Implants cochléaires : des petits bijoux de technologie

Les implants cochléaires contre la surdité
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Quand l’appareil auditif ne suffit pas ou plus, l’implant cochléaire peut permettre d’entendre (à nouveau). Comment fonctionnent ces véritables oreilles du futur ?

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/01/2016

Lorsque la surdité est profonde, touche les deux oreilles et que les appareils auditifs ne suffisent pas ou plus, une autre solution existe : les implants cochléaires. Pour bien comprendre comment fonctionnent ces appareils étonnants, un peu d’anatomie s’impose !
Dans notre oreille interne, se trouve la cochlée : un canal enroulé en spirale, en forme de coquille d’escargot. Cette cochlée est tapissée de cellules ciliées, c’est-à-dire munies de très fins cils qui vibrent au passage de l’onde sonore. Lorsque le son, aigu ou grave, atteint ces cellules, elles transforment l’information en impulsions électriques qui sont ensuite transmises au cerveau via le nerf auditif. La surdité est le plus souvent la conséquence de la destruction de ces cellules ciliées.

 

Implants cochléaires : un piano dans l’oreille

Le principe des implants cochléaires ? Un microphone placé sur l’oreille enregistre les sons environnants. Ce signal est ensuite analysé et traité par un microprocesseur qui les envoie vers des électrodes placées dans la cochlée qui remplacent les cellules ciliées détruites.
« Ces électrodes sont un peu comme les touches d’un clavier de piano avec des basses, des médiums, des aiguës », explique Michel Beliaeff, directeur France de MED-EL, fabricant d’implants cochléaires. « Chaque fois qu’un son est entendu, cela active les canaux de fréquence correspondants pour transmettre l’impulsion électrique que le cerveau pourra interpréter. » Ces implants peuvent être utiles tant chez les enfants sourds de naissance que chez les personnes qui sont devenues malentendantes à l'âge adulte.

 

Implants cochléaires : même en milieu bruyant

Ces dernières années, différentes fonctions ont été développées pour améliorer le confort d’écoute et l’efficacité de ces implants, et notamment dans certaines situations où l’écoute est plus difficile.
« La cochlée est un organe extrêmement précis qui analyse finement les fréquences des sons perçus, ce qui nous permet de reconnaître la voix et de la différencier d’un autre son ou du bruit ambiant pour mieux l’entendre », explique Evelyne Ferrary, Directeur de recherche à l’Inserm. « Or, quand les cellules ciliées se détériorent, cette capacité à discriminer la voix diminue et il devient plus difficile de comprendre ce qu’un interlocuteur dit dans un environnement bruyant. »
Or, le traitement du signal par les microprocesseurs permet aujourd’hui par exemple de reconnaître un bruit de fond, comme le ronronnement d’un moteur de voiture, et de l’éliminer pour ne transmettre que la voix à l’implant cochléaire.
Autre possibilité : lorsque le microprocesseur détecte certains bruits typiques comme le brouhaha d’un restaurant, il amplifie d’abord les sons qui viennent de l’avant, afin de permettre à la personne de mieux comprendre l’interlocuteur qui se trouve devant elle.

 

Une oreille presque invisible ?

Les progrès en matière d’amélioration du traitement du son et de miniaturisation des systèmes électroniques sont constants. Mais une autre révolution est attendue : le « tout-implantable ». Aujourd’hui, il est toujours nécessaire de porter à l’oreille un petit appareil qu’il faut recharger régulièrement et qui contient le microphone et le processeur informatique. Le processeur et la batterie – mais pas le micro – pourraient être également implantés sous la peau dans les années à venir, comme pour un pacemaker. Pour, enfin, une oreille bionique presque invisible !  

 

Des électrodes directement dans le cerveau ?

Quand le nerf auditif est abîmé, l’implant cochléaire peut devenir inefficace ! Une alternative existe alors : l’implant auditif du tronc cérébral. Le principe : des électrodes posées directement au contact des aires auditives du cerveau. Une technologie étonnante qui permet de récupérer un sens de l’alerte et de discerner, par exemple, une porte qui claque, une voiture qui surgit derrière soi… et, dans les meilleurs cas, de réentendre « grossièrement » la voix.

 

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Sources
Merci à Luis Godinho, Président du Syndicat National des Audioprothésistes (UNSAF), à Evelyne Ferrary, directeur de recherche Inserm de l'Unité Inserm 1159 « Réhabilitation chirurgicale mini-invasive et robotisée de l'audition », à Michel Beliaeff, directeur France de MED-EL, à Pascal Barone, Directeur de Recherche Cerveau & Cognition CNRS UMR 5549, et au Pr Olivier Deguine, Chef des Services ORL de l’hôpital Purpan et de l’Hôpital Pierre-Paul Riquet à Toulouse.


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Rédigé par : Thomas Coucq
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Mis à jour le : 01/01/2016

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