La surdité de l'enfant

La surdité de l'enfant
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En France, un enfant sur 1.000 naît avec une surdité. La déficience auditive est d'ailleurs le déficit sensoriel le plus fréquent à la naissance. Comment la dépister ? 

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Élise Dubuisson
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 22/07/2015

Plusieurs types de surdité

Il n'existe pas une mais plusieurs surdités. Celles-ci dépendent de la partie de l'organe auditif touchée, de l’intensité et de l’origine. On peut classer les surdités en 3 grandes catégories.

- Les surdités de transmission

  • Elles sont caractérisées par une altération de l'oreille moyenne et/ou externe.

  • La perte auditive est légère à moyenne.

  • Surdités les plus fréquentes.

  • Beaucoup peuvent être traitées chirurgicalement ou médicalement.

 

- Les surdités de perception

  • Elles sont essentiellement liées à une atteinte de l'oreille interne, plus rarement du système auditif central.

  • La perte auditive est de légère à profonde.

  • Surdités les moins fréquentes.

 

- Les surdités mixtes

  • Elles combinent les deux types de surdité.

 

La surdité peut apparaître brusquement ou progressivement. Par ailleurs, elle peut se déclarer à différents moments de la vie : avant la naissance, à la naissance ou après la naissance. Il est donc important de rester vigilant dans les premières années de vie d'un enfant.

 

Les facteurs de risque de la surdité

Les causes de déficience auditive sont multiples et sont, dans certains cas difficiles à déceler. Toutefois, plusieurs facteurs de risque ont pu être identifiés.

  • des antécédents familiaux

  • la prématurité

  • un faible poids à la naissance (surtout inférieur à 1.500 grammes)

  • une situation privant le bébé d'oxygène à la naissance

  • la rubéole et d’autres infections chez la mère pendant la grossesse

  • des maladies infectieuses comme la méningite

  • une infirmité motrice cérébrale, des troubles neuro-moteurs

  • un traumatisme crânien ou une blessure à l'oreille

  • des otites à répétition.

 

Dépister la surdité

Un dépistage précoce de la surdité est indispensable. Pour ce faire, tous les bébés français bénéficient d'un test de dépistage systématique à la naissance. 

Reste que ce test ne permet de déceler que les surdités importantes. Aussi, il existe une série d'autres tests qui permettent de dépister les surdités légères et les surdités moyennes ainsi que les surdités qui apparaissent après la naissance. Ces tests sont recommandés dans différents cas :

  • s'il existe des antécédents familiaux ou d'autres facteurs de risque, 

  • si des « signes d'appel » sont constatés (voir plus loin),

  • si les résultats obtenus à l'un des tests ne sont pas suffisants.

 

Surdité : les signaux d’alerte à repérer 

Plusieurs « signes d'appel » peuvent être identifiés au quotidien.

Dans les premiers mois : 

  • L'absence de réaction du nourrisson aux bruits et à la voix 

  • Un sommeil trop calme 

De 3 à 12 mois :

  • La perte progressive du babillage 

  • L’absence de réaction à l'appel de son nom

  • Des sons émis non mélodiques

De 12 à 24 mois : 

  • L’absence de mots

  • La communication exclusivement gestuelle de désignation

  • Un enfant inattentif à ce qui n'est pas dans son champ visuel

  • Des émissions vocales incontrôlées

De 24 à 36 mois :

  • Un retard dans le développement de la parole et du langage

  • Des troubles du comportement relationnel : retrait ou agitation

Après 3 ans :

  • Un retard dans le développement de la parole et du langage

  • Des troubles du comportement 

  • Des difficultés d'apprentissage

Dans la surdité acquise :

  • Une régression de l'expression orale

  • Une détérioration de la parole articulée

  • Une modification du comportement, agressivité et frayeurs surtout la nuit.

Face à l'un de ces signes d'appel, il est recommandé d'effectuer un bilan chez un ORL.

 

L'intérêt d'un dépistage précoce

Un enfant qui n'entend pas correctement et qui n'est pas dépisté aura plus de difficultés pour apprendre à parler. Plus la surdité est profonde, plus les conséquences sur la qualité du langage sont importantes. Par ailleurs, si la surdité n'est à la base pas accompagnée de troubles psychiques, l'absence de communication entre un enfant et son environnement est susceptible d'occasionner des troubles relationnels et/ou du comportement. Heureusement, si la surdité est dépistée et prise en charge précocement, il est possible de prévenir ces troubles.

 

Quelle prise en charge de la surdité ?

La prise en charge de la surdité dépend du type de surdité à traiter.  

Les surdités de transmission, par exemple, peuvent généralement bénéficier de traitements chirurgicaux et/ou médicaux. 

Ce qui n'est en revanche pas le cas des surdités de perception. Dans ce cas, deux options sont envisageables :

  • L'amplification des sons à l'aide d'appareils auditifs. 

  • L'implantation cochléaire si l'oreille interne est trop altérée pour que les appareils auditifs soient efficaces. 

Par ailleurs, il est vivement recommandé de consulter un orthophoniste qui pourra prendre en charge les troubles du langage.

 

À lire aussi

Les bouchons de cérumen : les évacuer, les prévenir

Les otites

 

Sources

*Guide pratique « Dépistage des troubles de l'audition chez l'enfant »

* « La surdité de l’enfant. Guide pratique à l’usage des parents », éditions Inpes.


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Rédigé par : Élise Dubuisson
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 22/07/2015

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