant implanté les prothèses.

 

Lire aussi :

Biopsie mammaire : en quoi consiste cet examen ?

L’ablation du sein : quand, pourquoi, comment ?

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 03/08/2020

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