Grossesse : les dangers de la pré-éclampsie

Les symptômes et les traitements de la pré-éclampsie
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Anciennement appelée toxémie gravidique, la pré-éclampsie touche 2 à 3 % des femmes enceintes, généralement au cours du troisième trimestre. Une complication rare mais sévère, qu’il faut surveiller de près !

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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 10/02/2014

Qu’est-ce que la pré-éclampsie ?

La pré-éclampsie est une complication de la grossesse qui survient après la 20e semaine d’aménorrhée.

Elle est caractérisée par l’association chez la femme enceinte :

  • d’une hypertension artérielle (supérieure ou égale à 140/90 mmHg)

  • d’une forte concentration de protéines dans ses urines.

Elle peut entraîner des complications graves, tant pour la maman que pour l’enfant. C’est pourquoi ils doivent tous deux être suivis de près, à l’hôpital.

 

Pré-éclampsie : les causes et les facteurs de risque

Les causes de la pré-éclampsie ne sont pas connues avec précision. Il s’agit en fait d’une maladie du placenta.

Plusieurs facteurs de risque maternels sont connus :

  • avoir plus de 35 ans

  • mener une première grossesse (ou première grossesse avec un nouveau partenaire)

  • mener une grossesse gémellaire

  • avoir des antécédents personnels ou familiaux de pré-éclampsie

  • souffrir d’hypertension artérielle

  • souffrir d’un diabète  préexistant ou d’un diabète de grossesse

  • souffrir d’une maladie vasculaire (une maladie rénale par exemple).


Chez toutes les futures mamans, une mesure de la tension et du taux de protéines dans les urines est effectuée chaque mois pour traquer la présence d’une pré-éclampsie.
Si vous présentez un facteur de risque de pré-éclampsie, le suivi par votre médecin sera d’autant plus attentif. Votre gynécologue pourra par exemple proposer un suivi conjoint par votre généraliste, pour réaliser des analyses supplémentaires entre deux consultations, avec parfois des échographies plus fréquentes.

 

Pré-éclampsie : les symptômes qui doivent vous alerter

Certains symptômes doivent vous pousser à consulter au plus vite votre médecin ou vous rendre à l’hôpital :

  • maux de têtes persistants, souvent « en casque »

  • apparition de petits points brillants devant les yeux (persistants)

  • bourdonnements d’oreille persistants

  • impression (persistante) de sentir une barre au creux de l’estomac

  • impression de gonfler des mains et des pieds (œdèmes).

 

Attention, de nombreuses femmes enceintes ont souvent les mains et les pieds qui gonflent sans forcément souffrir de pré-éclampsie. Avant de vous alarmer, vérifiez si le symptôme disparaît en surélevant vos pieds. Si ce n’est pas le cas ou s’il s’aggrave, consultez votre médecin.

 

Les risques de la pré-éclampsie

Chez la maman, la pré-éclampsie peut entraîner de graves complications au niveau de tous les organes : les reins, le foie, le cerveau (AVC par exemple)… Dans les cas les plus graves, elle peut provoquer des crises de convulsion (on parle alors d’éclampsie, une urgence vitale).

Chez le bébé, la pré-éclampsie peut entraîner un retard de croissance, des anomalies du rythme cardiaque…

 

Seul traitement : faire naître bébé

Il n’existe pas de « traitement » de la pré-éclampsie. La seule façon de « guérir » est de retirer le placenta et donc de faire naître le bébé.
La prise en charge médicale consistera donc uniquement à gérer les complications engendrées, tel que donner un traitement contre l’hypertension  par exemple.
La future maman est toujours hospitalisée afin de permettre une surveillance stricte de la part de l’équipe médicale. Dès que les complications sont jugées trop dangereuses pour la santé du bébé ou de la maman, le médecin décide de provoquer la naissance prématurément, généralement par césarienne car le col n’est pas mûr pour un accouchement par les voies naturelles.

 

Pré-éclampsie : et après la naissance ?

Cette complication étant due au placenta, la tension artérielle de la maman revient progressivement à la normale après la naissance.
Une consultation chez un néphrologue (ou au moins un gynécologue) est conseillée trois mois après la fin de la grossesse. Objectif : vérifier que l’hypertension et les protéines dans les urines ont bien disparu. Si ce n’est pas le cas, ces symptômes n’étaient peut-être pas liés à la grossesse et il faut en trouver la cause.

Si vous avez souffert d’une pré-éclampsie sévère, a fortiori précoce (à moins de 33 semaines) lors d’une première grossesse, mieux vaut aller consulter votre gynécologue avant de vous lancer dans une nouvelle grossesse. Il pourra éventuellement vous prescrire un traitement permettant de limiter les risques d’une nouvelle pré-éclampsie.

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Source
Interview du Pr Michel Dreyfus, Chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU de Caen.


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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 10/02/2014

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