Proche bipolaire : comment se comporter ?

Comment gérer les phases d'un proche bipolaire ?
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Partager le quotidien d’une personne souffrant de troubles bipolaires peut être compliqué à gérer. Pour y arriver au mieux, comprendre la maladie et se faire aider est primordial.

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Martine Versonne
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/02/2017

Proche bipolaire : comprendre la maladie

Bien comprendre la maladie est une des clés de l’accompagnement. Savoir déterminer par exemple si la personne bipolaire se trouve dans une phase dépressive ou maniaque permet de s’adapter à la situation. En vous informant, vous apprendrez à décoder l’attitude de votre proche et à repérer les signes qui annoncent une entrée dans une phase maniaque ou dépressive. Cela vous permettra de le rediriger vers son médecin au plus tôt, mais aussi à prendre la juste distance : certains comportements qui peuvent vous sembler déplacés sont en fait l’expression de la maladie.

 

Troubles bipolaires : bien réagir dans la phase dépressive

Le patient est très ralenti, très triste, il ne veut plus faire grand-chose, il dort beaucoup, se laisse aller…

En début de crise :

  • Essayez d’entrer en communication avec votre proche : écoutez sa souffrance et aidez-le à analyser la situation de manière plus objective

  • Essayez de le divertir

  • Encouragez-le à prendre rendez-vous avec son psychiatre

 
A un stade avancé :

  • N’essayez plus de le raisonner car cela ne fonctionnera pas : son raisonnement logique est altéré par la maladie ;

  • Prenez en charge les tâches quotidiennes (courses, factures, ménage, etc.) N’hésitez pas à vous faire aider si nécessaire. Il peut par ailleurs être utile que votre proche vous ait donné au préalable procuration pour les démarches administratives.

  • Soyez attentif à d’éventuelles idées suicidaires pour pouvoir intervenir si nécessaire. Si votre proche s’enferme dans un mutisme, cela peut être un signal d’alerte. Surveillez de manière discrète mais agissez de manière autoritaire en cas de passage à l’acte (prise de médicaments, approche d’une fenêtre, recherche d’une arme,…)

  • Si vous êtes inquiet, discutez avec le médecin ou le psychiatre d’une éventuelle hospitalisation.

 

Troubles bipolaires : bien réagir dans la phase maniaque

Le patient a une énergie décuplée, parfois il ne dort plus pendant plusieurs jours…

En tout début de crise :

  • Dès les premiers signes d’un virage maniaque, alertez votre proche pour qu’il puisse ajuster son traitement. Il est plus facile pour l’entourage de repérer l’entrée dans la phase maniaque, que le patient lui-même, qui ressent surtout du bien-être à ce moment-là.  


Lorsque la crise s’est installée :

  • N’essayez pas de faire comprendre à votre proche que son comportement est excessif.  Il est impossible de raisonner quelqu’un qui est presque délirant. Essayez plutôt d’exprimer votre propre ressenti, le fait que vous ne comprenez pas, et n’arrivez pas à être dans la même logique ;

  • Ne réagissez pas à ses attaques mais laissez « glisser » les propos blessants. Soyez passif et bienveillant. Si votre « non réaction » accroît son agressivité, éloignez-vous. Il est toutefois primordial de garder un œil sur ses agissements. Dans ce cas, il peut être intéressant de faire intervenir une personne moins proche, qui sera peut-être mieux tolérée.

  • Prenez de la distance par rapport aux actes et paroles de votre proche. Ne le voyez pas comme un être cher qui vous agresse mais comme un malade qui ne contrôle plus son comportement.

  • Si cela va vraiment loin, prenez contact avec l’équipe soignante. En cas de crise aiguë, l’hospitalisation de votre proche peut être nécessaire, par exemple lorsqu’il tente de passer à l’acte (tentative de suicide, agressivité, violence), met sa santé en danger, menace de perturber l’ordre public…

 

Troubles bipolaires : comment se comporter entre les crises ?

Entre les crises, il est important de vous comporter de manière normale avec votre proche. Ne le considérez pas d’emblée comme fragile ou excessif. Surtout, il ne faut pas lui reprocher les actions qu’il a faites pendant ses crises ou lui demander des explications.

 

Proche bipolaire : trouver du soutien

Pour les proches d’une personne bipolaire, il est important de trouver du soutien à l’extérieur du cercle familial, par exemple auprès de professionnels, d’associations, des amis… Ne restez pas seul face à la maladie : faites appel aux associations (voir ci-dessous) et aux groupes de parole pour partager votre expérience, trouver de l’information et du soutien.
Quelques adresses et liens utiles :

  • UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), www.unafam.org, service écoute-famille 01.42.63.03.03 (du lundi au vendredi de 9 à 13h et de 14 à 18h, vendredi 17h) ;

  • ARGOS 2001 (aide et soutien aux personnes bipolaires), www.argos2001.fr, 01.46.28.01.03 ;

  • France Dépression, www.france-depression.org, 01.40.61.05.66 ;

  • FNAPSY Fédération Nationale des Patients en Psychiatrie, www.fnapsy.org, 01.43.64.85.42.


À lire aussi
Les troubles bipolaires

Source
Interview du Dominique Maurel, psychologue clinicienne à l’Unafam.
Site de l’Association Argos 2001.


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Rédigé par : Martine Versonne
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/02/2017

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