L’hypnose pour soigner l’âme

Se soigner par l'hypnose
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Addiction, anxiété pathologique, dépression..., l’hypnose peut être d’un précieux secours pour affronter une dépendance ou des troubles psychologiques.

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 06/08/2015

Et si vous faisiez appel à l’hypnose pour vous aider à affronter vos démons ? « L’hypnose consiste à plonger une personne dans un état hypnotique, une sorte d’état de conscience modifié », explique le Pr Antoine Bioy. « Il est alors possible de lui suggérer de se percevoir et de percevoir son environnement d’une autre manière. » De là, à l’utiliser lors de psychothérapies, il n’y a qu’un pas ! 

 

L'hypnose : un but thérapeutique

Concrètement, l’état hypnotique est obtenu en focalisant l’attention de la personne sur une sensation, une image, un son, un souvenir…Il peut s’agir de suivre du regard le fameux pendule ou de visualiser et de décrire très finement quelques brasses dans sa piscine préférée. Dans tous les cas, le monde extérieur est oublié.

Le chirurgien qui s’apprête à effectuer un geste délicat, le passionné de maquette qui doit poser la dernière touche à sa réalisation, en concentrant toute leur attention sur une tâche très fine entrent eux aussi dans ce même état de conscience modifié. La différence, c’est qu’en hypnothérapie, on associe à cet état, un peu hors du temps, un objectif thérapeutique. Et les applications possibles sont nombreuses : sevrage tabagique, addiction, troubles alimentaires (comme l’anorexie), anxiété pathologique, phobies, dépression... 

 

Des métaphores hypnotiques

« Pour atteindre cet objectif thérapeutique, nous utilisons généralement des métaphores, des suggestions complexes qui permettent de travailler sur un plan symbolique », explique le Pr Bioy. « En cas de dépression par exemple, la personne n’a plus envie de rien, plus rien ne lui procure du plaisir. Nous pouvons alors lui proposer une métaphore, une histoire imagée, qui met en scène un petit animal qui a perdu le goût. On déroule ensuite le fil avec le patient pour savoir comment c’est arrivé et comment ce petit animal va pouvoir retrouver le goût des choses. » 

 

L'hypnose : une mise à distance

« Utiliser ces images permet de travailler en profondeur avec le patient tout en prenant de la distance et en s’éloignant de ses résistances psychologiques. » Une façon de court-circuiter notre raison parfois stérile et, progressivement, grâce à ce voyage onirique et symbolique de s’ouvrir au monde. « Finalement, l’hypnose permet à la personne de se reconnecter à ses sensations, à son propre corps, alors qu’elle était plutôt dans le rationnel et s’empêchait d’agir à cause de la perception restreinte dans laquelle elle s’était enfermée », précise le Dr Jean-Marc Benhaiem. Une manière de se réveiller en somme...

 

Hypnose et asthme

On sait qu’une crise d’asthme peut être favorisée par le stress. Certains pneumologues formés à l’hypnose proposent à leurs patients de gérer leur crise d’asthme en associant médicaments et autohypnose pour permettre aux muscles des bronches de se relâcher. Et ça marche !

 

Enquêter grâce à l’hypnose ?

L’hypnose peut-elle être utile dans le cadre d’une enquête de police ? Peut-elle par exemple aider un témoin à se remémorer des souvenirs refoulés ? « La mémoire est en perpétuelle réécriture. L’hypnose risquerait donc de faire surgir des souvenirs inventés et donc de mettre les enquêteurs sur une fausse route », explique le Pr Antoine Bioy. « Il arrive toutefois exceptionnellement que l’on ait recourt à l’hypnose lorsque l’enquête est au point mort. Cela peut alors permettre de retrouver un détail qui relancera l’enquête mais ne pourra en aucun cas constituer une preuve ! »

 

À lire aussi

De l’hypnose... en salle d’op’

L’hypnose comme moyen de guérison

 

Sources

Merci au Pr Antoine Bioy, Docteur en psychologie et expert scientifique pour l’Institut Français d’Hypnose, et au Dr Jean-Marc Benhaiem, médecin au Centre d’Évaluation et de Traitement de la Douleur de l’Hôpital Ambroise-Paré à Boulogne et à l’Hôtel-Dieu à Paris et responsable du Diplôme Universitaire d’Hypnose Médicale de l’Université Paris VI à La Pitié Salpêtrière. 


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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 06/08/2015

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