Comment choisir sa contraception ?

Comment choisir sa contraception ?

Préservatif, pilule, stérilet, retrait ou stérilisation… Permettant d’éviter une grossesse non désirée, la contraception repose sur un large éventail de méthodes et de dispositifs. Plus ou moins faciles à mettre en œuvre, ces différents moyens contraceptifs sont également plus ou moins efficaces.


AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE

Alors comment bien choisir son moyen de contraception ? Auprès de qui se renseigner pour en savoir plus ? Et quelles sont les différentes options proposées aujourd’hui aux hommes et aux femmes ?

La contraception : fonctionnement et efficacité

Que la méthode de contraception choisie soit naturelle (retrait), hormonale (pilule) ou mécanique (préservatif), elle vise à éviter la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde, et une grossesse non désirée.

Le cycle menstruel chez la femme

Chaque mois, l’organe reproducteur de la femme suit un cycle bien précis (il dure environ 28 jours, mais peut varier d’une femme à l’autre). Le cycle menstruel se décompose ainsi :

  • la phase folliculaire : les follicules ovariens sont stimulés par une hormone (la FSH) et produisent un ovule mature. La FSH favorise également la production d’œstrogènes par les follicules : la muqueuse utérine s’épaissit et la glaire cervicale change de consistance ;

  • l’ovulation : les œstrogènes provoquent l’augmentation de la LH (hormone lutéinisante). Le follicule se rompt et libère l’ovule mature, qui se déplace vers l’utérus (via les trompes de Fallope) ;

  • la phase lutéale : après l’ovulation, le follicule se transforme en corps jaune et produit de la progestérone. La muqueuse de l’utérus se renforce, pour permettre la nidation de l’ovule fécondé. Si l’ovule n’est pas fécondé, il ne s’implante pas dans l’utérus : le taux de progestérone chute de manière brutale et la couche superficielle de la muqueuse utérine se détache. C’est l’apparition des règles, et le début du cycle suivant. Si la durée de vie d’un ovule n’est que de 24 heures, celle des spermatozoïdes est plus longue (entre 3 et 5 jours en moyenne). Ainsi, en l’absence de contraception, la période de fécondité s’étend de quelques jours avant l’ovulation, à 24 heures après.

Des moyens de contraception plus ou moins efficaces

L’efficacité d’une méthode de contraception est calculée en fonction de :

  • son efficacité théorique (indice de Pearl) : combien de grossesses non désirées sur un an avec cette méthode contraceptive, lorsqu’elle est parfaitement utilisée (et sans interaction avec d’autres médicaments) ? La pilule a par exemple une efficacité théorique de 99 % ;

  • son efficacité pratique : combien de grossesses non désirées sur un an dans la vie courante, en prenant en compte les couples qui ont mal utilisé la méthode contraceptive (oubli de la pilule, mauvais usage du préservatif, mauvais positionnement du diaphragme…) ? La pilule a une efficacité pratique de 96 %. S’il existe un écart important entre efficacité théorique et efficacité pratique, cela signifie en général que la méthode contraceptive est particulièrement contraignante, ou difficile à utiliser. C’est par exemple le cas des méthodes naturelles (l’auto-évaluation de certains signes est parfois difficile) ou de la pilule (avec un risque d’oubli important).

 

Alors quelle est le moyen de contraception le plus efficace ? Pour être efficace, le dispositif choisi doit convenir à sa situation médicale, à son mode de vie, à ses envies et à ses pratiques sexuelles. Son efficacité pratique doit se rapprocher au maximum de son efficacité théorique.

les moyens de contraception

 

À qui s’adresser pour bien choisir sa contraception ?

Pour choisir la méthode de contraception la plus adaptée, il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel de santé. Il peut s’agir d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou encore d’une sage-femme. Votre pharmacien peut également vous renseigner sur les dispositifs existants, et vous délivrer une contraception d’urgence (sans ordonnance). Les Centres de Planification et d’Éducation Familiale (CPEF) peuvent aussi renseigner, accompagner et prescrire des contraceptifs (notamment aux jeunes femmes mineures, gratuitement et sans autorisation parentale). 



Avant de prescrire le contraceptif le plus adapté, le médecin (ou la sage-femme) interroge son patient sur son état de santé, ses antécédents familiaux, ses habitudes de vie (tabagisme), ses pratiques sexuelles… Il réalise également un examen clinique et gynécologique (frottis du col de l’utérus chez la femme, à partir de 25 ans).

