Préménopause : quels sont les symptômes ?

Les symptômes de la préménopause

Cycles menstruels irréguliers, bouffées de chaleur, troubles du sommeil, fatigue… Période de transition hormonale, la préménopause (ou périménopause) se manifeste par l’apparition de plusieurs symptômes. Comme ceux de la ménopause, plusieurs gestes simples et traitements permettent de les soulager.Alors quels sont les symptômes de la préménopause ? À quel âge peuvent-ils commencer à apparaître ? Et comment réagir ?


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Qu’est-ce que la préménopause ?

La préménopause est la période de transition qui précède la ménopause. Alors comment commence la ménopause ? Comment savoir si l'on est proche de la ménopause ?

 

La ménopause

La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles chez la femme. Survenant en général autour de 50 ans, il s’agit d’un phénomène naturel, qui traduit la cessation d’activité des ovaires.


À sa naissance, une femme possède un nombre prédéfinit de follicules ovariens (on parle également de réserve ovarienne). Situés dans les ovaires, ces petits « sacs » contiennent les ovocytes (la cellule reproductrice femelle, qui porte le nom d’ovule lorsqu’elle est expulsée de l’ovaire).


À partir de la puberté, la femme présente des cycles menstruels (plus ou moins réguliers), qui rendent possible la fécondation. Au début du cycle, plusieurs follicules murissent (phase folliculaire). L’hormone folliculo-stimulante (FSH) agit également sur la muqueuse utérine (qui s’épaissit) et sur la glaire cervicale.

 

L’un des follicules arrive à maturité, se rompt et libère un ovule : c’est la phase d’ovulation, qui apparaît autour du 14ème jour du cycle. L’ovule descend dans l’une des trompes de Fallope, et peut éventuellement être fécondé par un spermatozoïde (cellule reproductrice mâle). C’est la phase lutéale. Si l’ovule est fécondé, il migre et s’implante dans l’utérus (phase de la nidation). Si l’ovule n’est pas fécondé, la couche superficielle de la muqueuse utérine se détache, pour être éliminée. C’est la survenance des règles, et le début d’un nouveau cycle menstruel.


Cycle après cycle, le stock ovarien diminue. Lorsque les ovaires ne contiennent plus aucun follicule ovarien, les cycles menstruels (et les productions hormonales d’œstrogènes et de progestérone qui l’accompagnent) s’arrêtent. C’est l’apparition de la ménopause (caractérisée au bout d’un an d’arrêt des règles).

 

La préménopause

La ménopause ne survient pas de manière brutale. En général, elle est précédée d’une période de transition plus ou moins longue. Survenant en moyenne autour de 47 ans , la préménopause peut durer entre 2 et 4 ans (parfois plus).


Cet état transitoire peut être divisé en trois phases distinctes :

  • la première phase, ou phase folliculaire courte : entre 41 et 43 ans, la durée de la phase folliculaire (et donc la durée des cycles) commencent à raccourcir. L’ovulation survient plus rapidement dans le cycle ;

  • la deuxième phase, ou phase du corps jaune inadéquat : la réserve ovarienne diminue (en nombre et en qualité). L’hormone folliculo-stimulante (FSH) n’est plus aussi efficace, les cycles sont plus longs et l’ovulation plus tardive. Un déséquilibre hormonal commence à apparaître ;

  • la phase d’anovulation : le stock ovarien est épuisé et les taux hormonaux fluctuent de manière imprévisible. Les règles sont de plus en plus irrégulières et espacées.

 

Quels sont les symptômes de la préménopause ?

Pendant cette phase de transition, la femme a des ovulations de mauvaise qualité (ou plus d’ovulation), et des déséquilibres hormonaux apparaissent (diminution et carence en progestérone). Si certaines femmes ne ressentent aucun signe particulier, d’autres peuvent souffrir de plusieurs symptômes gênants.


Les principaux symptômes de la préménopause sont les suivants :

  • des règles irrégulières, des cycles plus courts ou plus longs, des saignements abondants ;

  • l’apparition ou l’aggravation d’un syndrome prémenstruel : ce trouble survient pendant la phase lutéale (avant l’apparition des règles). Il se manifeste par l’apparition d’une anxiété, une irritabilité (voire une dépression), un gonflement, des œdèmes, des douleurs au niveau des seins et des maux de tête. Les symptômes disparaissent en général quelques heures après l’apparition des règles ;

  • la survenance de bouffées de chaleur (ou bouffées vasomotrices) et de sueurs nocturnes : les bouffées de chaleur se manifestent par l’apparition de frissons et de tremblements, suivie d’une brusque sensation de chaleur (du torse jusqu’au cou et au visage), de palpitations, de sueurs abondantes et de frissons.
    Occasionnelles ou fréquentes, ces bouffées de chaleur passent rapidement (elles ne durent en général que quelques minutes). Elles apparaissent souvent la nuit et sont à l’origine de troubles du sommeil. Pendant la journée, les bouffées de chaleur peuvent être favorisées ou accentuées par une température extérieure élevée, la prise d’un repas ou la consommation d’alcool, la pratique d’une activité sportive ou encore certaines émotions intenses.


Certains symptômes de la préménopause (bouffées de chaleur faisant penser à de la fièvre, règles abondantes, maux de ventre...) peuvent disparaitre au cours de la ménopause.

 

Comment réagir ?

