Qui s’occupe de votre santé en mer ?

Les ennuis de santé en mer
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En mer, quel que soit le type de bateau, s’il n’y a pas de médecin à bord, c’est un membre de l’équipage qui est chargé de prendre soin des passagers. Une formation médicale est d’ailleurs obligatoire pour les futurs capitaines !

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Rédigé par : Élise Dubuisson
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/07/2017

Lorsqu’on embarque sur un bateau pour une croisière ou pour une simple journée sur l’eau, on ne se pose pas vraiment la question de ce qu’il arrivera si on a un ennui de santé. Heureusement, les professionnels de la marine y ont pensé pour vous ! « Il existe des obligations en matière de santé dans la convention du travail maritime. Et notamment celle de former ses capitaines et de pouvoir dispenser les premiers soins nécessaires lorsqu’il n’y a pas de médecin à bord », explique le Dr Thierry Sauvage, responsable du Service de Santé des Gens de Mer (SSGM). « La présence d’un médecin n’est obligatoire que si le bateau compte plus de 100 personnes à bord et s’il est à 48 heures de navigation des premières côtes. Ce qui est assez rare. Il n’y a d’ailleurs en France qu’un seul navire qui répond à ces critères : celui qui navigue au sud de la Réunion. Les bateaux de croisière n’ont donc pas d’obligation quant à la présence d’un médecin. Il s’agit toutefois d’un service que la plupart des croisiéristes offrent à leurs clients. »

 

Equipage : une formation spécialisée

Conséquence de cette raréfaction des médecins à bord : l’importance de former l’équipage ! « L’objectif principal de ces formations est de permettre au personnel navigant de dispenser les premiers soins en attendant le retour à terre. Ainsi, le personnel doit être capable de prendre en charge une plaie, une brûlure, une crise d’épilepsie, un traumatisme crânien, une fracture, par exemple. »
Ce cursus ne se contente donc pas d’apprendre les premiers soins aux membres de l’équipage, il s’agit d’une formation en soins infirmiers élémentaires qui leur permettra notamment de faire une injection intramusculaire, de poser des agrafes, une attelle ou une perfusion, suturer une plaie, etc. « Cette formation est essentielle et pas forcément évidente car elle est très loin de leur vocation initiale. Pour les aider à mieux se projeter, un stage d’une quarantaine d’heures en milieu hospitalier est organisé. De quoi leur permettre d’observer les soins qu’ils ont appris de manière théorique mais aussi de les réaliser sur de vrais patients », poursuit le Dr Sauvage. Par ailleurs, tous les cinq ans, une remise à niveau est prévue.

 

Poser un diagnostic

Si une fracture ou une plaie est facile à « diagnostiquer », il n’en n’est pas de même pour les autres cas de figure qui pourraient se présenter. Difficile en effet de diagnostiquer un petit AVC quand on n’est pas médecin… Aussi, le personnel navigant est secondé par le Centre de consultation médicale maritime (CCMM) du CHU de Toulouse. « Ce service rendu à tous les navires battant pavillon français sur l’ensemble des mers du globe assiste par téléconsultation tout navire qui en fait la demande. Derrière les écrans, des spécialistes du CHU – dermatologues, ophtalmologues, chirurgiens orthopédiques, infectiologues, etc. – peuvent les seconder pour poser un diagnostic et pour leur expliquer quel(s) geste(s) ils doivent accomplir. Et ce, 24 heures sur 24. Ainsi, grâce aux électrocardiogrammes transmis aux médecins à terre, les marins sont capables de diagnostiquer un éventuel problème cardiaque et d’évaluer l’urgence – ou non – de la situation. Notre objectif est d’apporter à toute personne des soins de la même qualité que ceux auxquels elle aurait eu accès à terre et dans les mêmes délais », conclut Thierry Sauvage.

 

Marin, une profession à risque

Si cette formation des marins aux soins médicaux est utile aux vacanciers, elle l’est encore plus pour les marins eux-mêmes. En effet, environ 2.500 accidents du travail maritime sont recensés chaque année pour 40.000 marins professionnels. Il s’agit de l’un des métiers les plus à risque. La navigation entraînant des délais d’accès aux structures de soins à terre qui peuvent être de plusieurs jours.

 

Quid de l’administration des médicaments ?

Embarquer une pharmacie la plus complète possible fait aussi partie des obligations d’un capitaine. On y trouve donc des médicaments qui sont soumis à la prescription médicale. Mais qu’en est-il de leur administration ? « Le personnel navigant ne peut décider seul de l’administration de ces médicaments. Pour ce faire, il dépend de l’aval d’un médecin du CCMM. Il est en revanche à même de décider quel médicament en vente libre donner. »

 

Le saviez-vous ?

Le Centre de consultation médicale maritime n’est pas uniquement accessible aux professionnels de la mer, les plaisanciers y ont aussi accès. Alors, si cet été vous louez un petit bateau de plaisance pour la journée ou davantage, pensez à emporter avec vous ses coordonnées.

  • Le centre est accessible 24 heures sur 24 pour les urgences médicales.

  • Pour les appels non urgents, un médecin du CCMM assure une consultation de 8h à 18h du lundi ou vendredi et le samedi de 8h à 13h (heure de la métropole).

  • Le CCMM est joignable :

    • par satellite au 32 ou 38 sur le réseau INMARSAT,

    • par mobile au +33 5 34 39 33 33,

    • par mail : ccmm@chu-toulouse.fr.

 

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Mis à jour le : 01/07/2017

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