Mort subite du nourrisson ? Une étude éclairante

L’Invs (Institut national de veille sanitaire) vient de publier une étude réalisée de 2007 à 2009 sur la dramatique problématique de la mort subite du nourrisson ou mort inattendue du nourrisson. Les résultats de cette étude permettent ce mieux cerner encore cet aspect de la santé publique et de déboucher sur une amélioration de la prévention.

Mais tout d’abord, qu’appelle-t-on mort subite du nourrisson (MSN), mort inattendue du nourrisson (MIN) ? « Le concept de mort subite du nourrisson (MSN) apparaît dès le XIXe siècle, sous le terme Sudden Infant Death Syndrome (SIDS) chez les Anglo-Saxons : : il s’agit d’enfants en bonne santé, retrouvés décédés dans leur berceau sans explication apparente. » , précisent les chercheurs. « La définition, initialement très large (pas de limite d’âge, pas de spécification d’examens) a été modifiée au cours des années. […] « Une des plus récentes définitions de la MSN, donnée en 2004 par Krous et Beckwith [2], est celle "d’un décès inexpliqué d’un enfant de moins d’un an, survenant apparemment pendant le sommeil, qui reste inexpliqué après des investigations postmortem comprenant une autopsie complète et une revue complète des circonstances du décès et de l’histoire clinique". Ainsi, ce n’est qu’après exploration approfondie, comprenant une autopsie, qu’une "mort inattendue" peut être déclarée "mort subite du nourrisson". »

Une des conséquences positives de ces études qui se poursuivent depuis des décennies est désormais bien connue des familles et des parents : les risques qu’entraîne le couchage sur le ventre. Des campagnes successives ont permis une baisse importante des MSN, constatée non seulement en France mais dans nombre d’autres pays. Le couchage sur la dose reste aujourd’hui la principale mesure préventive de la MSN. De 1991 à 1997, la mortalité postnatale a diminué de 14,8 % et la MSN de 75 %. L’asphyxie due au couchage représente environ un quart des décès, de nombreux autres facteurs de risque concernant la MSN ont également été mis en évidence : 45 % sont dus à des maladies infectieuses, respiratoires, digestives ou autres et 12 % à des maladies métaboliques.

Un certain nombre de recommandations ont été faites, que nous évoquerons rapidement.
• Couchage sur le dos pour tous les moments de sommeil, sur le côté ce n’est pas aussi sûr.
• Tout ce qui est mou est dangereux, il faut un matelas et des oreillers fermes et éviter couette, édredons, etc., le drap, lui, est admis.
• Fumer pendant la grossesse augmente le risque de MSN.
• Contrairement à des idées reçues, placer le lit de l’enfant dans la chambre de la mère diminue les risques, en revanche partager le lit avec le nourrisson est dangereux.
• La tétine semble diminuer les risques, à condition de ne pas la placer une fois l’enfant endormi (et de ne pas trop la prolonger dans les années qui suivent).
• Trop couvrir l’enfant est dangereux (risque d’hyperthermie). Enfin, on ne peut écarter la problématique de la maltraitance, qui représenterait hélas 5 % des cas.

Terminons par une mise en garde : il n’est pas prouvé que les produits commerciaux censés éviter la MSN sont vraiment efficaces.

Source. Invs. Site : http://www.invs.sante.fr/publicatio....

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