Kiné proprioceptive : à quoi sert-elle ?

Les bienfaits de la kiné proprioceptive dans la perte de la proprioception
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Blessure sportive, mauvaise posture, perte d’équilibre…, autant de situations qui peuvent vous amener à devoir suivre des séances de kinésithérapie proprioceptive. De quoi s’agit–il ? Quel est son intérêt ? Quand en bénéficier ?

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Kathleen Mentrop
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 19/10/2015

La proprioception : un 6e sens

La proprioception se traduit par notre capacité inconsciente à percevoir la position exacte de notre corps en trois dimensions dans l’espace, même dans l’obscurité totale. Ce « sixième sens » est indispensable pour se déplacer et coordonner nos mouvements. Marcher droit, danser ou toucher le bout de son nez dans le noir sont autant de gestes qui nécessitent une bonne proprioception. Pour se représenter en temps réel la position du corps, la proprioception fait appel à un système appelé « schéma corporel », qui constitue une représentation mentale du corps humain, de notre posture.

 

Proprioception : des petits capteurs

La proprioception fonctionne grâce à des petits capteurs appelés « mécanorécepteurs », situés dans nos muscles, tendons et articulations. Ceux-ci envoient en permanence au cerveau des indications précises sur la position de notre corps et le degré d’étirement de nos articulations. Le cerveau réagit alors en contractant ou relâchant certains muscles, afin de rétablir notre posture et notre équilibre. C’est ce qui se passe lorsqu’en marchant ou en courant, notre cheville subit un faux mouvement mais revient par réflexe en position neutre, pour éviter l’entorse.

 

Quand la proprioception est altérée…

Différentes situations peuvent entraîner un bouleversement du système proprioceptif.

  • Une blessure aux articulations, aux tendons ou aux muscles, comme une entorse à la cheville. La lésion des mécanorécepteurs, le gonflement, la douleur et l’immobilisation entraînent une perte de qualité dans les informations transmises au cerveau et donc, une moins bonne proprioception.

  • Une malformation, comme une scoliose, peut entraîner une posture inadéquate. Le cerveau s’habitue à cette posture et la considère à terme comme « normale », ce qui peut entraîner un déséquilibre et des douleurs musculaires.

  • Des problèmes neurologiques : la maladie de Parkinson, par exemple, entraîne une mauvaise perception des mouvements du corps et une anomalie de l’ajustement de la posture.

  • La fatigue musculaire.

  • L’âge : la capacité proprioceptive a tendance à diminuer avec l’âge, ce qui entraîne une répercussion sur la coordination des mouvements et l’équilibre.

 

Et la kinésithérapie dans tout ça ?

Lorsque le système proprioceptif est altéré, la kinésithérapie proprioceptive représente un outil non négligeable. À travers des exercices adaptés, elle permet une récupération de la proprioception en stimulant les récepteurs et les réactions d’équilibre. La kinésithérapie fait appel à des mises en situation où l’équilibre est amoindri, afin de solliciter le système proprioceptif. Le travail est d’abord conscient (le patient corrige volontairement sa position), pour rendre ensuite petit à petit à la proprioception son caractère automatique.

 

Kiné proprioceptive : quels exercices sont réalisés ?

Les exercices proposés dépendent de l’origine de la perte de proprioception.

  • Dans le cas d’une entorse à la cheville, le patient pourra se tenir en équilibre sur un pied durant plusieurs secondes les yeux ouverts, puis fermés. Avec le temps, le patient réalise des exercices où le déséquilibre est de plus en plus grand, le poids sur la blessure de plus en plus important et la vitesse de plus en plus rapide (comme des changements soudains de direction).

  • Lorsque l’équilibre est diminué par l’âge ou un accident, le kinésithérapeute proposera des exercices pour augmenter la force, la souplesse et l’équilibre.

  • Dans le cas d’une scoliose, les exercices permettront au patient de corriger sa posture, debout devant un miroir ou assis sur un ballon, par exemple.


Le kinésithérapeute essaie de reproduire au maximum des situations de la vie quotidienne du patient. À ce titre, la prise en charge est totalement individualisée. Le nombre de séances varie en fonction de la source du problème ainsi que de la vitesse de récupération, propre à chacun.

À lire aussi
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Source
Article réalisé en collaboration avec Maxime Mentrop, kinésithérapeute.


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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Kathleen Mentrop
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 19/10/2015

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