Chirurgie foetale : donner une chance à la vie

Les avancées de la chirurgie prénatale
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Un diagnostic prénatal est posé ? Il n’est parfois pas possible d’attendre la naissance du bébé pour intervenir. On peut désormais pratiquer une intervention chirurgicale directement sur le foetus.
 

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/07/2012

Le diagnostic prénatal

Pauline, jeune femme de 27 ans, reste interdite. Le visage fermé, elle demeure immobile sans savoir que répondre au médecin qui lui fait face. « L’intervention vous effraie ? », lui demande-t- il. Pauline acquiesce; elle n’a pas peur pour elle mais bien pour l’enfant qu’elle porte.  Comme elle est enceinte de 5 mois, l’échographie a en effet permis de mettre en évidence une hernie du diaphragme chez son futur bébé, une malformation dangereuse et potentiellement mortelle. La solution : une intervention chirurgicale directement sur le foetus.

 

Opérer le fœtus

Quel est l’intérêt de soigner directement le foetus ? Pourquoi ne pas attendre la naissance ? « Pour un certain nombre de malformations, la présence même de l’anomalie peut avoir des conséquences graves sur le développement du foetus », explique le Pr Franck Perrotin, chef de
service de la maternité et du centre de diagnostic prénatal de l’Hôpital Bretonneau (CHU de Tours). Dans le cas de Pauline, un trou s’est formé dans le diaphragme du foetus, le muscle qui sépare l’abdomen et le thorax. Véritable porte d’entrée, ce trou permet aux viscères de remonter dans la cage thoracique du futur bébé. Elles font alors pression sur les poumons et les empêchent de se développer. Il est donc essentiel de corriger le tir au plus vite afin de permettre au foetus de croître normalement.

L’intervention chirurgicale est inévitable.

 

Une chirurgie endoscopique

« Le terme d’intervention chirurgicale peut prêter à confusion », rassure le Pr Perrotin. Place en effet à la chirurgie endoscopique ! La miniaturisation et le perfectionnement des instruments chirurgicaux permettent désormais d’intervenir sur le foetus sans devoir « ouvrir » le ventre de la future maman. Pour l’opération en question, une petite incision suffit. Le chirurgien passe alors ses instruments à travers celle-ci. Une fois dans l’utérus, il se guide grâce à un endoscope, sorte de câble souple muni d’une caméra miniature qui permet de suivre l’intervention sur un  écran et auquel les instruments sont reliés.

 

Un ballonet dans la trachet

La solution proposée à Pauline ? La technique consiste à amener grâce à l’endoscope un petit ballon jusqu’au foetus, de l’introduire dans sa bouche, puis dans sa trachée. Là, le ballonnet est gonflé. Il empêche alors un liquide sécrété par les poumons de s’évacuer par la bouche.  Ce liquide s’accumule, les poumons se remplissent et font contre-pression sur les viscères. Ils peuvent alors se développer correctement malgré l’hernie. L’opération durera une vingtaine de minutes.

 

Une lueur d'espoir

« L’appréhension est bien présente chez nombre de parents qui se voient proposer ce type d’intervention », explique le Pr Frank Perrotin. « Mais, bien souvent, il s’agit tout simplement de la seule solution pour sauver l’enfant. Malheureusement, la possibilité d’un échec n’est pas à  écarter. » En effet, pour une hernie diaphragmatique, 15 à 20 % des interventions ne permettront pas de sauver l’enfant. Reste que l’opération chirurgicale augmente considérablement les chances de survie. Une lueur d’espoir inestimable pour les parents.

 

Des résultats encourageants

Bien qu’encore à ses prémices, la chirurgie foetale n’est pas utilisée que pour des hernies du diaphragme.

Autres anomalies traitées grâce à ce type d’intervention :

  • certaines malformations cardiaques,

  • le syndrome transfuseur transfusé (complication affectant les grossesses multiples où deux foetus ou plus partagent un même placenta),

  • le spina bifida, une malformation de la colonne vertébrale à l’origine de graves lésions neurologiques. Pour cette dernière affection, une étude récente démontre d’ailleurs que, malgré les risques encourus, la chirurgie prénatale permet d’obtenir de meilleurs résultats qu’une prise en charge uniquement après la naissance. À 2 ans et demi, 42 % des enfants opérés avant la naissance pouvaient marcher sans aide, contre 21 % des enfants opérés après la naissance.

 

Diagnostic sur ovule

Diagnostiquer et soigner avant la naissance ? Une belle avancée... Mais ce n'est pas tout ! Il est en effet désormais possible de poser un diagnostic avant même la conception de l’enfant...
 

  • Déceler une anomalie génétique

Le diagnostic préimplantoire permet en effet au cours d'une fécondation in vitro – lorsque les parents présentent un risque de transmettre une maladie génétique comme la mucoviscidose – de déterminer quels ovules sont porteurs d’une anomalie génétique. Il ne reste plus qu'à choisir ceux sains afin de les implanter chez la future mère, qui quelque 9 mois plus tard donnera naissance à un enfant en bonne santé.

 

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Source
Merci au Pr Franck Perrotin, chef de service de la maternité et du centre de diagnostic prénatal de l’Hôpital Bretonneau (CHU de Tours).


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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/07/2012

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