La gale : une maladie en recrudescence

Les symptômes et les traitements de la gale
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Depuis 2010, la gale connaît une recrudescence en France. Avec environ 328 cas répertoriés pour 100 000 habitants en 2010, le Haut Conseil de la Santé Publique estime que l’incidence de la gale aurait augmenté de 10 % depuis 2002. Comment expliquer son retour et comment la traiter ? Quelques réponses pour mieux comprendre cette maladie taboue.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce que la gale ?

La gale est une maladie infectieuse de la peau, causée par un acarien, le sarcopte. Ce minuscule parasite creuse des tunnels dans la couche superficielle de l’épiderme qui apparaissent à l’œil nu sous la forme de petites lésions rouges et sinueuses. Aux extrémités de ces sillons, des petits boutons rouges correspondent aux endroits où le sarcopte dépose ses œufs et ses déjections. À la clé, de fortes démangeaisons qui s’intensifient souvent la nuit.
Les zones les plus touchées sont :

  • entre les doigts,

  • la face antérieure des poignets,

  • les coudes,

  • autour des aisselles,

  • autour du nombril,

  • sur les fesses,

  • entre les cuisses,

  • sur les organes génitaux externes chez les hommes,

  • sur les aréoles mammaires chez les femmes.

Les symptômes de la gale se manifestent une dizaine de jours après que le sarcopte est entré en contact avec la peau.

 

Comment attrape-t-on la gale ?

La gale est très contagieuse et le parasite se transmet par des contacts directs et rapprochés entre les personnes et via les tissus. Pour cette raison, elle est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible. La gale se propage assez facilement dans les collectivités (écoles, prisons, maisons de repos, etc.). L’INVS, l’Institut national de veille sanitaire, estime son incidence en France entre 330 et 350 cas pour 100.000 habitants.

 

Comment diagnostiquer la gale ?

La présence de démangeaisons chez le patient et ses proches, l’intensification de ces démangeaisons la nuit et les lésions cutanées typiques qu’elles provoquent sont les signes évocateurs de la gale.
Cependant, le diagnostic peut être difficile à poser. D’une part parce que les lésions provoquées par les démangeaisons peuvent faire penser à d’autres affections cutanées comme l’eczéma. D’autre part, chez les nourrissons et les personnes âgées, le système immunitaire est moins performant et ne déclenche pas forcément les réactions à l’origine des démangeaisons. Résultat : les patients ne se grattent pas, et en l’absence de lésions il est difficile pour le médecin de diagnostiquer la gale. Ces patients sont donc très contagieux.
Enfin cette maladie demeure taboue parce qu’elle reste associée à tort à la pauvreté. Or elle touche tous les milieux sociaux. Certaines personnes ne conçoivent donc pas qu’elles puissent avoir la gale et ne consultent pas de médecin.

 

Comment traiter la gale ?

Longtemps coûteux et difficiles d’accès, certains traitements contre la gale sont désormais remboursés par l’Assurance maladie s’ils sont prescrits par un médecin.

  • Traitement du patient et de son entourage

Pour limiter le risque de recontamination, l’entourage proche doit aussi être traité.
Pour cela, on peut avoir recours à deux types de traitement :

 

  • Local :

Des produits antiparasitaires sous forme de spray ou de lotions doivent être appliqués directement sur la peau aux endroits où le sarcopte est le plus présent.

  • Par voie orale :

Plus simple et plus rapide que le traitement local, le traitement sous forme de comprimés à avaler est souvent prescrit lorsqu’il y a beaucoup de personnes à traiter. Dans certains cas, une deuxième cure à 12 jours d’intervalle est nécessaire.

 

  • Traitement des tissus et de l’environnement

Dès le premier jour du traitement, tout ce qui est en tissu et qui est en contact direct avec le corps (vêtements, literie, peluches, serviettes de toilette, tapis, moquette, coussins de voiture, etc.) doit être nettoyé à 60 °C ou désinfecté avec un acaricide vendu sous forme de spray en pharmacie. Demandez conseil à votre pharmacien.

 

Le conseil de votre pharmacien Giphar

Les traitements contre la gale sont irritants et peuvent provoquer un eczéma post-gale. Pour rompre le cercle vicieux des démangeaisons qui ne sont alors plus provoquées par la gale mais par les irritations des produits antiparasitaires, il est indispensable d’hydrater la peau. Le médecin peut aussi prescrire des antihistaminiques et des crèmes corticoïdes.

 

La gale, l’éternel retour ?

Si on annonce régulièrement son retour, la gale n’a jamais vraiment disparu. Elle se caractérise par des recrudescences régulières. Certains changements comportementaux expliqueraient son regain en France depuis une dizaine d’années : des jeunes qui se prêtent de plus en plus des vêtements sans les laver, l’émergence des chambres d’hôtes et des gîtes chez l’habitant où l’ensemble de la literie n’est parfois pas changé systématiquement, etc.
Le pic de la gale observé en France depuis 2010 tend toutefois à redescendre, notamment grâce aux traitements désormais remboursés.

 

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Source
Merci au Dr Hervé Van Landuyt, dermatologue, attaché au CHU de Besançon, membre de l’ Association des dermatologues de Franche Comté (ASFODER)
 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 14/04/2017

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