La mort subite du nourrisson

Comment prévenir la mort subite du nourrisson ?
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Cause de décès la plus fréquente chez les bébés de moins d’un an, la mort subite du nourrisson (MSN) est la hantise de nombreux jeunes parents. À quoi est-elle due ? Comment la prévenir ?

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Rédigé par : Emilie Pommereau
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 14/03/2017

Mort subite ou inattendue ?

Aujourd’hui, on distingue la mort inattendue du nourrisson (MIN) de la mort subite du nourrisson (MSN). Une MIN est définie comme « tout décès survenu brutalement chez un nourrisson et que rien dans ses antécédents ne laissait prévoir ». Lorsqu’une mort inattendue chez un enfant de moins d’un an demeure inexpliquée après les investigations post-mortem, elle est appelée mort subite. En France, entre 400 et 500 nourrissons de moins d’un an décèdent chaque année de manière inattendue et 40 à 50 % de ces décès correspondent à des morts subites. La majorité des morts subites du nourrisson surviennent avant l’âge de 6 mois.

 

Mort inattendues du nourrisson : des causes très variées

Les chercheurs n’ont pas encore élucidé tous les mécanismes à l’origine du décès brutal d’un nourrisson et dans certains cas aucune explication n’est trouvée. Même en l’absence de signe avant-coureur, le bilan post-mortem peut révéler des causes très variées : la présence d’une malformation cardiaque ou digestive, une anomalie génétique, une maladie métabolique ou une infection grave (méningite, encéphalite). Dans 5 % des cas on découvre que le décès survient après une maltraitance. Parfois, il s’agit d’un accident de couchage ou d’une erreur de dosage d’un médicament. Il est donc très important de réaliser un bilan post-mortem, notamment pour adapter la prise en charge médicale des nouveaux enfants dans les familles ayant vécu une mort subite du nourrisson.

 

Les facteurs qui augmentent le risque de mort subite du nourrisson

Si on ne parvient pas à expliquer la mort subite d’un nourrisson, certains facteurs peuvent en augmenter le risque en interagissant avec le système nerveux autonome. Cette partie du cerveau régule les fonctions automatiques de l’organisme comme la température corporelle, le rythme cardiaque, la respiration… Bref, tout ce qui permet de nous maintenir en vie. Des études ont par exemple montré que les nourrissons exposés au tabac respiraient moins bien, notamment pendant le sommeil. La position sur le ventre, quant à elle, induit un sommeil plus profond et diminuerait ainsi les capacités du bébé à se réveiller.

 

Que faire pour prévenir la mort subite du nourrisson ?

Certaines mesures peuvent réduire le risque de mort subite du nourrisson :

  • Un bon couchage. L’enfant doit dormir sur le dos, dans un lit à barreaux, sur un matelas ferme, sans objets, ni couverture afin que son visage puisse toujours avoir accès à de l’air frais. Au lieu de couvertures, préférez des vêtements qui suivent ses mouvements, comme la turbulette.

  • De bonnes conditions de sommeil. Le sommeil est un moment de séparation qu’il faut accepter et respecter. L’enfant doit dormir dans un lit bien séparé de celui des parents, mais il est recommandé de le placer dans la même chambre. En effet, le bruit, les odeurs et la proximité des parents permettent au nourrisson de mieux réguler son sommeil.  

  • Une bonne température ambiante. Le bébé doit dormir dans une chambre bien aérée et pas surchauffée. La température idéale se situe entre 18 et 20°C.

  • Pas de tabac. Le tabagisme durant la grossesse et après, expose le nourrisson à des difficultés respiratoires et modifie le sommeil des nourrissons.

  • L’allaitement maternel. Il a été démontré que les morts inattendues du nourrisson étaient moins fréquentes chez les enfants allaités.

  • L’usage de la tétine. Il semblerait que l’usage de la tétine protège de la mort inattendue du nourrisson sans que l’on sache exactement pourquoi.

 

Que penser des systèmes qui surveillent le sommeil du bébé ?

Il existe des dispositifs, à placer sous le matelas, qui détectent les mouvements respiratoires du bébé lors de son sommeil et sonnent en cas de problème. Ces systèmes d’alarme rassurent certains parents, alors que d’autres les trouvent anxiogènes. Dans tous les cas, leur utilité pour prévenir la mort inattendue du nourrisson n’a pas été prouvée. Un bébé en manque d’oxygène, suffoque et respire donc encore, alors que l’appareil sonne uniquement en cas d’arrêt respiratoire. Or, quand le bébé a arrêté de respirer, il est malheureusement bien souvent trop tard. De plus, les systèmes d’alarme sont vendus sans explications complémentaires sur les moyens de prévention et les images qui figurent sur l’emballage représentent des enfants qui dorment dans de mauvaises positions. Restez-donc vigilants avec ces dispositifs !

 

Quelques conseils pour veiller sur le sommeil de son bébé

Résistez aux achats compulsifs ! Les parents peuvent être tentés d’acheter des produits qui ne sont pas nécessaires, et parfois même contre-indiqués. C’est le cas du système de couchage très en vogue appelé « cocoon » qui englobe le bébé mais qui l’empêche en réalité de se mouvoir et peut être dangereux en cas de régurgitation.  
Trouvez des stratégies pour vous rassurer ! Si vous êtes angoissé et que vous vous demandez en permanence si votre bébé respire bien, regardez-le simplement. Si nécessaire, mettez votre main sur sa poitrine, touchez-le doucement pour le faire réagir ou placez votre doigt sous son nez pour sentir son souffle, en essayant de ne pas le réveiller !

 

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Source
Avec la participation de Béatrice Kugener, pédiatre et responsable du centre de référence « mort inattendue du nourrisson » au CHU de Lyon.


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Rédigé par : Emilie Pommereau
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 14/03/2017

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