Le diagnostic de la périménopause est confirmé par le médecin après l’étude de l’âge et des symptômes cliniques (date d’apparition, fréquence, gêne provoquée au quotidien…). Un dosage hormonal n’est en général pas nécessaire.
 

Soulager et traiter les symptômes gênants

Si les symptômes sont bien supportés, et qu’ils ne provoquent pas de troubles particuliers au quotidien, la préménopause ne suppose pas de traitement particulier.


Mais dans certains cas, la préménopause s’accompagne de symptômes anarchiques et gênants. Un traitement médical peut alors être mis en place. Pour limiter les symptômes, le médecin peut prescrire un traitement à base de progestatifs (à prendre pendant 10 à 20 jours par mois). Il peut également prescrire la pilule à certaines femmes (contraceptif oral faiblement dosé), jusqu’à la ménopause. Avant de prescrire ce traitement, le médecin vérifie l’absence de contre-indications ou de facteurs de risque (tabagisme, surpoids, cholestérol ou hypertension artérielle).

 

Maintenir une contraception efficace

Même si la préménopause s’accompagne d’une diminution de la fertilité, une grossesse reste toujours possible jusqu’à l’installation définitive de la ménopause. Il est donc important de maintenir une contraception efficace jusqu’à confirmation du diagnostic de ménopause par un médecin.


Jusqu’à l’arrêt définitif des règles, le médecin peut proposer de remplacer la contraception hormonale (pilule, implant, patch, anneau vaginal) par une contraception « barrière » (préservatif masculin ou féminin, diaphragme, cape cervicale, spermicides). En raison de l’irrégularité des règles, il est recommandé d’éviter d’avoir recours à une méthode naturelle (retrait, abstinence périodique).


Pendant cette période transitoire, il est particulièrement important de rester attentif aux éventuels signes d’une grossesse. Il est enfin essentiel de rappeler que seul le préservatif peut prévenir la transmission d’IST (infections sexuellement transmissibles).

 

Adopter une bonne hygiène de vie

Pour accompagner cette période transitoire, limiter ses symptômes et mieux se préparer à ceux qui accompagnent la ménopause, il est conseillé de :

  • adopter une alimentation saine et équilibrée, riche en calcium (poisson, viande blanche, fruits et légumes, fibres, huile d’olive…), éviter de consommer des plats préparés ;

  • arrêter de fumer, limiter la consommation d’alcool, de café, de plats trop chauds ou épicés ;

  • faire du sport de manière régulière : le sport permet de réduire le risque cardio-vasculaire, le risque d’ostéoporose et la prise de poids liés à la ménopause. Pour se maintenir facilement en forme, il est recommandé de préférer les escaliers à l’ascenseur, de marcher plusieurs fois par semaine (pendant une trentaine de minutes) et d’avoir une activité physique quotidienne ;

  • limiter le stress, pratiquer des activités relaxantes (comme le yoga, par exemple) ;

  • porter des vêtements adaptés (plusieurs couches de vêtements légers, faciles à enlever en cas de bouffées de chaleur) ;

  • baisser la température intérieure du logement, utiliser un ventilateur ou un brumisateur d’eau en cas de bouffées de chaleur.

 

Et après ?

Après plusieurs années de périménopause, les règles disparaissent complètement. Au bout d’un an, le diagnostic de la ménopause est confirmé. Plusieurs problèmes de santé peuvent alors apparaître :

  • des symptômes désagréables et gênants : des bouffées de chaleur, des insomnies et des sueurs nocturnes, une diminution de la libido et une sécheresse vulvovaginale responsables de troubles sexuels, des troubles génito-urinaires (infections, fuites urinaires, envies fréquentes d’uriner, prolapsus génito-urinaire), un surpoids, une fatigue et des maux de tête, des douleurs articulaires… ;

  • certaines maladies : une ostéoporose (le corps a des difficultés à produire du tissu osseux, et la perte osseuse s’accélère), des troubles cardiovasculaires (diminuées, les hormones n’exercent plus leur rôle protecteur. Certains facteurs, comme le surpoids ou le tabac, augmentent alors le risque cardiovasculaire)...


Après avoir examiné les troubles engendrés par la ménopause chez la femme, son état de santé général et l’absence de contre-indications, le médecin peut prescrire un traitement hormonal substitutif (THS). Ce traitement associe un estrogène et un progestatif. L’estrogène aide à soulager certains symptômes et prévient l’ostéoporose. Le progestatif permet quant à lui de diminuer le risque de cancer de l’utérus. Le traitement doit être vérifié et ré-évalué tous les ans.


Pour soulager les symptômes de la ménopause, d’autres traitements peuvent être prescrits (hydratants ou lubrifiants vaginaux, traitement hormonal local à base d’estrogènes, apport quotidien en calcium et vitamine D…).


Apparaissant de manière spontanée ou à la suite d’un traitement (une chirurgie, une chimiothérapie ou une radiothérapie, notamment), les symptômes d'une ménopause précoce (préménopause avant 40 ans) supposent également une prise en charge particulière. En l’absence de contre-indications, un traitement hormonal substitutif peut être mis en place pour limiter leurs effets et éviter les éventuelles complications.

 

Sources :

Ameli.fr - Ménopause : définition, symptômes et diagnostic

Ameli.fr - Les traitements au moment de la ménopause

Ameli.fr - Bien vivre lors de la ménopause

Vidal.fr - Menopause

sfendocrino.org- Ménopause

Msd Manuals - Syndrome prémenstruel


 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 03/09/2021

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