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Rentabilité, diminution des coûts, respect du planning, de vraies fausses raisons pour justifier un fait de plus en plus probant : les femmes sortent la plupart du temps trop tôt de la maternité. Et c’est l’Académie de médecine qui pousse un cri d’alarme à l’attention du corps médical et aussi, bien sûr, des premières intéressées, les jeunes mamans. |
La principale raison en est la réapparition, depuis 2002, d’une pathologie du cerveau touchant les nouveau-nés, alors qu’elle avait disparu. Une pathologie totalement évitable, liée en fait au fonctionnement du foie, lequel, à la naissance, est encore immature.
D’où, pour 80 % des bébés, l’apparition d’un ictère à la naissance. Si le nourrisson est suivi dans les premiers jours suivant la naissance, on vient très facilement à bout de la maladie.
Si le taux de bilirubine, pigment biliaire fabriqué par la destruction des globules rouges, est bien contrôlé, tout rentre dans l’ordre. Mais il peut se produire que ce taux augmente anormalement, et cela entre le troisième et le cinquième jour de vie. La bilirubine devient alors toxique et s’attaque au système nerveux. D’où le nom d’ictère nucléaire, dû à la coloration en jaune des cellules grises du cerveau.
Le troisième jour de vie est donc un instant crucial, le moment où doit être pratiqué le test permettant d’évaluer le taux de bilirubine. « Lorsque la hausse est détectée à temps, on sait parfaitement traiter cette maladie qui peut être l’origine de séquelles neurologiques très graves. », avertit Paul Vert, pédiatre et membre de l’académie, qui insiste sur le fait que le test doit se faire au troisième jour. Mais si la jeune mère est déjà sortie de la maternité, la maladie peut s’installer et provoquer des dégâts graves au système nerveux et au cerveau. On constate que les cas de taux de bilirubine estimés toxiques sont en augmentation de 40 % par rapport à 2009. C’est énorme.
L’Académie de médecine recommande donc un séjour à la maternité d’AU MOINS TROIS JOURS APRÈS LA NAISSANCE. Elle s’oppose donc à la pratique recommandée par la Haute autorité de santé (HAS), pour des raisons économiques, de deux jours. Si la maman désire vraiment sortir au deuxième jour, il est vital qu’elle sache qu’elle doit faire pratiquer ce test en ville au troisième jour. Sinon, elle peut demander avec force à rester un jour de plus à la maternité, dans l’intérêt de son bébé, mais aussi de la collectivité.
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