Le médecin aide ensuite son patient à choisir sa contraception : il le renseigne sur toutes les méthodes existantes, sur leurs avantages et leurs inconvénients. Si une contraception hormonale est envisagée, le professionnel de santé prescrit également un bilan sanguin. Selon la méthode contraceptive choisie, des consultations de suivi sont programmées de manière plus ou moins régulière.

 

Les différentes méthodes de contraception

Pour répondre à toutes les situations médicales, à tous les besoins et à tous les modes de vie, il existe plusieurs moyens de contraception. Destinés aux hommes ou aux femmes, ils sont plus ou moins accessibles et efficaces.

La contraception chez la femme

La femme peut choisir entre plusieurs méthodes de contraception, hormonales, mécaniques ou naturelles.

La contraception hormonale

En règle générale, la contraception hormonale bloque l’ovulation, pour éviter la fécondation :

  • la pilule : contraceptif le plus utilisé chez la femme, la pilule est prescrite pour une période de 12 mois (renouvelable par un infirmier ou dispensable par un pharmacien dans certains cas). Pour être efficace, elle doit être prise quotidiennement, à des horaires réguliers. Il existe deux types de pilules :

  •  la pilule combinée œstroprogestative : elle contient des œstrogènes et un progestatif. La prise de ce type de pilule augmentant le risque de thrombose (phlébite), elle présente certaines contre-indications (âge et tabagisme) ;

  •  la pilule microprogestative : elle contient une seule hormone, à un dosage faible. Si elle contient du lévonorgestrel, elle provoque l’épaississement de la glaire cervicale (pour empêcher le passage des spermatozoïdes). Si elle contient du désogestrel, elle bloque également l’ovulation. La pilule microprogestative peut être prescrite aux femmes qui présentent des contre-indications aux pilules œstroprogestatives ;

  •  l’implant : inséré sous la peau du bras, ce petit bâtonnet peut être laissé en place pendant une longue période (3 ans). Il contient un progestatif (étonogestrel), qui bloque l’ovulation. Choisir un implant comme moyen de contraception permet d'éviter les oublis ;

  • le patch : collé sur la peau, le patch contraceptif délivre des hormones en continu (hormones œstroprogestatives). Permettant également de limiter les oublis, il doit être remplacé une fois par semaine, pendant trois semaines. Les règles surviennent la quatrième semaine ;

  •  l’anneau vaginal : inséré dans le vagin, ce dispositif souple contient des hormones œstroprogestatives, pour bloquer l’ovulation. Laissé en place pendant trois semaines, l’anneau est retiré au début de la quatrième semaine (apparition des règles). S’il diminue le risque d’oubli, ce moyen de contraception reste parfois difficile à utiliser. Il augmente également le risque de thrombose veineuse et nécessite un suivi médical régulier.

Le stérilet (ou DIU - dispositif intra-utérin)

Petit T d’environ 3 cm de long, le stérilet (DIU - dispositif intra-utérin) est posé directement dans l’utérus, par un médecin ou une sage-femme. Il peut s’agir d’un stérilet au cuivre (action spermicide, qui inactive les spermatozoïdes) ou d’un stérilet hormonal (qui contient du lévonorgestrel, pour épaissir les sécrétions du col de l’utérus et empêcher le passage des spermatozoïdes). Particulièrement efficace, le dispositif intra-utérin est posé pour une longue période (5 ans pour le stérilet hormonal et de 4 à 10 ans pour le stérilet au cuivre), et peut être retiré à tout moment. Le stérilet présente néanmoins certaines contre-indications (allergie au cuivre, grossesse récente, malformation de l’utérus…).

