Nanomédecine : au cœur de l’invisible

Les nanotechnologies au service de la médecine
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Les nanotechnologies offrent de fascinantes promesses. Ces technologies si minuscules qu’elles sont invisibles à l’œil nu bouleverseront sans nul doute la médecine de demain. Au programme : nouvelles techniques de diagnostic, nouveaux laboratoires et nouveaux traitements…

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 15/03/2016

Dans les années 1960 sortait sur les grands écrans « L’incroyable voyage », un film de science-fiction dans lequel un groupe de scientifiques embarque dans un vaisseau, avant d’être miniaturisé et injecté dans le corps d’un homme malade pour le soigner de l’intérieur. Et si nous n’étions plus si loin de cette incroyable aventure ? Bien sûr, nous n’avons à ce jour pas encore réussi à miniaturiser des hommes pour les envoyer en mission commando au cœur de nos organismes. Mais les chercheurs sont par contre parvenus à créer des « vaisseaux » et des technologies à l’échelle de l’infiniment petit : les nanotechnologies.

 

Nanotechnologies : des particules minuscules

L’avantage des nanotechnologies ? Leur taille ! Une nanoparticule ne mesure en effet que quelques dizaines à quelques centaines de nanomètres, c’est-à-dire entre 0,000.000.010 et 0,000.000.100 mètre. Un point de comparaison : un brin d’ADN mesure 2 nm, un virus entre 30 et 100 nm et un globule rouge 7 microns, l’équivalent de 7.000 nm...
Ces technologies miniatures sont donc à la même échelle que les « briques » du vivant. « Ce qui permet de les associer facilement avec le principe actif d’un médicament », explique Patrick Boisseau, responsable du programme Nanomédecine au CEA-Léti. « Mais elles sont également 500 à 1.000 fois plus petites qu’une cellule ! Elles peuvent donc y pénétrer facilement. »
Autre avantage, ces particules ont des propriétés différentes et interagissent autrement avec l’organisme : « Injecter des particules plus grosses à un patient risquerait par exemple de provoquer l’obstruction d’une artère, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Les nanoparticules par contre sont tellement petites que le problème ne se pose tout simplement pas », précise Patrick Couvreur, Professeur à l’Université Paris-Sud et membre de l’Académie des Sciences.

 

Nanoparticules : de fascinantes promesses

« Les nanoparticules peuvent avoir différentes fonctions physiques. Elles peuvent chauffer, couper, guider une molécule, la rendre furtive… », explique Laurent Levy, président de Nanobiotix. Les possibilités qu’elles offrent sont donc énormes : décupler l’efficacité d’un médicament ou de techniques d’imagerie, poser un diagnostic grâce à un laboratoire portable, observer le corps humain sous toutes ses coutures grâce à des nanocaméras…

 

Un laboratoire sur une puce

Les laboratoires d’analyse tels que nous les connaissons seront-ils obsolètes demain ? Des chercheurs travaillent en effet à la mise au point de « lab-on-chips », des systèmes d’analyse de la taille d’une puce électronique. Une miniaturisation impressionnante rendue possible grâce à l’utilisation des nanotechnologies… Résultat : quelques microlitres de sang suffiraient pour réaliser des centaines d’analyses en un instant.

 

Nanomédecine, quels risques ?

Introduire de si petites particules dans l’organisme peut-il avoir des conséquences néfastes pour notre santé ? « Comme tout autre médicament mis sur le marché, les nanomédicaments doivent passer toute une batterie de tests très exigeants qui visent à démontrer leurs bénéfices et à mesurer leur éventuelle toxicité », explique Patrick Couvreur. « Ils obéissent donc exactement aux mêmes règles qu’un médicament classique, et sont à ce titre aussi sûrs pour la santé. »

 

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Source
Merci à Patrick Boisseau, responsable du programme Nanomédecine au CEA-Léti, à Laurent Levy, président de Nanobiotix, à Patrick Couvreur, professeur à l’Université Paris-Sud et directeur de l’équipe Nanomédicaments pour le traitement de maladies graves à l’Institut Galien Paris Sud, à Julien Nicolas, chercheur CNRS à l’Institut Galien Paris Sud, et au Pr Didier Betbeder, chercheur Inserm spécialiste des nanotechnologies à l’Université Lille 2.


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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 15/03/2016

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