Boulimie : comment s’en sortir ?

Comment guérir de la boulimie ?
3 avis

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire souvent bien caché et difficile à avouer.  Mais cette maladie se soigne. La guérison demande du temps et un accompagnement approprié.

AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE
A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Coline Wellemans
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 20/08/2015

Deux types de boulimie

La boulimie au sens commun du terme désigne une alternance de crises de boulimie et de comportements compensatoires (vomissements et restrictions alimentaires). Ce type de boulimie, appelé boulimie vomitive ou boulimie mentale, est le plus fréquent : il concerne deux tiers des cas. 

Le dernier tiers rassemble les personnes qui ne compensent pas leurs pulsions alimentaires par des vomissements ou des privations. Il s’agit alors d’hyperphagie boulimique, récemment reconnue comme un trouble à part entière, distinct de la boulimie vomitive. 

Dans les deux cas, l’estime de soi est influencée de manière excessive par l’apparence physique et le poids.

 

La boulimie vomitive : un cycle vicieux 

Une personne boulimique ne mange pas en permanence. Bien au contraire, le cycle boulimique est une vraie montagne russe :

  • Il y a d’abord la crise de boulimie : la personne ingurgite une très grande quantité de nourriture en peu de temps et ressent une perte de contrôle. 

  • Ensuite, les vomissements : pour éliminer le plus gros des aliments.

  • Enfin, la restriction de l’alimentation : pour compenser la crise boulimique, la personne va restreindre son alimentation dans les jours suivants, jusqu’à s’affamer. 

  • S’ensuit une nouvelle crise boulimique : la faim est telle que le boulimique retombe dans le cercle vicieux. 

 

Une maladie bien cachée

La majorité des boulimiques qui compensent leurs crises présentent un poids normal. C’est le drame de ce trouble du comportement alimentaire : il ne se voit pas. Il se vit donc dans le plus grand secret, accompagné d’un sentiment profond de honte. Il est très difficile de déceler une boulimie, même chez un proche. Seuls indices physiques éventuels : des variations fréquentes de poids et un visage « gonflé », comme un hamster. Les glandes parotides, les glandes salivaires situées au niveau de la joue, devant l’oreille, peuvent en effet augmenter de volume suite aux vomissements répétés. 

 

La boulimie : un mal de femmes

La boulimie touche dix fois plus de femmes que d’hommes. On estime entre 5 et 10 % le nombre de femmes, entre 15 et 50 ans, souffrant de ce trouble alimentaire en France. Mais les chiffres sont toujours à prendre avec précaution : étant donné le sentiment de honte et le secret qui entourent la boulimie, beaucoup de cas ne sont pas diagnostiqués. Une certitude : elle touche davantage les jeunes filles dans l’adolescence. Chez les adultes, on la retrouve surtout chez les femmes « publiques » : mannequins, actrices, danseuses, chanteuses, etc.

 

S’en sortir en demandant de l’aide

Avant tout, il faut garder à l’esprit que la boulimie se guérit, même après des années de souffrance. Par où commencer ? La première chose à faire est de demander de l’aide. La boulimie est ancrée dans le mode de vie ; on ne peut pas en sortir seul. Guérir de cette maladie est un long combat, où patience et volonté sont les maîtres mots. L’accompagnement doit se faire à différents niveaux. On parle d’ailleurs d’approche multidisciplinaire, dont voici les trois principaux piliers :

  • Un soutien affectif : au sein de la famille mais aussi auprès des groupes de paroles. Partager son ressenti et ses souffrances peut beaucoup aider à rester patient et à poursuivre le combat.

  • Un suivi thérapeutique : le pilier principal de la guérison. Aujourd’hui, il existe diverses approches psychothérapeutiques : thérapie comportementale et cognitive, psychanalyse, thérapies familiales, etc.  Les thérapeutes travaillent soit sur les symptômes quotidiens de la boulimie, soit sur l’origine de la maladie, soit sur les deux éléments en même temps.  « Les troubles du comportement alimentaire sont en fait une mauvaise solution à un problème profond », résume Jean-Michel Huet, psychanalyste spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire.

  • Un suivi médical auprès d’un nutritionniste : surveiller l’état de santé de la personne boulimique tout au long de sa thérapie est important (taux de potassium, tension, etc.). Les boulimiques connaissent en général par cœur les règles d’une alimentation saine mais ils doivent réapprendre à les suivre au quotidien. Le nutritionniste peut les y aider tout en veillant sur leur état physique.

 

Guérir de la boulimie : conseils pratiques 

  • Restez patient et fixez-vous des objectifs modestes à court terme. 

  • Les massages peuvent vous aider à réapprivoiser votre corps.

  • Tournez-vous de préférence vers un thérapeute spécialisé en troubles du comportement alimentaire.

 

À lire aussi

Les différents troubles du comportement alimentaire

Maigreur et dénutrition

 

Sources

Article réalisé en collaboration avec Jean-Michel Huet, psychanalyste spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire (Paris) : www.anorexieboulimie.fr

*www.campus-cerimes.fr

*Haute Autorité de Santé

*American Psychiatric Association

*Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV et V)


Haut de page

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Coline Wellemans
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 20/08/2015

Cet article vous a plu ? Faites le savoir :
3 avis

Voir aussi

L'anorexie chez les enfants
Les troubles du comportement alimentaire touchent 5 à 10% des Français de 12 à 35 ans. Ils survienne…
Les symptômes et les traitements de l'anorexie mentale
L’anorexie mentale touche majoritairement les jeunes femmes. Ce trouble du comportement alimentaire …
L’anorexie mentale se caractérise par une quête obsessionnelle de la maigreur. En cas de doutes, que…