Les méthodes de contraception barrière

Il est possible de choisir entre plusieurs dispositifs de contraception « barrière », qui empêchent le passage des spermatozoïdes vers l’utérus :

  •  le préservatif féminin : il s’agit d’une gaine en nitrile ou en polyuréthane, avec deux anneaux souples à chacune de ses extrémités (l’anneau fermé se place au fond du vagin, et l’anneau ouvert sur les parties génitales externes de la femme). Comme le préservatif masculin, le préservatif féminin est le seul dispositif de contraception qui permet de se protéger des IST ;

  •  le diaphragme et la cape cervicale : ces petites coupelles (en latex ou en silicone) se placent au fond du vagin, avant le rapport sexuel. Réutilisable, ce type de dispositif peut être associé à un spermicide, pour plus d'efficacité;

  •  les spermicides (gels, ovules ou éponges) : placés dans le vagin quelques minutes avant le rapport sexuel, ils permettent de détruire les spermatozoïdes. Ces dispositifs ne présentent pas la meilleure efficacité contraceptive et ne protègent pas non plus contre les IST. Ils doivent donc toujours être associés à l’utilisation d’un préservatif.

Les méthodes naturelles

Basée sur différentes méthodes, la contraception naturelle reste peu efficace :

  • le retrait : pour éviter la libération des spermatozoïdes, l’homme retire son pénis du vagin avant l’éjaculation. Cette méthode présente un taux d’échec élevé (présence de spermatozoïdes dans le liquide préséminal, difficultés pour l’homme à contrôler son éjaculation) ;

  • l’abstinence périodique : cette méthode consiste à éviter les rapports sexuels pendant la période fertile (plusieurs jours autour de l’ovulation). Plusieurs méthodes sont utilisées pour identifier l’ovulation chez la femme (prise de la température chaque matin, observation de la glaire cervicale, calcul des jours pour les femmes aux cycles réguliers). Ces méthodes restent peu fiables. Dans certaines situations, le médecin peut envisager une stérilisation à visée contraceptive (ligature des trompes, par exemple). Cette méthode est définitive et irréversible : elle ne peut être pratiquée que chez une femme majeure, et impose un délai de réflexion de 4 mois.

La contraception chez l’homme

Il existe également différents moyens de contraception chez l’homme, plus ou moins efficaces :

  •  le préservatif masculin : facilement accessible, il s’agit du moyen de contraception le plus utilisé chez l’homme. Cette fine membrane en latex (ou en polyuréthane) se positionne sur le pénis en érection, juste avant la pénétration. Il retient le sperme au moment de l’éjaculation, et évite toute fécondation. À usage unique, il doit être retiré dès la fin du rapport. Lorsqu’il est bien utilisé, le préservatif fait partie des moyens de contraception les plus efficaces. Il s’agit également du seul contraceptif qui protège du VIH et des autres maladies sexuellement transmissibles (ou IST - Infections Sexuellement Transmissibles) ;

  •  le retrait (ou « coitus interruptus ») : l’homme retire son pénis du vagin de la femme, avant l’éjaculation. Comme expliqué plus haut, cette méthode reste peu fiable ;

  •  la vasectomie : efficace, cette méthode de contraception est néanmoins permanente et irréversible. Elle consiste à ligaturer, couper ou coaguler les canaux déférents, pour que les spermatozoïdes ne se mélangent plus au liquide spermatique. Cette intervention chirurgicale ne peut être réalisée que sur un homme majeur, et impose un délai de réflexion de 4 mois. La stérilité n’est effective que 8 à 16 semaines après l’intervention, et après une vingtaine d’éjaculations. Elle est vérifiée à l’aide d’un spermogramme.

 

Zoom sur la contraception d’urgence

Aussi connue sous le nom de « pilule du lendemain », cette méthode de contraception ne peut pas remplacer une contraception régulière. Prise dans les 3 à 5 jours jours maximum qui suivent le rapport à risque, son utilisation doit rester exceptionnelle. Destinée uniquement aux femmes, la pilule du lendemain est prise en cas d’urgence, pour éviter une grossesse non désirée (après un rapport sexuel non protégé, en cas d’oubli de la pilule, lorsque le préservatif s’est rompu…). Elle est délivrée sans ordonnance en pharmacie (ou sur prescription d’un médecin, pour être remboursée).

Attention : comme la majorité des moyens de contraception, la pilule du lendemain ne protège pas des infections sexuellement transmissibles.

Seul le préservatif (masculin ou féminin) protège des IST (et du VIH). Il doit donc être utilisé au début de chaque nouvelle relation et à chaque changement de partenaire sexuel, jusqu’à l’obtention des résultats (négatifs) des tests de dépistage des IST.

 

Sources :

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/contraception

https://www.choisirsacontraception.fr

 

 

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 19/01/2022

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