Cancer et sport : l’activité physique pour lutter contre la maladie

Cancer et sport

Nous le savons, le sport est bon pour la santé, mais nous oublions parfois à quel point !
Dans le cadre de la cancérologie, plusieurs études menées ces dernières années mettent en évidence l’effet bénéfique du sport dans la prévention du cancer, mais aussi pendant, et après la maladie. Zoom sur les bienfaits du sport pour lutter contre le cancer.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

La pratique du sport en prévention du cancer

Selon une étude publiée dans le British Journal Of Cancer(1) en 2011, 40 % des cancers pourraient être évités, car ils sont liés à des facteurs de risque que nous pouvons limiter : l’alcool, le tabac, un régime alimentaire déséquilibré, une surcharge pondérale ou l’insuffisance d’activité physique.

 

S'il n'y a pas à proprement parler de sport anti-cancer, l’activité physique joue un rôle considérable dans la prévention du cancer. Une activité physique régulière et suffisante permet de :

  • Prévenir le surpoids et l’obésité, impliqués dans de nombreux cas de cancers

  • Moduler la production d’hormones et de facteurs de croissance (insuline, IGF-1, leptine, adiponectine) qui favorisent l’apparition et la croissance de cellules cancéreuses

  • Réduire l’exposition de la muqueuse digestive aux agents cancérigènes présents dans l’alimentation, en accélérant le transit intestinal

  • Stimuler le système immunitaire

 

Les études menées ces dernières années(2) confirment ces bienfaits, et parviennent même à les chiffrer. La pratique quotidienne d’une activité physique réduit les risques de cancer :

  • De 20 % pour les cancers du sein

  • De 18 % chez l’homme et 20 % chez la femme pour les cancers du côlon

  • De 26 % pour les cancers de l’endomètre

 

Les bienfaits seraient également avérés dans la prévention des cancers de la prostate, du poumon, du rein ou du pancréas.

 

La pratique du sport pendant la maladie

Si la pratique du sport en prévention du cancer est efficace, une activité physique régulière serait aussi tout à fait indiquée chez les personnes atteintes du cancer. Pendant le traitement, la pratique d’une activité physique (adaptée bien sûr) améliore considérablement la qualité de vie des malades, même chez les patients qui ne pratiquaient pas de sport avant. Parmi les bienfaits observés chez les patients pratiquant une activité physique durant leur traitement :

  • Une diminution des effets secondaires

  • Une meilleure observance thérapeutique et une meilleure tolérance aux traitements

  • Une réduction de la fatigue et une meilleure qualité du sommeil

  • Une diminution des épisodes dépressifs

  • Une baisse du risque de sarcopénie (diminution de la masse musculaire)

 

Pour de nombreux patients, il a été constaté que la pratique du sport pendant le traitement leur permettait de garder une meilleure image de leur corps, malgré son évolution face au traitement.

 

Aussi, poursuivre une activité physique présente un intérêt pour prévenir les récidives et les cas de décès. En effet, une étude sur le cancer du sein démontre que la pratique du sport après le diagnostic diminue de 24 % les risques de récidive, et de 28 % les risques de décès par cancer (3).

 

Chez certains patients, on constate après la maladie un « déconditionnement physique ». Le corps, affaibli par la maladie et les traitements, connaît une baisse de performance physique. Continuer le sport après la maladie permet de prévenir cet état et d’entretenir vos capacités physiques.

 

Activité physique et maladie : comment pratiquer sans risques ?

Quand on parle d’une « activité physique suffisante », les recommandations officielles sont les suivantes : 30 minutes par jour d’activité physique modérée, et 3 séances de 20 minutes d’activité d’intensité élevée par semaine. Bien sûr, il s’agit d’un idéal, et d’une recommandation qui ne convient pas à l’état de santé de tous.

 

En soi, chaque effort physique est bénéfique. Le simple fait de se lever, de marcher un peu, d’aller s’aérer 10 minutes, de prendre sa douche ou de faire son lit ont déjà un impact positif sur votre état de santé. Notre conseil ? Intégrer la pratique d’une activité physique dans votre quotidien : aller au travail à pied, faire vos courses à vélo, prendre le réflexe de faire les cent pas en téléphonant. Mieux vaut une pratique de faible intensité qui devient presque un « réflexe » qu’une séance de sport hebdomadaire qui ne vous motive pas et à laquelle vous ne vous rendrez pas avec régularité. L’activité physique ne doit en aucun cas être une contrainte !

 

Selon votre condition physique, pensez également aux pratiques douces : le yoga, voire le yoga sur chaise, la gymnastique douce, le stretching, sont des pratiques qui peuvent être adaptées pour des patients en cours de traitement. Vous pouvez aussi bénéficier d’un accompagnement avec des séances d’activité adaptées aux patients atteints du cancer, notamment grâce aux Maisons Sport-Santé.

 

Les Maisons Sport-Santé : qu’est-ce que c’est ?

Mises en avant par le gouvernement dans le cadre de la Stratégie Nationale Sport-Santé 2019-2024, les Maisons Sport-Santé se développent sur tout le territoire. Il s’agit d’établissements, parfois intégrés à l’hôpital, à une maison de santé, ou à d’autres organismes privés, qui proposent un accompagnement pour les personnes ayant besoin d’une activité sportive adaptée.

 

Les patients atteints du cancer, avec une prescription médicale pour une activité physique adaptée (APA), peuvent y trouver un accompagnement personnalisé pour pratiquer une activité sportive en toute sécurité. Vous êtes encadrés par des professionnels de santé, pour s’assurer que l’activité soit compatible avec votre traitement et votre état de santé, et qu’il y est un véritable effet bénéfique. Ces Maisons Sport-Santé sont aussi ouvertes aux personnes sans problèmes de santé spécifique, souhaitant reprendre le sport sans risques, avec l’accompagnement de professionnels.

 

Sources :

(1) British Journal of Cancer, 2011:105(S2).

(2) C.M. Friedenreich et al. State of the epidemiological evidence on physical activity and cancer prevention. European Journal of Cancer. 2010;46(14):2593-604.

(3) Ibrahim et al. Physical activity and survival after breast cancer diagnosis: meta-analysis of published studies. Med Oncol. 2011;28:753-65.

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 13/03/2020

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